mercredi 14 décembre 2016

Automne 2013


Ça fait six mois que suis revenue, et nous avons commencé à équiper Benoit pour qu’il puisse vraiment faire du combat et ainsi partir au prochain tournoi international qui aura lieu à Belmonte en Espagne.

Benoit a suivi de près les actualités car les choses évoluent beaucoup. Comme nous l’avons pressenti, plusieurs équipes ont décidé de quitter le tournoi Battle of the nations pour créer une fédération où chaque pays sera représenté et pourront voter sur toutes les décisions, contrairement à l’autre organisation qui ‘’appartient’’ à un riche promoteur russe et dont les issues des tournois sont pas mal décidées d’avance. L’équipe américaine et l’équipe québécoise quittent définitivement pour se consacrer uniquement à l’IMCF (International Medieval Combat Federation) et avec eux, plusieurs autres groupes très en colère suivent aussi, l’Allemagne, la France, l’Angleterre, l’Espagne, etc. Et si certaines équipes hésitent à quitter définitivement, plusieurs se lancent corps et âme dans la nouvelle fédération parce que celle-ci répond enfin à leurs attentes.

Serge nous a annoncé qu’il doit se retirer pour se consacrer davantage à sa famille, il ne peut donc pas participer à la première assemblée générale de l’IMCF en tant que capitaine et représentant du Québec, qui d’ailleurs va poser ses bases et se créer à ce moment-là. L’Assemblée générale aura lieu à l’endroit où se produira le tournoi au printemps suivant. Il est impératif que le Québec soit représenté là-bas, à Belmonte, pour s’assurer une place en tant que nation fondatrice de la fédération. Il doit par la suite participer aux discussions et voter, ce qui nécessitera sa présence sur place. Il y a quelques jours, la FQCM (Fédération québécoise du combat médiéval) devait nommer celui qui représenterait le Québec, et Serge qui avait voix au chapitre et conscient que Benoit serait le candidat idéal, a poussé très fort dans cette direction. Tout d’abord, d’un point de vue financier puisque Benoit peut faire bénéficier d’un excellent rabais à la FQCM en voyageant avec ses billets d’avion, il peut même embarquer avec lui, le second capitaine, Andrew. Disons que la nomination de Benoit devient ainsi, assez difficilement discutable. Mais pour Serge, c’est aussi beaucoup parce qu’il a confiance que Benoit défendra la cause du Québec en tant que nation et surtout, il sait que ce dernier a les compétences pour le faire.

Depuis mon retour, j’ai pu suivre le jeu politique qui se dessine et assister à la naissance de la fédération en observant Benoit qui de son côté échange quotidiennement sur les différents sites de discussions, autant au Québec, avec la FQCM, qu’à l’International, il connait à peu près tous les dossiers. C’est clair que Benoit est le candidat idéal, puisqu’en plus d’être un habile politicien, d’être parfaitement bilingue et de savoir faire preuve de diplomatie, il arrive à comprendre des différentes perceptions européennes et américaines qui parfois s’opposent. C’est une faculté, qui à mon avis est très québécoise, n’étant ni complètement un ni complètement l’autre mais en même temps issu d’un mélange, européen et amérindien, et d’une proximité américaine, qui nous donne une perspective plus complète et qui fait qu’on arrive à s’entendre avec tout le monde.

La décision n’a pas été très difficile à prendre et même si ça n’enchante pas tout le monde, Benoit a tous les arguments de son bord. Il part donc le jeudi 5 décembre avec Andrew pour Paris avec les billets de Benoit (ses rabais ne fonctionnent que sur les vols directs d’Air Canada), puis sur des vols réguliers le samedi matin soir en partance pour Belmonte. Leur retour est prévu pour le lundi le 9 décembre, un voyage rapide, épuisant mais ô combien important.

Depuis le début du mois d’octobre, Benoit a démarré une compagnie de nettoyage industriel avec mon frère, il se retrouve donc en terrain connu, pour en avoir fait son métier sur le tas (il n’y avait pas de diplôme pour ce métier) pendant ses 17 années de service chez Air Canada. Les choses vont bien, et il se retrouve à diriger une petite équipe d’une dizaine de nettoyeurs avec en main, un contrat au nom de mon frère pour travailler sur les chantiers du CUSM. Enfin, les choses semblent se placer et il est en mesure de toucher un très bon salaire.

Moi j’ai commencé ma première session de doctorat en septembre et j’ai travaillé d’arrache-pied, je n’ai jamais été aussi loin de ma zone de confort d’un point de vue académique que la fois où j’ai eu mes derniers cours de maths au secondaire. Les cours à la maîtrise ou au doctorat sont donnés sous forme de séminaire par groupe de 12-15 personnes. Généralement on y discute beaucoup, évidemment ce sont des discussions documentées, dirigées, et où chacun(e) est invité à prendre la parole. Celui que je suis en train d’achever, m’a donné des sueurs froides : Chaque semaine, je devais écrire un compte-rendu d’une page ou deux qui résumait les trois textes que j’avais lu dans la semaine, sauf que…sur 39 textes variant de 20 à 50 pages que je me suis farcis durant ma session, 33 étaient en anglais. Pas que j’en étais incapable, mais je l’admets, des textes scientifiques très pointus dans la langue de Shakespeare sur l’ethnologie (anthropologie culturelle), la linguistique, l’archéologie et l’anthropologie biologique, les quatre disciplines qui composent le corpus d’anthropologie, j’en avais pas lu tant que ça, puisque c’est en histoire que j’avais fait mon BAC. J’ai galéré!!!!! J’ai demandé aussi beaucoup d’aide à mon chum bilingue pour m’aider à comprendre. Ça a été une vraie torture, et s’il m’est arrivé souvent de me dire que ce séminaire était passablement inutile pour mes recherches, je dois admettre qu’avec du recul il m’a beaucoup apporté. J’ai pratiqué considérablement, et je pèse mes mots,  ma lecture en anglais et j’ai dû apprendre à être plus concise dans mes idées. Néanmoins, je ne suis pas déçue que cette session se termine enfin! J’espérais que la prochaine sera plus appropriée pour moi, mais au fond, je ne suis pas encore sur une piste claire en ce qui concerne mon sujet, donc qu’est-ce qui serait le plus approprié?

Concrètement je suis aussi les actualités avec curiosité, ce qui se passe dans le monde du combat médiéval, j’ai commencé à fabriquer des pièces de gambison en plus de mes contrats de couture de costume pour Bicolline et de vêtements historiques pour les combattant(e)s ainsi que ceux et celles qui les accompagnaient. Je dois faire de la recherche, pour m’assurer de respecter l’historicité du vêtement, ce qui veut dire, un tissu et modèle approprié pour le 14e et 15e. siècle.


Pour les pièces gambisonnées, on doit s’assurer qu’elles soient bien confortables et qu’elles protégent bien le combattant, de son armure. J’ai fait un prototype de jambière pour Béné qui en a besoin rapidement puisqu’elle a maintenant une armure et qu’elle s’entraîne régulièrement.

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