mardi 31 janvier 2017

D'autres réalités




Nous sommes heureux mais les gars sont fatigués et ça se comprend après une journée aussi intense de combats et pleine d’émotions. Nous sommes affamés aussi, c’est pourquoi, après que Ben et Andrew aient revêtus des vêtements secs, laissant toutes les pièces de gambisons sécher dans et autour de la tente qui contient à pleine capacité les armures, nous décidons d’aller au plus facile, McDo! Il est à cinq minutes à pieds…en marchand pas vite, mais curieusement, Ben et Andrew font augmenter la moyenne violemment en s’arrêtant aux vingt pieds pour mémérer avec d’autres combattants. Bien sûr McDo c’est international et on dirait que tout le monde a eu la même idée que nous, c’est pourquoi quand nous entrons on retrouve plein d’amis dont Adam qui décide de manger avec nous. Évidemment tout le monde est sur son I-phone pour bénéficier du Wi-fi, les Québécois en ont long à raconter, même s’ils savent que leurs proches ont probablement suivi les combats sur Internet par streaming, c’est une première cette année.

Il est encore tôt, le soleil n’est pas couché, mais nous optons pour une pause confortable à l’hôtel. L’épicerie est juste en face, nous y achetons quelques bières pour en prendre une relax dans notre chambre dont les ramifications vont rejoindre celle des autres dans le couloir. C’est notre lieu commun, il l’est devenu tout naturellement, comme je l’avais prévu, pour le Wi-Fi. La plupart de la gang est revenue tôt aussi et c’est pourquoi nous nous retrouvons au milieu des cinq chambres en pyjama ou ce qui fait office de pyjama, à goûter aux différentes trouvailles achetées en face, pour pas cher. C’est l’avantage de voyager dans un pays où le coût de la vie, pour nous, n’est pas élevé, ça nous permet d’essayer. Quand ton budget est serré, tu t’en tiens aux valeurs sûres pour être certain de manger à ta faim. Ici la monnaie c’est le zloty qui vaut environ 0.32 sous et les aliments sont moins chers que chez-nous, ce qui fait qu’en voyant les prix à l’épicerie, nous avons toujours des surprises agréables. Tu vois un «six packs» de bières à 8 zlotys, ton cerveau analyse 8 dollars et tu réalises que finalement tu dois réduire au tiers du prix. Beaucoup de marchandises qui sont à 50-60% de ce que nous avons au Québec et parfois beaucoup plus, comme cette bière par exemple. Les salaires étant nettement moins élevés, pour les Polonais, le coût de la vie n’est pas confortable comme il l’est pour nous qui voyageons chez eux.

Quand nous fermons notre porte, nous ouvrons la télé par curiosité, j’aime toujours m’amuser à analyser une société par ses médias, ses pubs, ses émissions de variété, parfois c’est très révélateur. Je suis d’ailleurs choquée quand justement dans l’une d’elle, même si je ne comprends pas un mot de ce qui se dit, la femme est totalement un objet, plus encore que dans certaines de nos pires pubs de bas étage. L’animateur discute avec deux de ses invités quand une cloche sonne dans l’émission annonçant ce qui m’apparaît comme une pause/publicité, une femme sort en déshabillé digne d’un sex shop, transportant un cabaret avec des verres pour l’animateur et ses invités. Pendant qu’elle s’avance vers eux, la caméra gros zoom sur les fesses, elle leur donne leur verre et s’en retourne le plus naturellement du monde. Des femmes objets, on en voit nous aussi dans nos pubs, peut-être présentées plus ou moins hypocritement, mais ce qui m’hallucine à ce moment-là, c’est la réaction de ces messieurs et le public en studio. Alors qu’ici, y aurait eu des sifflements, des commentaires, des malaises, parce que ce n’est pas censé être habituel, ici rien, ça semble tout à fait normal. Nous sommes subjugués! Bien sûr nous avons nos salons de l’auto ou des événements d’un type sportif en particulier (boxe ou MMA) où les filles ont l’air aussi de sortir d’un film de fesse, mais dans une émission de variété à l’heure de grande écoute et que ça semble « normal » ?

Un peu dépassés, nous changeons de poste et nous tombons sur un genre de téléroman américain, traduit en polonais mais…avec UN traducteur pour faire les voix des deux, trois personnages, dont une femme, à l’écran. Nous nous écroulons de rire dans notre lit! On ne peut pas s’empêcher d’imaginer un tel dialogue dans une scène de sexe! Faut bien se rappeler qu’il y a tout juste vingt-cinq ans, la Pologne comme l’Allemagne de l’Est, sortaient du communisme et s’ouvraient « officiellement » à la culture de l’ouest. Ça explique peut-être aussi, une certaine naïveté dans la décoration des restaurants ou des établissements modernes. Dans ce pays dont l’histoire se perd dans la nuit des temps, maintes fois perdu, maintes fois conquis et qui comme le phœnix vient de renaître, nous sommes, c’est le cas de le dire complètement dépaysés et nous avons hâte d’en découvrir plus.

Sur ces réflexions analytiques, je finis par m’endormir bien avant que Benoit sorte de sa douche avec ses nouvelles ecchymoses, presque des amies, tellement il les voit souvent.  


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