![]() |
| Un hôtel qui trouve son unicité dans ses disparités, comme nous tous, diverses nationalités dans ce tournoi mondial. |
![]() |
| Une partie d'Igor en compagnie du guépard |
![]() |
| Les balancoires |
Au milieu de la pièce, sur une
table, un guépard grandeur nature en résine qui semble un peu perdu dans cet
environnement inhabituel. Sur les murs, un peu comme le restaurant où l’on s’était
arrêtés sur la route, un ensemble hétéroclite, bon normalement c’est un
non-sens de qualifier un ensemble d’hétéroclite, mais dans ce cas-ci, ça s’applique.
Des minous, des « love », une photo imprimée sur une feuille et encadrée, qui
semble datée des années 80, d’ados qui font semblant de s’aimer comme dans les romans
photos, un paysage soporifique brodé au petit point, toutes des images un peu
mièvres qui semblent avoir été ramassées au fil des ans, sur les murs des
maisons de la famille des proprios pour « décorer » le restaurant. Un
porte-revue dans le milieu du restaurant, pas très loin du guépard en fait,
débordant de magazines usés dont un vieux playboy bien en vue sur le dessus.
Mais qui donc aurait pu s’installer ici pour feuilleter cette revue en prenant
son café instantané, entre deux petites familles en visite ?
![]() |
| Béné et Vez (Yan) pour le mur du fond |
Mais y a aussi la nourriture,
si nous avons bien mangé jusqu’à maintenant dans les restaurants polonais,
celui-ci sert un buffet à l’image de sa décoration et qui nous rend perplexe. Bien
sûr on retrouve les cornichons dans pas mal de plats, comme par exemple, une
salade de patates et d’anchois, qui à mon avis est étrange dans un déjeuner,
mais comme il y a différents plats semblables avec certaines variantes, je me
dis que ça doit être la norme. Le buffet a tout de même le mérite d’offrir
beaucoup de variétés, comme plusieurs pots de céréales qui ne m’inspirent pas
forcément, pâtisseries surprises, selon ce que tu trouves dedans, du fromage,
des épinards…un cornichon. Et on peut manger des œufs et du bacon ou des
crêpes. Dans mon cas je me suis retrouvée avec une crêpe que j’ai nappé par
mégarde de sauce soya, comment aurais-je pu imaginer que le saucier à côté des
crêpes puisse être autre chose que du sirop et un truc salé en plus ? Bref, les
déjeuners ne sont pas super au point, mais on peut se sustenter quand même
chaque matin, suffit de s’adapter ou…d’être stratégique.
Dehors, un soleil magnifique, le
fond de l’air est tout de même frisquet et il vente passablement, mais on sent
que ça va beaucoup se réchauffer. On met les armures dans les voitures et on
file sur le terrain, le reste de la gang s’y rend à pied. Chaque combattant
descend son armure à la tente, ensuite Benoit et Igor vont au meeting du matin
pour les arbitres, pendant que je vais au McDo à trois minutes pour aller nous
chercher un gros café. C’est absolument génial, puisque nous pouvons utiliser
les toilettes modernes et propres du musée situées à l’entrée, même s’il y en a
des chimiques sur le terrain. On a accès aux lavabos et c’est plus facile pour
se changer et y a les indispensables grands miroirs, les amis des femmes, ou leurs
pires ennemis c’est selon.
L’endroit le plus cosmopolite
de Malbork est sans aucun doute le McDo, pour toutes les raisons énumérées plus
tôt, les combattants venus de partout dans le monde viennent s’y attarder pour
manger de la bouffe qu’ils connaissent bien et pour Internet. J’imagine que les
employés n’ont jamais servi autant d’étrangers différents en si peu de temps.
Nous sommes plus d’une vingtaine de pays à participer à ce tournoi, cette année
nous avons l’Europe, l’Amérique du nord et du sud, l’Océanie, et même une
équipe qui vient d’Afrique du Sud. Pour la première fois, tous les continents y
sont représentés, et bien que la langue officielle utilisée soit l’anglais car
elle est la plus accessible, lorsque les gens se retrouvent entre eux au McDo,
c’est toute une tour de Babel qui s’anime! D’un McDo à l’autre, il y a tout de
même des petites variantes, au Québec nous avions (encore?) de la poutine, en Belgique,
ils y servent de la bière, ici la sauce à Big Mac est un peu différente, une
sauce au paprika et y paraîtrait est très bonne au goût de mon chum (moi je n’en
mange pas). Leurs hashbrowns sont aussi meilleurs qu’ailleurs, est-ce un hasard
quand l’on sait que la pomme de terre est au cœur de la cuisine polonaise (avec
les cornichons bien sûr!)?
Dans cet univers de la malbouffe internationale, d’une
certaine façon réconfortante, je découvre pour la première fois les guichets «
self service » pour commander, bien sûr un grand complice pour les clients et
les employés. C’est super utile, mais je trouve ça aussi un peu triste (c’est l’anthropologue
qui parle, sortez vos violons!!) ça limite les interactions, donc les échanges
culturels, je n’y peux rien, je trouve ça un peu impersonnel. Pratique, mais
bon…j’en profite pour placer au moins, dès que je le peux, en signe de respect,
mon « dziekuje» (merci) qu’on prononce «djin-kou-yè». D’ailleurs les Québécois
le feront systématiquement, plus que n’importe qui à ce tournoi, est-ce
surprenant? Qui d’autres pourraient comprendre mieux cette fierté de se faire communiquer
dans sa langue? Séparatistes ou pas, chaque fois que j’ai voyagé à l’étranger
avec des Québécois, systématiquement, ceux-ci tentent d’apprendre au moins
quelques mots de la langue de l’endroit, pour les mettre en pratique pendant qu’ils
sont là. Est-ce un réflexe inconscient qui nous rappelle notre volonté de
survie culturelle ou juste de la curiosité coutumière des Québécois envers les
étrangers?




Aucun commentaire:
Publier un commentaire