samedi 14 janvier 2017
Malbork 5e partie Splendeur de Marienbourg
Nous sommes éblouis par cette splendeur de l’autre côté de la
rive, c’est différent de mes deux expériences précédentes, l’an dernier en
Espagne le château de Belmonte surplombait le site, un peu solitaire tout en
haut de la colline (*avec ses maudits escaliers! Voir texte sur tournoi de
Belmonte) et en France à Aigues-Mortes, la seule partie visible étant
principalement un mur qui ceint la ville et qui a fini par s’y greffer
étroitement. Ici, un immense château gothique en plein cœur de la ville, à même
hauteur que tous les bâtiments modernes, telle une mère qui surveille du coin
de l’œil ses petits. Ainsi, cette année, la forteresse fera partie du tournoi
puisque les dormeurs et dormeuses dans les campements, passeront la nuit contre
ses flans dans les douves. L’équipe québécoise aura aussi une tente qui servira
comme en Espagne, pour ranger les armures. La lice sera aussi située à quelques
pieds du bâtiment historique, donc nous verrons la forteresse de Marienbourg,
partout et sur toutes les photos!
La ville de Marbork s’est organisée avec les hôteliers pour
accommoder les centaines de combattants qui ne peuvent ou ne veulent dormir sur
le campement médiéval, en offrant des chambres à prix réduits. C’est justement
là que nous nous dirigeons pour prendre possession de nos clés et aller saluer les
Québécois qui sont déjà arrivés. Mais nous ne pourrons pas trop nous y
attarder, car nous devons aller vérifier si notre tente est arrivée et
installée sur le terrain. On est bien contents parce que nous réalisons que la
distance entre le terrain du château et l’hôtel est à cinq minutes en auto,
pourquoi l’auto? Parce qu’il y a toujours beaucoup de matériel à transporter,
mais à quinze minutes à pieds ce sera vraiment parfait quand le matériel sera
sur place, ça donnera beaucoup de liberté de circulation à tout notre monde. Et
il y a un McDo à mi-chemin, donc pas cher et Wi-Fi gratuit (voir chronique
précédente).
Bon nous filons sur le terrain, le tournoi débute demain tout
de même! Nous cherchons le marchand qui s’occupe de louer une partie des tentes
et on se fait dire qu’il n’est pas arrivé encore, disons qu’on est quelques-uns
à s’impatienter en se demandant bien si finalement nous aurons nos tentes «
installées » pour le lendemain. Faut préciser que ce n’est pas comme une tente
igloo ou comme celle que l’on dépose par terre et qui se dresse toute seule en
quelques secondes. Ce sont des tentes en grosses toiles d’allure historique. Celle
que nous louons n’est pas tellement grande, peut-être une 8x8, mais certains
groupes ont loué des grands chapiteaux pour dormir dedans. Une bonne partie des
équipes seront installées dans les douves, un peu en retrait du public, parce
qu’ils ne seront pas «totalement» historiques. On n’attend moins d’eux, ce sont
souvent des combattants venus de loin qui ne peuvent pas autant mettre en scène
un campement médiéval. Ceux qui le feront cette année et qui seront installés
bien en vue avec les marchands, sont principalement des Polonais, d’abord parce
qu’étant chez eux, ils ont la facilité de transporter autant de matériels que nécessaire,
mais en plus, ce sont des champions de la reconstitution historique médiévale.
N’oublions pas qu’ils font partie des premiers groupes de béhourd avec les
Russes et les Ukrainiens.
Dans un campement médiéval, faut penser à deux réalités
indissociables, camping ET histoire, donc praticité mais costumée et déguisée.
Faut penser à la literie, souvent des grosses couvertures de laine, des
fourrures, des bottes de foin en guise de lit, une table, des bancs, un feu
pour cuisiner avec un chaudron de fonte, pas question d’installer un barbecue
moderne ou insulte suprême, de laisser traîner des emballages plastiques. Faut
que les visiteurs aient l’impression que les gens sortent d’une autre époque.
Souvent, un coffre servira de banc et de rangement pour les armures ou les
vêtements, des vêtements qui prennent beaucoup de place (on se rappelle, les
bagages à l’aéroport?). D’ailleurs le port du costume historique est la seule
chose à laquelle TOUS les combattants, aidants ou accompagnateurs(trices)
doivent se soumettre lorsqu’ils circulent sur le terrain, et ça se comprend, les
hôtes offrent un décor enchanteur au tournoi, ceux-ci s’attendent en retour à
en faire un événement où les spectateurs sont invités à « vivre l’histoire » à
se laisser enchanter par ce spectacle vivant. C’est donnant donnant!
Cette année, une nouveauté justement, les seules personnes à
circuler autour de la lice, sont les acteurs, c’est-à-dire, les gens costumés
comme il se doit. Ça évite aussi qu’un spectateur ne soit blessé en trainant
trop près. Il y a deux écrans géants immenses pour les gens réunis dans les
estrades, et y a toute une équipe de caméramans qui font un travail de pros,
ils ont des systèmes sophistiqués de grues pour prendre des prises au-dessus de
la lice. Woahh ça va être super!
Notre marchand arrive tout juste et il se fait talonner par
ses clients, on peut lire la panique et l’impatience dans ses yeux, et quand
Benoit finit par l’agripper enfin, il lui offre de monter lui-même sa propre
tente, mais peut-il l’avoir au plus vite? Il nous demande où nous l’installons
et il viendra dans quelques minutes, mais ses yeux semblent dire « quelques
heures ou même jamais! ». Nous retournons sur notre emplacement, juste en face
du campement belge qui sont au nombre de sept en incluant leur photographe (celui à qui je pique plein de photos!). Les amis belges dorment au même hôtel que nous, ainsi qu'une partie de l'équipe danoise et néo-zélandaise Nous nous sommes un peu connus l’an dernier, mais
j’ai l’impression que nous fraterniserons beaucoup plus cette année, après
qu’ils nous aient invité à s’asseoir. Ils ont une belle grosse table et des
bancs, deux éléments absolument nécessaires à la socialisation autour d’une bière,
des items que nous n’avons pas. Aussi ça
se connait, moi et Ben en savons quelque chose pour y être allé trois fois
déjà, en Belgique, ils ont de sacrées bonnes bières!
Entre temps, y a un meeting qui doit se tenir concernant la
marche à suivre pour le début du tournoi, Ben et Andrew s’y rendent en espérant
que la tente sera livrée à leur retour. J’en profite pour faire un peu le tour
des campements pour aller saluer quelques-uns de nos amis, chez les Américains,
les Allemands et deux amis Hollandais que nous avons rencontré chez Adam
quelques jours plus tôt. Je retrouve aussi mon bon ami Julien qui est là avec
l’équipe française très réduite cette année, il sort tout juste du meeting, c’est
lui le capitaine cette année, je l’invite à se joindre à nous pour le souper. Ben
le suit de quelques minutes et il nous livre toutes les infos, en principe
c’est le travail d’Andrew, mais tous attendent impatiemment de connaître
l’horaire du lendemain et comme le messager s’est arrêté quelque part en chemin
pour mémérer et que ça peut durer une éternité…
Quand notre tente finit d’être installée, le soleil est
presque couché et nous sommes crevés et affamés, tout le groupe de Québécois
est là : Une bonne partie de l’équipe de l’année dernière, Andrew,
Étienne, Yan et Nicolas, à qui s’ajoute Ben, et deux nouveaux, un autre Yan et
Igor qui sera aussi arbitre. Grande première cette année, nous avons une
combattante qui se battra en duel, Béné, qui était de l’aventure à
Aigues-Mortes, et Amélie qui vient en tant qu’écuyère.
Ben et Andrew proposent un resto où ils avaient mangé lors de
leur Assemblée de l’IMCF à l’automne. Un restaurant où la bouffe est excellente
et vraiment pas chère, mais à la décoration très confondante, en commençant par
l’affiche extérieure d’un gros Scoobie Doo en bois. Néanmoins notre premier
repas de gang est succulent et nous donnons un très bon pourboire au pauvre
serveur un peu dépassé et surpris de recevoir un aussi grand nombre de
personnes et tous de langue étrangère.
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