mardi 24 janvier 2017

Malbork tournoi ''Enfin!'' jour 1



Le jour se lève sur une journée pleine de promesses, nous sommes optimistes pour les combats d’aujourd’hui, nous le sommes un peu moins sur le déjeuner qui nous attend dans la salle à diner. Néanmoins j’enfile mon costume et je vérifie que j’aie tout mon nécessaire pour la journée dans mon sac : crème solaire, oui oui même en Pologne, mon appareil photo, carnet de notes, crayon, bouteille d’eau, alouette.  Cependant, cette fois-ci, nous sommes au milieu de la ville et près du musée et des toilettes, disons que c’est moins un kit de « survie » que de commodités que je traîne avec moi. Et comme cette année Benoit y est, je transporte pour deux, les portefeuilles, clés de voiture, advil, et évidemment les lunettes quand Benoit se bat. Et quelle paire de lunettes !!! Juste avant de partir, il les a perdus et par chance, il avait encore ses lunettes de sécurité au look indéfinissable et qui se teintent au soleil. Vous me voyez venir? Oui? Non? Comme Benoit est myope, il n’aura pas le choix de les porter quand il arbitrera, évidemment ça va chialer sur le décorum. Bon au moins, il n’en a pas besoin quand il se bat, en tournoi à l’extérieur je les garde dans mon gros sac, mais il n’est pas rare qu’en général, je me promène avec nos deux alliances et deux paires de lunettes sur la tête, la mienne sur mes yeux et la sienne sur ma tête qu’il m’arrive d’oublier et de ne pas comprendre l’air ahuri des gens qui m’abordent.

Dans le couloir nous croisons, un nouvel ami danois de Ben, ce dernier lui prête son nouveau casque car celui que Ben s’est fait faire, ne protège pas son menton, il a pété des plombs hier contre l’armurier en question, et témoin de sa colère titanesque, ce sauveur nordique est arrivé en renfort pour offrir son aide. Donc Jesper est désormais dans nos prières.

Le reste de la gang est attablé ou en train de choisir scrupuleusement leurs aliments au buffet, j’opte pour un jus d’orange, mais encore secouée par la sauce soya sur mes crêpes, j’attends de voir un peu les assiettes des autres. Autour y a aussi des Danois aussi perplexes que moi et un couple d’Américains qui semblent plus ou moins frais. Les gars de notre équipe sont un peu fébriles, certains le cachent mieux que d’autres, Yan Vézina et Igor pour qui, c’est un premier tournoi tout court et qui se sont retrouvés propulsé avec des armures empruntées dans le gros tournoi mondial un peu à la dernière minute, sont un peu nerveux, et ça se comprend! Étienne et Yan Cadorette sont à leur deuxième tournoi, Andrew est quant à lui, un vétéran, et même si c’est un premier mondial pour Benoit, il a déjà une bonne feuille de route derrière lui. Ils ont quatre équipes à affronter aujourd’hui, le Danemark, la France, Le Pays de Galles et la Nouvelle-Zélande et les combats commencent après la cérémonie d’ouverture qui aura lieu autour de midi, ce matin aura lieu les duels à la hallebarde, mais nos duellistes Béné et Étienne ne concourent pas dans cette catégorie. Aussi drôle que ça puisse paraître la cérémonie d’ouverture est plus tard dans la journée, j’imagine que c’est parce que l’organisation s’attend à ce que la foule grossisse en après-midi et veut éviter une parade de quelques centaines d’individus costumés saluant des estrades encore vides.

Aussitôt arrivés à notre tente, les gars commencent à faire le check up de leurs armures tout en échangeant avec nos amis belges, Andrew se rend au meeting des capitaines, Ben et Igor le suivent pour celui des arbitres, moi je vais me promener un peu dans le coin des marchands. Je veux aussi voir ce qui sera disponible comme bouffe lors de ces quatre jours de festivité. Par bonheur, je découvre la tente de Saladin avec Oli et Kim (ou Jésus qui avait transporté ma grosse valise jusqu’en haut des maudits escaliers à Belmonte), fidèles au poste comme l’an dernier. Ils ont peu de compétition, ce qui est une bonne chose pour eux, mais pour nous c’est un peu moins rose car les repas y sont tout de même assez coûteux et pas très gros pour des estomacs de combattant comme celui de Benoit, même s’ils sont savoureux.

Je croise justement mon tendre époux et son look de rock star (les lunettes fumées pétantes au soleil matinal) et que je m’empresse de présenter à mes amis. Aujourd’hui, lui et Igor n’arbitreront pas puisqu’ils se battent en béhourd, puis ça dépendra s’ils se rendent en quart de finale, ils ne pourront pas non plus arbitrer les combats d’Étienne et de Béné qui commenceront demain.

Bénéficiant d’une bonne heure de liberté avant de commencer à penser à s’assembler pour la cérémonie d’ouverture, nous déambulons parmi les kiosques des marchands installés un peu partout autour de la forteresse, des étals de marchandises comme en retrouverait probablement au Moyen âge, des pains, des tissus de laine ou de lin, des artisans, un fauconnier, parce que je me répète…il y a toujours des fauconniers dans les foires médiévales. Au fur et à mesure qu’on s’éloigne un tout petit peu, le degré d’historicité s’éloigne aussi, frôlant parfois le ridicule, des épées en plastique, des gadgets Lord of the ring, des coiffes de princesse Disney, bref, vous voyez le tableau j’en suis certaine.


Au hasard de notre promenade, nous tombons sur l’équipe écossaise qui arrive tout juste, immédiatement nous les trouvons sympathique. Est-ce dû au fait que nous partageons des luttes semblables, de rêve d’indépendance, mais aussi au sein de l’IMCF, l’Écosse a suivi de près les chaudes luttes du représentant du Québec (Benoit) pour faire reconnaître l’identité propre québécoise dans la Fédération, cette année, ils viennent en tant qu’équipe écossaise et non plus diluée dans celle du Royaume Uni. Est-ce une sympathie naturelle que nous avons envers eux? Du fait que nous adorons leur culture depuis plusieurs années au point que Benoit a interprété à merveille un Écossais à Bicolline pendant 11 ans, au point que nous nous sommes mariés au son de la cornemuse, lui dans son kilt et moi en robe 18e. Ce qui fait qu’aussi drôle que ça puisse paraître, au moment où nous les rencontrons, c’est un peu comme si nous retrouvions des amis dont l’humour nous interpelle beaucoup. Nous les laissons à leurs bagages tout en nous promettant mutuellement de prendre un verre ensemble plus tard.

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