samedi 1 avril 2017

Irlande partie 3



Avant de repartir nous achetons quelques trucs au marché pour le souper et le petit déjeuner du lendemain matin, les prix sont pas mal similaires à chez-nous, on n’est pas trop dépaysés. La soirée se passe chez Lara à relaxer, Ben et Andrew défont leurs bagages et veillent à ce que tout leur équipement pour le tournoi du surlendemain, soit prêt à servir. Comme moi, Benoit adore les animaux, et c’est avec bonheur qu’il va jouer dehors avec Kaï qui est tout en réjouissance de rencontrer un nouvel ami aussi actif que lui. Lara sort aussi de sa grande cage extérieure, Tony sa petite chouette qui semble bien apprécier toute cette attention qu’on lui porte.
  
  Avant de nous coucher, nous nous battons un peu avec nos adaptateurs, c’est vraiment la première fois que nous voyons ce type de prise d’électricité et nous mettons un moment avant d’être en mesure de brancher nos chargeurs pour le portable et mon BlackBerry. Nous avons aussi étendu nos serviettes de douche pour les faire sécher, mais c’est si humide, même malgré le calorifère que nous avons ouvert. Nous finissons par nous engouffrer de plaisir sous la grosse couette et dormir comme des bûches jusqu’au petit matin.

Quand nous nous réveillons, nous voyons Lara et Kaï entrer dans la maison, ils reviennent d’un p’tit jogging matinal, l’air semble frais et humide, comme ma serviette qui n’a pas séché du tout. Tant pis, ce soir peut-être, du moins on l’espère, car la sécheuse de Lara est défectueuse et à quatre invités, elle va vite se retrouver sans aucune serviette. Nous allons les rejoindre dans la cuisine et sommes bientôt rejoint par Luc et Andrew qui ne semble pas super à l’aise lui non plus avec le gros toutou. Lara a décidé de nous faire goûter quelques spécialités irlandaises dont le black pouding (en genre de boudin avec des herbes et des épices), des saucisses et des beans. Je goûte, j’adore les saucisses, mais pour le reste je préfère me rabattre sur un fruit, du fromage et du pain. Pour moi, les beans c’est à la mélasse avec du porc et du lard salé et non pas avec une sauce tomate, je laisse aux autres. Nous avons oublié qu’ici, les gens boivent surtout du thé, Lara a un peu de café instantané, mais n’est certainement pas équipé pour que nous achetions du café perco. Nous allons nous rabattre sur du thé et prendrons un vrai café dans un restaurant, comme on dit « En Irlande faisons comme les Irlandais! ».  

En jetant un œil sur la maison du voisin, visible par la fenêtre de la cuisine, ma réflexion à propos des maisons sans adresse me revient et j’en parle à Lara. Elle m’explique : Dès qu’on sort des grandes villes, les maisons n’ont pas d’adresse ou parfois elles portent un nom qui est inscrit sur un petit panneau décoratif (nous avions déjà vu ça aussi en Belgique en Flandre). Je lui demande comment se fait la distribution du courrier, et c’est là que ça devient intéressant. En effet, les facteurs connaissent tous les gens sur leur circuit et les gens écrivent le nom du destinataire et du village avec parfois quelques indicatifs sur leurs enveloppes. Comme par exemple « la maison jaune avec deux chiens » ou « avec un vélo rouge » « avec un muret de pierres» (bon c’est pourtant vraiment très commun ici, y en a partout!). Elle ajoute qu’ils viennent juste de recevoir un code postal. Mais c’est pour dire deux choses : La population n’est vraiment pas très grande mais surtout, les gens se connaissent et ainsi connaissent souvent la situation de leurs voisins. Lara nous raconte qu’il est à peu près impossible de sombrer dans la misère et la pauvreté ici parce que les gens s’entraident beaucoup. Par exemple, quelqu’un laissera un sac de provision anonymement sur le balcon d’une personne dans le besoin, ou tout autre service gratuit sans aucune attente en retour. Ça rejoint mes réflexions à propos du passé catastrophique particulièrement la grande famine du 19ième siècle qui a décimé ou mené à l’exil plus du tiers de la population irlandaise, laissant la majorité des catholiques restante dans la misère. Les gens se souviennent ou du moins ils portent en eux cette philosophie de vie parce que ça s’est inscrit tout naturellement.

Lara nous propose une promenade juste de l’autre côté du chemin, dans les tourbières, avec ce soleil pâle et matinal, avec Kaï qui trottine avec nous, ça sera génial.






Nous sommes fascinés par les tourbières mais encore plus en sachant que ce mode de chauffage vieux de plusieurs siècles est encore utilisé assez couramment dans les maisons. La méthode consiste à couper la terre en brique, les laisser sécher (ce qui reste pour moi un mystère encore, ça doit prendre une éternité!) et s’en servir comme d’une bûche. L’odeur dégagée de ces feux de tourbe est particulière et bien typique de l’Irlande. Les tourbières se retrouvent dans les endroits humides, c’est pourquoi il y en a beaucoup sur cette île.  C’est dans la région du Connemara, où nous sommes, qu’elles sont principalement. Je ne peux m’empêcher d’ajouter ici une explication un peu plus détaillée :

« Dans des pays humides tel que l’Irlande (250 jours de pluie par an), un sol détrempé favorise ainsi le développement de plantes hydrophiles (jonc, carex mousse…) et surtout la sphaigne capable d’absorber d’énorme quantités de liquide. C’est cette plante, la sphaigne, qui est à l’origine de la création des tourbières. En absorbant l’eau, celle-ci puise l’oxygène, empêchant les matières mortes de se décomposer. La sphaigne se développe en réalité par-dessus les déchets organiques morts en formant au fil du temps une couche de tourbe qui ne cesse de s’épaissir. C’est ensuite cette tourbe, qui, lorsqu’elle est exploitée par les Irlandais, sert de combustible dans les cheminées. Une tourbière varie de 45 cm à 13 mètres de profondeur, et se constitue essentiellement, d’eau à 95%, et de 5% de déchets organiques tels que, racines, compost, fleurs, graines, etc. »

Dans le passé, cette méthode est venue pallier au manque de forêts, donc de bois pour se chauffer et demeure à ce jour, la solution la plus économique. Cependant, la surexploitation des tourbières, met en danger leur survie, car elles ne parviennent plus à préserver l’équilibre de leurs composés végétaux.


Sur notre retour, Ben me cueille une fleur, pour le romantisme de la chose, puis nous finissons par ramasser suffisamment de fleurs pour en faire un bouquet que je sécherai (hum…mouains). 



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