dimanche 4 février 2018

«Jamais deux (tournois sous l'orage) sans trois!»



Une longue journée nous attend aujourd’hui : Les finales, la remise des trophées et des médailles et notre départ en soirée. Comme nous prévoyons un souper de groupe au restaurant avant de partir, nous devons organiser nos bagages tout de suite, de sorte qu’ils soient déjà à bord lorsque nous partirons après notre repas. Les armures devront être rapidement mis à bord après le tournoi, directement à partir des vestiaires sous les estrades. Je m’affaire donc à trier ce qu’on met tout de suite dans nos valises et ce que je vais traîner dans mon sac qui m’accompagne partout. Pendant ce temps, Benoit fait un yoga avec Steve, Andrew n’a pas suivi cette fois, c’est certainement pas moi qui vais le juger.

Peu après, nous descendons avaler un café en vitesse et puis direction tournoi où le soleil est déjà plombant. Il est 10:30 et personne n’est armuré alors que le tournoi devait débuter, en principe, à 8:30, depuis le début du tournoi, rien ne fonctionne comme prévu. C’est tout de même une nouvelle expérience, c’est notre premier tournoi Open de l’IMCF, mais d’un point de vue humain, c’est tout simplement génial. Désormais nous sommes fixés, nous savons ce qu’on doit faire et ne pas faire, comme par exemple, éviter les tournois en plein été en Amérique du Sud. Aussi c’est toujours préférable de concentrer la majeure partie des combats, le soir pour s’assurer une présence du public, donc ça veut aussi dire avoir un emplacement équipé en conséquence.

Aujourd’hui, Benoit et Andrew ne combattent pas, ils arbitrent les finales, ils en sont bien heureux d’ailleurs, vu la température. Hier, même les Mexicains se plaignaient de la chaleur. Pour ma part je reste à l’ombre sous le toit de l’estrade en béton, seul endroit supportable, je n’ai absolument pas envie de partir en exploration. De toute façon je ne manque pas de compagnie, y en a toujours qui viennent y prendre un peu de répit. Verona (Georgina), bien qu’elle-même Argentine, supporte difficilement cette météo, nous passons donc, pas mal de temps à bavarder au « frais ». Tout comme moi, elle fait aussi des costumes et m’avoue avoir de la difficulté à trouver des tissus à prix abordables ici. Le matériel est souvent une source de soucis pour les gens du milieu du béhourd, et si c’est le cas au Québec, ça semble pire en Amérique du sud. D’abord parce qu’actuellement le pays traverse une crise économique; ensuite les lainages, largement utilisés dans la confection de vêtements médiévaux, de tabards et pour certaines armures, sont rares et chers dans les pays chauds; et finalement comme partout en Amérique, le béhourd en est à ses premiers balbutiements, donc on trouve peu de fournisseurs sur place.

Un autobus arrive et déverse un flot de visiteurs, en fait, ce sont les personnes âgées qui séjournent à notre hôtel, nous sommes un peu surpris, ce n’est pas le public habituel. Nous les regardons un peu déambuler autour, jusqu’à ce qu’une dame, accompagnée de ses amies, nous voit, moi et Verona en train de bavarder ensemble. Elle demande en espagnol à Verona si elle peut prendre une photo de nous deux, nous acceptons, puis, elle et nous, puis ses amies et nous, puis elle et ses amies avec nous. En un instant nous nous retrouvons telles des stars prisonnières des appareils photos, Benoit arrive et est pris lui aussi dans le tourbillon, recevant même, malgré lui, un bec sur la bouche d’une admiratrice. Pourtant, ces gens nous voient depuis trois jours, mais sans jamais oser nous demander quoi que ce soit, il a suffi d’une dame un peu plus téméraire et voilà la grosse séance de photo générale. Je voudrais bien leur rappeler que le vrai show, il est dans la lice, mais à quoi bon? Je l’ai compris depuis longtemps, pour la majorité des femmes, les belles robes médiévales c’est plus vendeur que des combats de chevaliers.

Peu à peu, le mouvement s’estompe et après nous avoir remercié à profusion, le groupe regagne leur autobus, peut-être s’en retournent-ils à l’hôtel pour la siesta?

Les combats s’achèvent, mais juste avant que les deux dernières équipes ne s’affrontent en finale, le ciel s’obscurcit soudainement. Néanmoins, on se dit que nous aurons le temps de finir avant que ça nous tombe dessus et de toute façon, la plupart d’entre nous se souviennent de l’orage à Malbork (Pologne), les combattants avaient continué leurs rounds et faut l’admettre, ça avait donné des photos magnifiquement épiques. L’année précédente, nous avons eu aussi un gros orage au Portugal, mais il y avait tellement de vent, que nous avions dû suspendre le tournoi pour un bon deux heures.


Le ciel devient tellement noir, que le doute s’installe rapidement, quand la pluie se déverse en torrent, la majorité des gens court se mettre à l’abri, celui où j’ai élu domicile depuis ce matin. Les finalistes semblent vouloir continuer quand même. À Malbork, nous avions joué avec le feu, il aurait pu arriver un malheur, les combattants ont pris un risque d’être frappé par la foudre dans leur armure. C’est un risque que Benoit ne veut pas prendre, et comme c’est à lui que revient la décision finale, il arrête tout, et tout le monde se retrouve sous les estrades à contempler le ciel.




Comme toujours, plus c’est violent, moins ça dure longtemps, c’est pourquoi, aussitôt l’éclaircie revenue, les deux équipes se pressent de poursuivre leur combat final qui est remporté par l’une des équipes argentines le CECM ( Centro de Entrenamiento de Combate Medieval).




Le CECM

À ce jour, ce sont les plus beaux trophées que j'ai vu à l'IMCF


Caitlin a revendiqué le trophée restant

Elle a fait bien sûr des envieux!!!

Immédiatement après, sans cérémonie, nous procédons à la remise des médailles et des trophées, nous disposons de peu de temps puisque notre autobus doit partir à 23:00 hres et qu’il est 18:00 hres. Ce n’est pas tant la remise des médailles en elle-même qui prend du temps, mais encore une fois cette période post tournoi qui s’étire toujours peu importe où nous nous trouvons. Les prises de photos, les échanges de coordonnées, les discussions à propos du tournoi, tout pour étirer le plus longtemps possible ce moment d’échange culturel entre passionnés du béhourd. Une chance qu’il reste quelques personnes raisonnables pour rappeler aux autres, que nous avons un long voyage d’autobus à faire et qu’il faut donc, ramasser les armures et bagages pour les mettre dans l’autobus et surtout nous devons manger. 




Dans les vestiaires, tout le monde ramasse leurs stocks d’armes et d’armure pour les embarquer dans les véhicules qui ramèneront tout le monde soit à l’aéroport de Cordoba, j’ignore si certains sont venus en voiture, mais si c’est le cas, ils ont une longue route devant eux. En ce qui nous concerne, nous reprenons le même transport qu’à l’aller, donc notre gros autobus CLIMATISÉ pour Buenos Aires. Ce matin nous avions apporté tous nos bagages dans le vestiaire pour sauver du temps ce soir, nous les déposons avec les armures d’Andrew et de Ben dans la soute puis partons avec Martina en voiture pour aller manger au village. La nuit est tombée depuis une bonne heure, mais les restaurants sont pleins, à cette heure, les terrasses ne peuvent accueillir plus de deux ou trois personnes à la fois, alors que nous sommes une dizaine de personnes qui prévoyaient manger ensemble. Nous finissons par trouver une pizzéria qui peut nous prendre à l’intérieur. En principe, il y a de l’air climatisé, mais moi, Benoit et Andrew, le ressentons à peine. Nous sommes trop habitués, chez-nous, à nos climatiseurs puissants dès que nous mettons le pied à l’intérieur d’un bâtiment public ou d’un commerce et dans certainement la moitié des maisons québécoises lorsqu’arrive l’été. Nos maisons sont construites pour être bien isolées du froid, et nous ne sommes vraiment pas conditionnés à une telle chaleur, même si nous avons aussi des canicules durant l’été.

Pour ce qui est du menu, nous avons de la chance, il y a toujours du steak et du vin rouge à des prix abordables pour Benoit. Point de vue culinaire, nous avons découvert le chimichurri, un condiment à base de persil, de coriandre, d’origan, d’ail, d’oignon vert et de piment. Il accompagne parfaitement le bœuf, particulièrement les steaks.

Le service est si long, que nous devons manger notre repas en quatrième vitesse et faire rapidement nos adieux à Martina et à ceux et celles qui ne prennent pas le bus avec nous. Celui-ci est déjà dans le stationnement, tous ses passagers à bord n’attendent que nous, nous laissons donc tomber l’idée d’aller acheter de quoi grignoter et boire pour la route et nous y engouffrons pour la nuit.   

Graffiti dans les toilettes de l'hôtel ;-)


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