lundi 12 février 2018

Printemps 2017: En attendant de partir au Danemark!



Le retour à Montréal, le 2 mars sous la neige avec un 20 degrés sous zéro a été presqu’un soulagement, nous sommes définitivement des enfants de l’hiver et du Saint-Laurent, pour paraphraser Alexandre Poulin. Et de toute manière, le froid est déjà moins mordant, le printemps se manifeste de temps en temps. L’arrivée du printemps signifie pour les combattants québécois la préparation pour le tournoi mondial, les achats de nouvelles pièces d’équipements et de vêtements médiévaux, de réparations de matériel et de motivation à s’entraîner davantage.

Le tournoi hivernal qui a lieu le 11 mars à Trois-Rivières, est une occasion de se revoir tous; ceux et celles qui feront partie de l’Ost cette année; ceux et celles qui pratiquent ce sport et qui cherchent une occasion de se mesurer aux autres; et finalement ceux et celles qui s’y intéressent de près ou de loin. Comme toujours, on accueille des Américains et des Canadiens de l’Ontario, ceux qui se battent au tournoi mondial compétiteur Battle of the nation. Depuis l’an dernier il y a aussi des Canadiens du Yukon, ceux qui participent à notre tournoi mondial IMCF.

C’est un tournoi décorum où en principe nous (les accompagnateurs et les combattants lorsqu’ils ne portent pas leur armure) devons être costumés, ce qui est plus ou moins respecté. Je commence sérieusement à me questionner sur la pertinence du costume obligatoire pour un tournoi qui a lieu dans un gymnase avec de la musique rock ou techno crachée dans les enceintes acoustiques. Je crois que la formule « médiévale » de ces petits tournois, n’a jamais été gagnante, la vingtaine, au maximum, trentaine de spectateurs chaque année est surtout composée de parents ou d’amis des combattant(e)s ou de pratiquants du dimanche. À mon avis, le costume doit aller avec le décorum, soit parce que c’est dans le cadre du tournoi mondial au château où l’on nous demande d’être en quelque sorte, un divertissant historique vivant ou bien dans le cadre d’un festival médiéval, voire les Highland games. Comme je l’ai abordé dans mon ouvrage anthropologique à propos de Bicolline, le costume est là pour la suspension volontaire de l’incrédulité, en d’autres mots c’est un support pour aider à rester dans l’enchantement de l’activité.

La magie médiévale n’opère pas pour ce tournoi, les individus dans leur tunique, houppelande, cottehardie, etc. semblent perdus dans ce décor qui n’a absolument rien à voir avec ce qu’ils portent. Malheureusement, je pense que c’est un peu ces dissonances qui sont ridiculisées parfois par les non-initiés aux activités qui tournent autour de ce thème.

Je pense que le béhourd a besoin de sortir de ce format dans lequel l’ont placé les reenacters. Aujourd’hui, beaucoup revendiquent ce sport et le maintiennent dans ce carcan, ce qui fait qu’il est souvent perçu comme du GN ou de la reconstitution historique par le public. Ainsi, il perd de la visibilité auprès des amateurs de sport de combats ou de sport d’équipe, du moins ceux qui se désintéressent de la culture médiévale. Les petits tournois comme le nôtre gagneraient à se présenter comme un tournoi sportif uniquement, en mettant de côté les costumes, ne laissant qu’aux combattant(e)s, leur uniforme : armure et gambisonnage. 

Je sais, en tant que costumière, je me tire un peu dans le pied en prenant position contre le costume dans certains tournois, après tout c’est mon gagne-pain actuellement. Mais c'est justement parce que je veux que mes robes, tuniques, houppelandes, braies et chausses soient des vêtements portés dans un cadre historique et non pas qu'ils aient l'air d'abord de costumes d’halloween.

La journée a lieu sans heurt et sans grand moment mémorable et comme l’an dernier, j’ai porté peu d’intérêt aux scores. Benoit n’a fait qu’arbitrer et pour moi, ce tournoi est plus un moment de rencontrer mes client(e)s. Un jour. peut-être, le tournoi hivernal au Québec sera plus enlevant.

Toutefois, pour Benoit c’est encore une petite victoire en tant que coach, car Christine lui a demandé son aide pour son pro fight contre Béné. Même si au final c’est Béné qui gagne, Christine s’est bien débrouillée parce que Benoit a réussi à lui faire briser certains blocages. Encore une fois, il prouve qu’être un bon coach c’est d’abord amener l’athlète à reconnaître ses forces et travailler avec. La victoire de Christine c’est d’avoir su identifier ses peurs et travailler avec ses forces, et celle de Benoit c’est contre les mauvaises langues.      

Le mois de mars apporte une bonne nouvelle, nous déménageons en juillet dans un grand cinq pièces! Je pourrai avoir une pièce pour mon atelier, Benoit aura son bureau pour son travail IMCF et son armure, ses armes et son stock d’entraînement. Les trois autres pièces ne seront pas encombrées par notre travail, en tout cas on va faire tout notre possible. Nous sommes super enthousiastes et conscients que, dès notre retour du Danemark, on fait les boîtes.

On attend toujours des nouvelles de l’Écosse, c’est long pour nos nerfs et Benoit aimerait pouvoir annoncer ce tournoi lors de la cérémonie de clôture à Spottrup dans deux mois, d'ici là, il reste tellement à faire. De mon côté j’ai plusieurs contrats depuis novembre, et les mois de mars et avril sont surchargés de commandes pour le Danemark et pour Bicolline, je donne un coup pour terminer quelques semaines avant notre départ, j’aime bien me libérer du temps pour nos propres vêtements et pièces de gambisons.

En train de faire une nouvelle paire de jambières à Ben

Ben qui fait des ajustements




Après une dernière tempête à la fin de mois de mars, le printemps s’installe définitivement dès le début d’avril. Comme Andrew a fini son mandat de deux ans en tant que capitaine de l’Ost, on doit s’en voter un nouveau ou une nouvelle pour cette année seulement, car il a été décidé que le mandat aurait maintenant une durée d’un an. Le capitaine sert l’Ost durant le tournoi uniquement tout simplement parce que l’entité de cette équipe n’existe que pour ce moment annuel. Il ou elle, a pour tâche d’assister aux réunions à tous les matins, voter sur les décisions au nom de l’Ost, transmettre les informations à son équipe et en gros, représenter les membres de son équipe auprès des arbitres lors des combats. Les trois personnes pressenties sont Andrew, de nouveau, Régis qui est représentant à l’international depuis que Benoit est devenu vice-président de l’IMCF, Béné notre championne médaillée d’or à l’épée longue depuis deux ans et Christine qui s’illustre par son implication constante depuis un an. Cette dernière en a fait beaucoup jusqu’à maintenant, autant d’un point de vue administratif, que pour aider les autres. Sa bonne humeur est aussi contagieuse et personne n’a oublié sa propension à prêter son matériel et à aider autrui au Portugal l’an dernier.



Andrew et Régis se désistant, le vote se reporte sur Béné ou Christine, le CA me demande si je peux m’occuper de récolter les votes secrets, parce que je suis dans une position de neutralité de non votante et même de non membre de la fédé. Chaque combattant et combattante qui fera partie de l’Ost, m’envoient leur vote par courriel et le dimanche venu, le choix est reporté sur Christine. Celle-ci est un peu nerveuse devant la tâche qui lui est incombée mais Andrew, Régis et Benoit lui assurent leur soutien si elle a besoin d’aide. Bien sûr, Benoit sera probablement débordé une fois là-bas, mais il assure qu’il ne sera jamais loin si elle a des questions ou inquiétudes.






Comme nous avons de nouveaux membres dans l’Ost, ils ont besoin de tabards, j’offre comme l’an dernier, mon aide et ma surjetteuse et Christine accepte que sa maison serve d’atelier. Nous sommes moins nombreux que l’an dernier, c’est un peu plus calme, mais ça demeure agréable comme activité de groupe, ça aide à maintenir une certaine cohésion au sein de l’Ost. Néanmoins, nous savons moi et Ben, qu’une fois là-bas nous serons peu disponibles pour être avec le groupe, spécialement lui qui sera fort occupé par les nombreuses tâches reliées à l’organisation en dehors de ses combats avec l’équipe.  

Une amie a dit un jour de moi que j’étais son amie « électron libre », je dois admettre qu’elle m’a bien cerné. J’aime faire des activités en groupe, mais en tournoi je préfère aller où bon me semble. Je préfère parfois me retrouver seule avec moi-même dans une foule, que de me sentir obligée de suivre un groupe. C’est peut-être parce que je n’aime pas beaucoup les conventions sociales, et je déteste avoir à me justifier envers un groupe. La seule obligation que je m’imposerai lors de ce tournoi, c’est de veiller à nourrir mon homme, sinon, lui ne le fera pas et à l’aider s’il a besoin de moi. Le reste du temps j’irai où mon instinct me mènera et serai ainsi toujours disponible à l’observation autour de moi. Oui je sais, je peux paraître égoïste, mais je m’assume et je ne garde pas rancune envers ceux ou celles que je suivrais si je n’étais pas moi, pour faire partie de la gang.

D’un autre côté je ne m’ennuie jamais avec Ben, puisque nos intérêts sont très similaires, ce n’est jamais l’un qui suit l’autre, mais une aventure qu’on vit ensemble. Et bien que nous adorions aller à la rencontre de l’Autre en terre étrangère nous nous accordons la liberté de voyager « ensemble en solitaire ». Ce que nous avons fait d’ailleurs au début avril, en allant passer quelques jours à Paris pour le plaisir de nous balader à pied autour de la Seine et de luncher dans un petit café parisien. Pour nous, ça représente à peu près le même prix que d’aller passer une fin de semaine à Charlevoix dans un Bed&Breakfast.

Coucou c'est nous!! Au Louvre


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