mardi 15 août 2017

«On fait rien! »…ou la fois où on fait les touristes (Portugal fin)

Lundi matin, il nous reste 24 heures avant de s’en retourner chez-nous, la gang dans le condo d’à côté est toute repartie cette nuit, c’est pourquoi, ils ont quitté tôt la veille, sans même nous accompagner au resto. Béné et Laurie doivent prendre le train ce matin, et la levée du corps a été assez pénible, surtout pour Béné qui a continué, au cours de la nuit, de rendre tout l’alcool ingurgité dans la soirée, une longue soirée. Elle n’en mène pas large, on lui souhaite de se rétablir vite puisqu’elle et Laurie vont visiter un peu Lisbonne et y dormir, avant de repartir elles aussi le lendemain. Andrew bien reposé va les reconduire à la gare, Luc qui partage la chambre avec Andrew, dort dans le salon, incapable de le faire dans la même chambre que lui. Ce dernier, quand il ne l’oublie pas, dort avec son appareil qui contrôle son apnée de sommeil, ce qui est à peine moins perturbant que ses ronflements sans appareil. La raison est que ça lui donne des allures de Darth Vador, son et visuel compris, je peux comprendre les réticences de Luc. Cloé dort comme un bébé dans le grenier, agrémenté de pièces de vêtement qui sèchent un peu partout près des fenêtres parce qu’il n’y a pas de sécheuse. Moi et Ben décidons d’aller faire un tour pour chercher à manger, nous aimerions trouver une petite épicerie et acheter de quoi déjeuner pour nous cinq.

Ajouter une lPlusieurs façades de maisons sont recouvertes en partie ou entièrement de tuiles de mosaïques comme celle-ci, vraiment magnifique!égende

C’est une belle journée pour se promener dans le village, pas trop chaud, un beau soleil et un léger vent constant et salin, ça me rappelle les Îles-de-la-Madeleine. C’est la première fois depuis que nous sommes au Portugal, que nous nous trouvons seuls, moi et Ben, et quand je dis seuls c’est vraiment seuls, y a personne dans les rues. Ça me rappelle un peu Belmonte en Espagne, les rues étaient complètement désertes dans le jour. Moi qui vit au cœur de Montréal, je suis un peu déroutée quand je suis dans des petites villes méditerranéennes désertes sans grandes affiches annonçant un restaurant ou une épicerie. Nous déambulons sans trop savoir où nous allons, tout en essayant de nous repérer pour ne pas nous perdre. En arrivant sur un coin de rue, nous trouvons une espèce de petite boutique qui vend toutes sortes de choses, mais sans avoir un gros inventaire. Deux dames parlent entre elles, nous leur demandons en franglais (on se dit qu’elles vont reconnaître une langue ou l’autre) s’il y a un marché où on peut acheter de la nourriture ou à la limite un restaurant. Une des dames a vite capté le français, elle est d’origine française, mais ça fait si longtemps qu’elle est ici qu’elle est beaucoup plus Portugaise et parle avec un peu de difficulté sa langue maternelle.

Elle est très enthousiaste de rencontrer des Québécois, et nous offre de nous guider jusqu’au marché, comme elle est assez âgée, nous marchons à la vitesse du sud. Elle nous raconte un peu sa vie, un mari violent qu’elle a dû quitter avec ses quatre enfants en jeunes âge, des enfants rendus adultes qu’elle ne voit pas assez souvent à son goût (je pense à ma mère que je me promets de voir à mon retour et à mes propres enfants qui ont leur vie maintenant eux aussi). La dame dont la maison est rendue trop grande, loue son logement sur AirBnB depuis quelques années, on se dit que la prochaine fois que nous reviendrons nous le louerons. Elle nous dit qu’en ce moment c’est assez tranquille (je l’avais constaté!) parce que la saison touristique n’est pas encore commencée. En saison morte, c’est vraiment tranquille (j’évite de dire tout haut que ça ressemble à une ville fantôme), les villageois n’étant pas très nombreux, les commerces vivent principalement grâce aux touristes.

Elle nous montre le restaurant d’un ami, un endroit sympathique qui peut accueillir, peut-être, une vingtaine de personnes et qui est complètement désert en ce moment, mis à part les propriétaires qui jouent aux cartes à une table. Notre guide nous demande si nous voudrions venir y manger ce soir, si tel est le cas nous pourrions réserver. Pourquoi pas? Avec une pointe de tristesse je me dis que la réservation est plus pour le restaurateur qui pourra se préparer à recevoir des clients, que pour nous assurer de la disponibilité d’une tabler une table. J’ai bien peur que nous soyons seuls pour y manger, raison de plus pour venir ici ce soir, nous encouragerons les gens de la place.

En sortant, nous tournons deux coins de rue et la dame nous entraîne dans le dépanneur, ça semble être le seul endroit où on peut acheter quelques trucs à manger, sinon c’est l’épicerie dans la ville voisine. Nous achetons des pâtisseries, du jus, du café et quittons la dame, en la remerciant chaleureusement, pour retourner à notre condo.  

Sur notre retour, on aperçoit encore quelques chiens errants, et même une chienne avec ses quatre, cinq chiots, ça me brise le cœur. Je me retiens, je les regarde de loin, sachant qu’eux-mêmes seront probablement méfiants et peut-être aussi couverts de puces. Comme toujours quand il est question de chien, moi et Ben évoquons rapidement Angus, qu’on a couvert d’amour et de soin et qui a fait notre bonheur pendant neuf ans.

En arrivant au condo, Luc et Cloé sont debout et Andrew est de retour, nous leur racontons notre petite balade, leur offrons une pâtisserie et leur proposons de se joindre à nous pour le souper dans le petit restaurant pas très loin de ce matin. Pour l’instant, Benoit doit regarder comment sont les vols pour demain à Porto et nous enregistrer. Ça paraît mal, le vol est plein! Même si nous savons que la plupart des vols sont souvent survendus, il y a toujours des risques, surtout quand nous sommes cinq. On regarde toutes les possibilités, comme par exemple, que moi et Ben voilons séparément en prenant un ou deux passagers, s’il ne reste pas assez de place quand viendra le temps d’embarquer; de prendre un vol pour Paris (toujours plus facile d’embarquer sur ce vol), puis Montréal. Le hic, c’est que c’est une solution plus coûteuse, pour nous tous puisque, rappelons-le, les billets de Benoit ne s’appliquent qu’aux vols connectés directement au Canada. Soudainement Benoit allume, les vols d’été reprennent à partir de demain, et Air Canada a un vol à partir de l’aéroport de Lisbonne, ce qui veut dire que nous embarquerions directement sans escale en Europe, bien sûr nous passerions inévitablement par Toronto, mais ce serait tellement moins cher et moins compliqué! —dit la fille qui est profondément dégoûtée chaque fois qu’elle passe par ce maudit aéroport.

Bref, Benoit vérifie et effectivement, il reste quelques places sur le premier vol Lisbonne-Toronto-Montréal de la saison. Nous croisons tout de même nos doigts, tout peut encore arriver, ce qui veut dire que nous retournerons 25 scénarios différents en essayant de trouver des solutions pour chacun d’eux. Ben se garde, quand c’est possible, une journée de congé supplémentaire au cas où nous ne pourrions pas embarquer tout de suite, moi je suis à mon compte, mais nos trois invités doivent vite retourner au travail à leur retour. Faut absolument les faire rentrer au plus vite et sans nous c’est impossible, à moins qu’ils ne paient le plein prix, une fortune qu’ils ne peuvent se permettre là tout de suite. Nous allons croiser nos doigts et traverserons le pont quand nous serons devant comme on dit!

Nous vérifions que la compagnie de location de voiture avec laquelle nous avons fait affaire, a une succursale à l’aéroport de Lisbonne, ce qui est le cas. Le vol est à midi, moi et Ben devons donc prendre le premier train qui ne se rend malheureusement pas directement à l’aéroport, nous devrons débarquer au métro qui lui nous amènera à destination. Les trois autres prendront nos bagages et iront porter la voiture pour enfin nous rejoindre pour 10:00 am. D’ici là, on essaie de relaxer…


Bon, faudrait bien aller mettre nos pieds dans la mer, nous n’y sommes même pas allés depuis que nous sommes arrivés et nous sommes situés à quelques mètres du bord de la plage. Après nous être prélassés au soleil, nous retournons à l’intérieur pour ramasser un peu le condo et faire une partie de nos bagages. Je croise Cloé qui me demande si je peux prendre des photos d’elle avec la coupe, Béné qui devait la ramener l’a oublié, c’est donc Cloé qui va la mettre dans ses bagages, mais en attendant, pourquoi ne pas faire quelques clichés avec, c’est aussi sa coupe après tout.  


En fin d’après-midi, nous informons les trois autres que nous allons manger au village comme prévu et on les invite. En chemin pour le restaurant, c’est toujours aussi désert dans le village, il y a bien deux ou trois personnes qui sont autour du dépanneur, mais sinon, c’est désertique comme dans la salle à manger du restaurant. Il n’y a pas beaucoup de choix dans le menu écrit en portugais, mais on reconnaît un peu les mêmes plats vus plus tôt cette semaine dans les autres restaurants, surtout des calmars, du poisson, de la pieuvre et du porc, comme toujours les olives sur la table, parfois elles sont gratuites, comme nous pour les craquelins ou le pain sur la table, mais dans certains restaurants, comme celui d’hier soir, si tu les manges, elles sont facturées. J’ignore comment on fait normalement pour savoir quand les encas sur la table sont gratuits ou pas, mais pour ce soir on s’en fout, c’est notre dernier soir, on veut finir ça en beauté sans se soucier de quoi que ce soit avant demain.

Nos plats arrivent un après l’autre, littéralement à cinq minutes d’intervalle, parfois dix, c’est plus ou moins surprenant, il ne doit pas y avoir beaucoup d’employés dans la cuisine. Par chance nous avons du vin, on ferme les yeux sur ces petits retards et mangeons sans s’attendre les uns les autres. Ici, comme dans les autres restaurants on retrouve régulièrement un œuf cuit au plat sur les pièces de viande, contrairement à moi, Ben adore ça, c’est quelque chose que j’ai vu aussi en Espagne. En Pologne, l’œuf cuit dur est régulièrement dans les assiettes, dans le nord de la France, j’ai mangé des sandwichs au jambon, au thon ou au poulet où on ajoutait des tranches d’œufs cuits durs. Bien sûr nous en mangeons aussi au Québec, bien que ce soit plus souvent au déjeuner, mais je réalise à quel point nous avons une très grande variété d’aliments de plats différents, ce qui fait que les œufs passent un peu inaperçus tant, y a de choix quand on veut s’alimenter. Plus je voyage et plus je constate que nous sommes chanceux, au Québec on a énormément de variétés que ce soit dans les restaurants ou les épiceries. 
Plusieurs de ces condos vides attendent de se remplir avec la haute saison, j’aime particulièrement leur petit four à bois extérieur. 

Sur le chemin du retour, nous arrêtons au dépanneur où nous achetons quelques bières à boire relax au condo, Andrew achète des friandises glacées pour tout le monde.  Je fais le tour pour m’assurer que nous rendrons le condo dans l’état où il était à notre arrivée, je ramasse le reste de nos vêtements accrochés un peu partout pour les mettre dans nos valises, complètement séchés ou pas. Ben recalibre ses sacs avec ses armes et pièces d’armure pour s’assurer que chaque sac ne dépasse pas 23 kilos si on ne veut pas payer d’extra. Mais comme mes deux valises contenant nos costumes, vêtements civils, articles de toilettes, etc. sont moins lourdes, ça devrait aller, on transférera de l’une à l’autre sans problème.  Nos bagages, la plupart du temps, sont plus lourds au retour qu’à l’aller à cause des pièces de gambisons humides qui prennent du temps à sécher, du temps qu’on a pas suffisamment entre la fin des tournois et le retour au Québec. Le soleil portugais et le vent marin ont beaucoup aidé, c’est quand même moins pire qu’à notre retour d’Irlande ou rien n’avait séché, augmentant de quelques kilos les bagages. Cependant nous avions eu la chance de tomber sur un agent vraiment sympathique et pas trop sévère qui avait fermé les yeux sur le compteur de la balance.

C’est en nous traînant de fatigue que nous allons au lit après s’être programmés deux alarmes pour nous réveiller à 4:30, ça nous laissera une heure trente pour finir de se ramasser, faire notre toilette et nous rendre à la gare à environ une quinzaine de minutes du condo. On est trop fatigués pour être nerveux pour les vols, on espère juste que nos trois invités seront à l’heure à l’aéroport.

Quand on se lève…quelques heures plus tard, on se dépêche de tout finir nos préparatifs et de descendre nos valises près de l’escalier pour qu’ils soient mis dans la voiture plus tard. On veut avoir le temps de prendre un café, au cas où le petit restaurant à côté de la gare soit fermé à 6:30. Nous nous sommes assurés d’avoir suffisamment d’euros pour acheter notre billet directement au chauffeur de train. Nous avons bien fait car effectivement quand nous arrivons tout est fermé, il fait encore noir et pendant un instant nous nous demandons s’il y a du service.

Nous entrons par une porte grillagée à l’extérieur et Andrew attend pour s’assurer qu’on entre bien dans ce train, sinon nous n’aurons aucun moyen de nous communiquer, nous n’avons pas de réseau téléphonique et il n’y a pas de Wi-Fi dans le coin. Quand le train vide apparaît, nous allons voir le chauffeur qui s’apprête à commencer sa journée de travail et nous vérifions avec lui qu’il se dirige bien au métro qui peut nous amener à l’aéroport, ce qu’il nous confirme. Nous achetons nos billets et saluons Andrew en lui rappelant qu’ils doivent tous être à la borne d’enregistrement d’Air Canada à l’aéroport de Lisbonne à 10:00, donc dans moins de quatre heures, si on calcule que le trajet prend environ deux heures et qu’ils doivent aller reporter la voiture, nous lui suggérons de réveiller les deux autres en arrivant au condo et de tranquillement se mettre en chemin.

Nous nous installons confortablement, nous sommes presque seuls dans notre wagon, je lutte entre l’envie de dormir et de rester éveiller pour regarder le soleil se lever, ce que j’adore faire, encore plus en voyage. D’un autre côté, j’ai toujours un peu la hantise que nous nous endormions tous les deux et qu’on manque notre arrêt, ce qui fait que tous les deux, sommes incapables de dormir. On dormira mieux dans l’avion au retour…si on embarque.


Le trajet est agréable, le paysage est magnifique avec ses maisons et ses arbres que nous frôlons presque au passage et quand le soleil se lève en illuminant le feuillage par derrière, on dirait que nos visages s’embrasent dans la fenêtre. Au bout d’un moment nous devons faire un transfert et après avoir acheté notre ticket à l’intérieur de la gare et vérifié où se trouve notre quai nous nous ruons à un comptoir pour un café. Comme au village, j’observe que les gens prennent leur café, la plupart du temps un Espresso, au comptoir, debout pour une courte pause, alors que nous Nord-Américains, le café est plus souvent qu’autrement servi dans des tasses plus grandes pour étirer le temps, prendre un café, suppose qu’on a du temps devant nous et on le prend assis. Sauf si on est très pressés et qu’on court pour aller travailler, à ce moment-là c’est juste pour combler un besoin de caféine rapide. Mais dans le cas présent au Portugal, le café ne semble pas être un breuvage que l’on prend autour d’une table à discuter. C’est surtout le vin qui a ce rôle-là.

En attendant sur le quai, j’observe les gens autour de moi et je tente discrètement d’identifier, comme je le fais toujours quand je voyage, les phénotypes (ensemble des traits observables) communs. J’essaie de reconnaître les origines lointaines, sont-elles plus négroïdes, arabes, espagnoles? C’est plus fort que moi, je le fais presque sans m’en rendre compte comme une seconde nature et au fond c’est logique pour une enfant adoptée qui a passé sa vie à trouver les ressemblances des autres avec leur famille. C’est devenu un réflexe naturel pour moi quand j’ai commencé à voyager. En Europe et du moment qu’on sort des grandes métropoles les phénotypes sont encore bien visibles alors qu’en Amérique du Nord, il me semble, c’est un peu plus compliqué à cause des très grandes vagues migratoires durant quatre cents ans sur lesquelles s’est construite l’Amérique. Si on n’avait pas tenté d’éliminer les Amérindiens ou de les isoler dans un coin et qu’on avait appris à vivre avec eux partout sur cet immense territoire, peut-être que les phénotypes seraient différents.

Durant le deuxième trajet, les wagons sont pleins, j’ai de quoi observer, mais nous restons vigilants pour ne pas manquer notre arrêt dans une vingtaine de minutes. Je me rends compte que nous aussi on se fait observer et y a de quoi, disons qu’on ne se fond pas tellement avec la population locale, surtout quand on parle. Sûrement qu’ils reconnaissent le français, mais comme beaucoup de Portugais jusqu’à maintenant, ils trouvent étrange notre accent.

Arrivés à destination, nous trouvons rapidement notre chemin et après avoir eu un peu de mal à comprendre le système pour acheter nos tickets de métro, nous nous dirigeons triomphant vers le quai en direction de l’aéroport. Jusqu’à maintenant tout va bien, nous devrions être à l’heure au point de rendez-vous, nous prions pour que nos amis y soient aussi, on craint les retards d’Andrew dont c’est une habitude de vie. On espère aussi avoir suffisamment de place parce que nous sommes enregistrés seulement qu’en standby pour l’instant. La seule chose que nous pouvons faire, quand nous serons ensemble, c’est d’aller porter nos bagages au comptoir, pour qu’ils soient pesés et étiquetés standby eux aussi, puis passer la sécurité et espérer très fort que la p’tite dame au quai d’embarquement nous appelle pour nous donner nos billets.

Nous arrivons au comptoir bagages il est presque 10:00, personne en vue. Nous désespérons un peu car, nous avons très faim et nous voulons prendre une bouchée quand nous aurons traversé la sécurité. À mesure que nous attendons, notre patience baisse d’un cran, notre inquiétude monte en flèche, Benoit qui voulait aussi passer acheter une bouteille de porto à son père à la boutique hors taxe abandonne l’idée, il n’aura jamais le temps. Il est 10:30 et toujours pas d’Andrew, de Luc ou de Cloé, on trépigne d’impatience car nous ignorons combien sera long le processus de la sécurité et ce qui se trouve derrière la sécurité, un tout petit corridor vers les quais d’embarquements ou des dédales dignes des labyrinthes les plus complexes. Benoit se dit qu’il n’attend pas plus que 10-15 minutes, après cela, ils se débrouilleront, ce sont des adultes, ils n’avaient qu’à être là à l’heure. Les voilà qui arrivent Andrew est en bermudas alors que la politique d’employés pour les billets n’a guère changé depuis une semaine. Benoit bouille, moi aussi, Benoit envoie Andrew se changer à la salle de bain derrière, pendant que nous apportons les bagages au comptoir en maugréant de plus belle. L’employé qui voit l’épée oubliée par Béné et ramenée par Cloé, dépasser du sac, lui dit qu’elle doit la faire emballer au kiosque derrière et comme elle n’a plus un sou, Ben lui avance. On a presqu’envie de pleurer devant ses précieuses minutes qui s’écoulent beaucoup trop vite pour nous. Quand tous les bagages sont partis sur le tapis roulant, on se rue en trombe pour passer la sécurité, il ne reste même pas une heure avant le décollage alors qu’on doit être au quai quand l’embarquement commence pour se faire attribuer nos billets. La ligne nous paraît interminable et Ben ne décolère plus, moi non plus je dois dire, si on manque ce vol ça va être l’enfer, le prochain n’est que demain. Et s’il y a suffisamment de place mais qu’on le manque à cause du retard d’Andrew, j’ai comme l’impression qu’il y en a un qui va se faire tellement engueuler!

Benoit commence à avertir tout le monde de se faire à l’idée que notre embarquement relève quasiment du miracle, quand un couloir supplémentaire s’ouvre, j’ai presqu’envie de crier Alléluia!  Et on passe en moins de cinq minutes, y a de l’espoir! Cloé est retenue à cause d’une paire de ciseau oubliée dans un de ses sacs CLOÉ! Par chance, ce sont des petits ciseaux inoffensifs, elle les récupère et passe ensuite rapidement. L’embarquement est commencé, mais nous ne sommes pas rendus encore, on croise Béné et Laurie, dont le vol plus tôt ce matin a été retardé, elles ont été dédommagées avec des coupons pour manger au restaurant, c’est l’avantage quand tu es client régulier. Mais là on a pas beaucoup de temps devant nous faut se grouiller, comme on prend notre élan pour repartir, on voit Andrew entrer dans un hors taxe, Ben lui dit qu’il ne l’attend pas, nous courrons, non nous volons jusqu’au quai, juste à temps car ils ont pratiquement terminé l’embarquement et nous apprenons au comptoir qu’ils nous ont appelés plus tôt, Andrew arrive sur l’entrefaite avec sa bouteille de porto que Ben a bien envie de lui prendre des mains, lui qui n’a pu en acheter une à cause de son retard, un retard attribué au fait qu’il a décidé de s’arrêter en chemin pour MANGER alors que nous crevons de faim. On est tous assis ensemble dans le fond de l’avion, les agentes sont heureusement super gentilles avec nous et comme c’est un vol Rouge nous n’avons pas d’écran devant nous, elles nous prêtent gentiment des tablettes. Nous sommes partagés entre le soulagement d’être sur le vol, le stress qui tombe, la colère et la certitude de ne plus vouloir embarquer des invités quand on vole, c’est définitivement trop de stress.

Tellement de stress, qu’après un sept heures d’avion je n’ai pas envie de raconter notre transition à Toronto où je me suis engueulée avec une employée effrontée, et qui évidemment ne voulait absolument pas parler en français, la conclusion étant que j’ai déposé une plainte à l’aéroport et aux langues officielles. Fin 

Pour du monde qui était supposé rien faire après le tournoi….

  

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