C’est tout en joie que nous retournons
vers notre campement où il y a beaucoup d’animation, étant juste à côté du
passage principal qui mène aux groupes de tentes, plusieurs s’arrêtent en
chemin pour venir féliciter la championne. Les Belges, nos proches voisins et
amis, partagent notre bonheur avec nous. Quand Béné réussit enfin à se changer,
nous décidons, Amélie, elle et moi d’aller manger une bouchée sous la tente de
Saladin. Comme par hasard, il y a une bière au menu exprès pour notre
championne qui porte son nom : la Benedicte.
Le soleil est sorti finalement en
après-midi, mais on voit poindre au loin de gros nuages gris foncé et j’ai
l’impression, si je me fie à la force du vent, qu’ils amènent des averses assez
rapidement. Je laisse les filles et vais rejoindre mon chum qui a fini sa tâche
d’arbitrage. Nous descendons au campement et sur le chemin nous croisons
plusieurs combattants qui s’en vont participer au «All vs All». Traditionnellement à la fin du tournoi, ce combat épique hors concours qui
réunit tous les participants volontaires départagés en deux groupes, a lieu cette
année à chaque fin de journée. C’est un spectacle très enlevant pour les
spectateurs et je crois que ça un effet bénéfique sur les combattants.
Lorsque nous arrivons à notre tente, il
commence à pleuvoir, puis grêler violemment, nous nous retrouvons tous sous
l’auvent des Belges, partageant avec eux le peu d’espace intact, je pense que
nous n’avons jamais été aussi intime avec eux! Durant les quelques minutes que
dure cette spectaculaire trombe, nous nous demandons comment ça se passe dans
la lice, nous imaginons tout le paquet d’hommes et de ferraille s’agglutiner
sous le chapiteau qui bien que grand, ne peut contenir tout ce beau monde qui
forcément, s’est fait surprendre brusquement.
Quand tout s’arrête, aussi soudainement
que ça a commencé, le sol est jonché encore de petites boules de glace et
surtout la terre est submergée d’eau, les bas de robe et de cape vont être
trempés et pleins de boue avant qu’on soit rendus à notre hôtel. La circulation
reprend et on voit plusieurs combattants redescendre avec leur armure, nous
apprenons que le combat a eu lieu sous la pluie et la grêle, le ciel était tout
noir, c’était magnifique nous a-t-on dit. Effectivement ça devait être un
spectacle grandiose! J’imagine tout le travail qui les attend, pour essuyer les
pièces d’acier pour éviter qu’elles ne rouillent et surtout tenter de faire
sécher les gambisons qui ne seront pas secs demain matin, c'est impossible! Mais ils
ont l’air heureux comme des gamins, ils viennent de vivre un moment
inoubliable, c’est ce qui compte.
Est-ce l’attrait pour le risque ou la
trop grande fatigue à l’idée de chercher où nous mangerons ce soir qui nous
réunit un peu plus tard dans la salle à manger de l’hôtel? Je pense que c’est surtout parce que nous
mourrons de faim, nous avons envie d’être ensemble et dans nos vêtements mous
au chaud et au sec. Le menu est simple et très abordable et la bière vient
d’amblée avec les plats de schnitzels que nous commandons, Ben, Amélie, Béné,
Yan Vez et moi, tous assis à la même table. J’observe encore, j’y peux rien
c’est plus fort que moi, les décorations tout autour de moi. Quand les plats
arrivent, on constate avec bonheur que contrairement au buffet, la nourriture
est simple et savoureuse. Nous mangeons avec appétit sans trop nous attarder,
puis nous filons vers nos chambres et l’extension commune, le couloir, où
certains s’installent avec leur ordi ou leur téléphone.
Demain Béné, qui se bat dans la
catégorie épée et bouclier ne tarde pas à aller se coucher, Ben et moi
l’imitons peu après. Avant de me coucher j’étends sur un cintre les vêtements
humides et je compatis pour ceux qui dorment actuellement dans leur tente,
entourés de vêtements mouillés et froids. J’espère qu’il y avait quelqu’un assez
téméraire pour filmer ou prendre des photos …
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