mardi 6 juin 2017

Portugal mai 2016

 
Reflet pensif, photo prise à partir de mon siège dans le train, en voulant photographier dehors

En pyjama sur mon lit, mes bagages terminés à côté de moi, j’écoute l’oiseau qui chante à ma fenêtre me rappelant qu’on s’envole nous aussi ce soir. Mon chum qui tente de tout faire entrer (armures, vêtements et autres) dans ses sacs est en phase TDAH à fond, c’est très divertissant! Je ne peux m’empêcher de trouver ce genre de situation très ironique et parfois cocasse, quand il a du mal à gérer des trucs super anodins du quotidien tout en étant super performant comme il l’a été ces derniers mois, en tant que vice-président en organisant un tournoi où sont attendues environ 50 000 personnes et où évolueront plusieurs centaines de participants. Le petit appart dans lequel nous avons aménagé le mois dernier a été une vraie fourmilière pour la confection de costumes et la réorganisation de nos vies. Avec nos deux ordinateurs ouverts à longueur de journée, nous avons établi un véritable réseau en communication constante avec les autres membres du Présidium, le board des capitaines des autres équipes dans le monde, avec Nuno au Portugal, avec AirBNB pour trouver des condos pour notre équipe, avec les compagnies de location de voiture, avec la fédération ici, avec les marchands qui seront sur place, avec différentes agences de presse et j’en oublie!

Pas étonnant qu’il ait toujours autant de problème avec sa digestion, d’ailleurs nous croyons de plus en plus qu’il fait partie de ces gens qui ont le côlon irritable et les probiotiques super puissants ne font plus tellement effet, mais pour le moment Benoit met le problème de côté en se promettant de s’y mettre sérieusement à notre retour. Il n’a pas tellement le choix, il est toujours fatigué et son corps manque sérieusement de nutriment à force de ne pas digérer certains aliments essentiels. Il est très inconfortable dans son corps après tous les repas, tant et si bien qu’il en vient à avoir peur de manger. S’il ne fait rien en revenant c’est moi qui vais le trainer de force chez le médecin (j’ignore encore comment je vais m’y prendre, je trouverai bien).

Andrew, Cloé et Luc embarquent sur les billets de Ben, ça le stresse un peu car c’est plus difficile d’obtenir cinq places en standby. Toutefois, nous atterrissons à Paris, et nous prendrons ensuite un vol Paris-Porto, Paris étant une destination plus populaire, il y a donc plus de vols et plus de places pour nous à partir de Montréal. Nous nous retrouvons tous les cinq, trois heures à l’avance pour l’enregistrement de nos bagages, puis allons manger un peu au Burger King, conscients que notre prochain repas dans l’avion est encore loin. C’est un autre des aspects des billets de Benoit, comme il y a souvent des surprises inattendues, nous et nos invités devons être sur place quelques heures à l’avance pour qu’il puisse bénéficier d’un laps de temps raisonnable pour trouver une solution si nous n’embarquons pas, comme prendre un autre chemin.

Lorsque nous passons la sécurité, l’agent demande à Cloé d’ouvrir son sac, et c’est là qu’elle trouve une grosse paire de «cutters» à métal qu’elle croyait avoir perdue, étonnamment l’agent finit par la laisser passer…avec ses ciseaux. D’ailleurs en quittant la sécurité elle rigole un peu en nous rappelant le danger que pourrait représenter cet outil, des mains malveillantes pourrait couper la carotide de quelqu’un en un rien de temps, Benoit la supplie de se taire, question qu’aucun agent ne regrette finalement sa décision.

Pour le moment tout semble aller bien pour nous, Benoit jette un coup d’œil fréquent aux vols à partir de son compte, il reste encore de la place. Nous craignons parfois que des employés comme lui s’enregistrent à la dernière minute, et dans le cas où ils ont plus d’ancienneté, ils passent devant nous, ça arrive parfois et c’est très frustrant. Comme nous sommes cinq, la menace est d’autant plus grande de ne pas pouvoir tous embarquer, mais finalement la chance nous sourit.

Après un vol de six heures sans histoire, nous atterrissons à Charles de Gaules et c’est un peu la course pour passer les douanes et récupérer nos bagages, car nous devons nous rendre à l’aéroport d’Orly pour prendre notre vol pour Porto. Comme toujours la récupération des bagages prend une éternité dans cet aéroport, c’est donc en catastrophe que nous quittons en taxi. Les travaux sur la route et les embouteillages risquent de nous faire rater notre vol, le chauffeur nous assure qu’il fait du mieux qu’il peut et nous dépose juste devant notre porte. Notre vol est sur le point de commencer l’embarquement, nous avons environ 45 minutes pour enregistrer nos bagages, passer la sécurité et présenter notre billet acheté et imprimé il y a quelques semaines. Je cours au-devant du groupe pour avertir l’agent au comptoir que nous sommes en retard et que nous risquons de manquer notre vol, pendant que tout le monde ramasse la tonne de bagages, grosso modo une dizaine de grosses valises et de gros sacs de sport, plus nos bagages de cabine. J’entre en courant comme une demeurée et passe directement au travers des allées, normalement pleine de gens en ligne, mais actuellement vides puisque les passagers sont sur le point d’embarquer dans l’avion. J’arrive au comptoir, essoufflée et pousse un peu la note du dramatique pour forcer l’indulgence et explique en «fran-glais» (ne sachant quelle langue utiliser) à l’agente portugaise que nous sommes en retard. Un agent de sécurité se rue sur moi comme si j’avais déposé un bâton de dynamite sur le comptoir pour me faire comprendre qu’on ne passe JAMAIS directement au travers des cordes et des allées! Je dois avoir quelque chose qui attire la pitié dans mon regard implorant, car il devient ensuite un peu plus conciliant. La dame au comptoir ne semble pas alarmée outre-mesure et commence à prendre les bagages après que nous lui présentions nos cartes d’embarquement et notre passeport. Sa lenteur me fait encore plus paniquer, j’ai pas une patience d’ange déjà en temps normal, je piétine et tente de garder mon calme. Benoit me dit que normalement si nous n’avions pas le temps de nous rendre à la porte, elle n’enregistrerait pas nos bagages, n’empêche, je ne miserais pas là-dessus.

Ce qu’il y a de bien avec les aéroports plus petits, c’est que nous avons moins long à courir pour arriver à la sécurité qui est pratiquement vide et ensuite moins long à courir pour arriver à la porte pour embarquer quelques minutes avant le décollage. OUF! Aucun de nous n’est assez riche pour se payer le luxe de manquer son avion et être obligé de se racheter un billet. Sur ce vol, comme nous sommes des clients réguliers, nous avions la possibilité de choisir notre place, nous avons payé un supplément pour être tous assis ensemble dans la rangée du devant et ainsi avoir plus d’espace pour ceux qui ont des grandes jambes (je n’en fais pas partie ). Nous avions aussi payé pour avoir un petit snack, mais nous ne l’avons jamais eu finalement. Ils ont dit que c’était une erreur et que la compagnie aérienne nous rembourserait la vingtaine de dollars supplémentaires que ça représentait (que nous n’avons jamais eu non plus). On dit « qui dort, dîne » et c’est ce que la plupart d’entre nous faisons jusqu’à ce que nous arrivions à Porto.

À notre arrivée, nous passons rapidement les douanes et récupérons nos bagages, sauf un des sacs de Cloé qui n’y est pas. Nous allons au comptoir où un agent prend l’adresse de notre condo et nous assure que le sac arrivera sur le prochain vol et sera livré dans les plus brefs délais. On l’espère bien car c’est son armure et elle combat la première journée du tournoi, le surlendemain. Nous allons ensuite aux informations pour savoir où nous pouvons aller acheter un forfait pour le cellulaire d’Andrew et où se trouve notre compagnie de location de voiture avec qui nous avons loué une voiture. La personne au comptoir a un peu de mal à comprendre l’anglais mais comprend bien le français, elle nous donne un service à la clientèle efficace et souriant, ça commence bien notre séjour.

Nous prenons une navette fournie par la compagnie pour nous rendre au bureau et prendre possession de notre voiture de location. Au comptoir, nous apprenons que ça nous coûte beaucoup plus cher et que le montant qui est normalement gelé sur la carte de crédit est exorbitant, tellement, que nous devons prendre deux cartes et faire des pieds et des mains pour prendre enfin notre véhicule. Nous avions choisi un véhicule pour sept passagers avec bagages, comme nous avons beaucoup de valises et de sacs, mais que nous sommes cinq, nous étions confiants que nous aurions suffisamment de place, quoiqu’un peu serrés, mais bon. Nous avons oublié une règle élémentaire, en Europe, les véhicules sont souvent plus petits, résultats, si nous voulons mettre tous les bagages, ça ne laisse que l’espace pour trois passagers. Nous décidons moi et Ben de prendre le train, nous sommes fatigués, nous voulons être un peu seuls et puis nous avons envie de faire cette expérience. Tandis que les trois autres partent sur la route pour se rendre au condo qui est à une heure de là à Figueira da foz, petite ville pittoresque à quinze minutes de Montemor, lieu du tournoi.
 
À une gare, ça avait quelque chose de...western.


Pour moi et Ben, c’est passablement plus long, puisque nous devons reprendre la navette pour nous rendre aux portes d’entrée de l’aéroport, de là, descendre à la gare après avoir acheté notre billet de train. Nous devrons faire un transfert à mi-chemin, ce qui fait que nous devrons demeurer éveillés pour rester attentif car tout est écrit en portugais. Notre trajet dure environ deux heures et scrutons tous les panneaux à l’entrée de chaque gare, l’affiche du trajet dans le train et notre billet, jusqu’à ce que nous reconnaitrions les noms de nos arrêts. Quand nous sortons finalement du train, nous sommes exténués, affamés et cherchons Andrew qui doit venir nous récupérer à la gare de Figueira da foz. J’ai un peu mal au cœur d’avoir l’estomac vide et parce que c’est beaucoup de déplacements (avion, navette, train…) quand on souffre occasionnellement du mal des transports comme moi.

Au bout d’une quinzaine de minutes, Andrew, Luc et Cloé arrivent et nous cherchons attentivement un restaurant. Nous roulons en voiture dans les alentours, car il n’y en pas vraiment autour de la gare, mis à part un petit café.  En jetant un œil aux devantures des établissements, nous arrivons à comprendre si c’est un lieu où l’on sert à manger et vaguement ce qui est servi comme repas, première observation, beaucoup de poisson, de pieuvre et de calmars. Par dépit nous en choisissons un qui semble encore ouvert et assez achalandé, c’est toujours un bon signe. Quand nous passons la porte, un couple nous accueille chaleureusement avec un « Aye Benoit! », je mets quelques secondes à les reconnaître, les parents de Brendan! Ces gens si enthousiastes qui encourageaient tout le monde lors du tournoi à Galway, ce sont bien les dernières personnes que je me serais attendue à rencontrer ici au Portugal et surtout dans ce restaurant! Mais à vrai dire, ce n’est guère étonnant puisqu’ils sont venus passer des vacances dans le coin et par la même occasion encourager leur fils qui participe au tournoi qui n’est d’ailleurs pas arrivé encore.  


Nous sommes ravis sachant que nous les reverrons durant le tournoi, nous nous quittons sur le pas de la porte, eux s’en retournant à leur condo, nous pour s’attabler au fond de la pièce. Après un repas arrosé d’une bière locale, nous retournons rapidement à notre condo retrouver le reste des Québécois, pour se doucher et… dormir!   
Debout sur une butte, notre condo

Debout sur la même butte, l'océan.
  

Aucun commentaire:

Publier un commentaire