mercredi 31 octobre 2018

Deuxième fois plutôt qu'une/ L'Assemblée générale IMCF

Entre deux vols à Paris



Déjà novembre! Ces derniers mois ont passé si vite! Nous prenons l’avion ce soir pour nous rendre en Écosse où a lieu l’assemblée générale de l’IMCF. Nous avons un peu jonglé avec l’option de faire le voyage à deux car la saison morte est commencée donc nous ne volons plus directement en Écosse, nous devons prendre un vol pour Paris et ensuite un autre pour Glasgow. Bien que notre billet pour Paris soit vraiment bon marché, nous devons payer le deuxième au prix régulier, à deux ça finit par coûter cher quand l’on fait plusieurs voyages par année.

Cependant, je viens de finir un gros contrat qui allège considérablement nos finances. Par ailleurs, notre représentant du Québec, David, ne peut faire le voyage car la fédération n’a pas les moyens de payer ses frais d’avion et d’hôtel cette année. Benoit dont le mandat de vice-président arrive à échéance avec l’assemblée, craint de ne pas se faire réélire, même si nous sommes conscients que ce serait un suicide pour l’IMCF, il s’est rendu indispensable ces deux dernières années. Bien sûr, tout le monde le sait, mais ce qu’il craint c’est que quelqu’un se présente, malheureusement il y a trop souvent des gens attirés par les postes importants mais qui ne font pas les tâches qui y sont rattachées. Comme Benoit est présent partout, il s’occupe de plusieurs dossiers (je pense qu’à ce moment-ci tout le monde de la fédération sait qui il est.) ça peut attirer des membres en quête de popularité. Comme ce sont les capitaines d’équipe et les représentants de chaque pays membre qui doivent voter sur cette décision, les qualifications pour le poste sont parfois éclipsées au profit d’obscures raisons politiques.

J’ai beau lui dire que c’est impossible qu’il ne soit pas réélu, vu la tonne de travail à faire et surtout que le dossier de l’Écosse est entièrement son bébé de A à Z. N’empêche, et si ça arrive? Il est bien décidé, il quitterait complètement l’IMCF, car il en serait dégoûté. Bon déjà, on demande à la FQCM de m’accorder un statut temporaire de représentant pour que le Québec puisse voter sur cette décision. Néanmoins, pour qu’un vote puisse se faire il doit y avoir quorum et nous ne sommes même pas certain que nous l’aurons. Plusieurs pays n’y seront pas pour des raisons de disponibilité ou financière, le sport n’étant qu’à ses balbutiements, les associations et les fédérations ne sont pas soutenues par leur gouvernement ou par des commanditaires. Si notre FQCM est représentée à l’assemblée cette année c’est uniquement à nos frais, une chance que Benoit a ses billets à prix réduit.

Depuis notre retour d’Écosse en juillet dernier, nous n’avons pas vu passer les semaines, d’abord août, occupés à poursuivre notre aménagement dans le nouvel appart et les entraînements de Benoit dans les parcs avec son club élargi par l’arrivée de nouveaux membres, dont Christine. Lorsqu’ils s’entraînent à l’extérieur, il y a toujours des curieux et curieuses, le cellulaire en main, pour filmer, on en profite pour expliquer ce sport aux gens. Au début j’étais certaine que les gens paniqueraient et préviendraient la police, mais étonnamment non, laissant même leurs enfants s’approcher à une distance respectable. Faut dire que la génération des jeunes parents à l’heure actuelle, est beaucoup plus familière avec le GN, les jeux vidéo et connaissent tous quelqu’un qui est de près ou de loin dans le milieu médiéval au Québec. D’emblée, ils ont une certaine ouverture d’esprit par rapport à ce que l’on fait. Je ne suis pas toujours présente, quand c’est la canicule, je préfère mon air climatisé pendant que je travaille dans mon atelier. Comme une bonne partie de ma clientèle participe à Bicolline la troisième semaine du mois d’août, je suis toujours un peu débordée jusque là par des contrats dernière minute.


Septembre fut l’occasion pour moi de faire un voyage en France avec ma mère et ma fille, un voyage extraordinaire! Normalement en septembre nous aurions dû, Benoit et moi, retourner en Irlande pour le tournoi annuel de Claregalway, mais nos finances ne pouvaient pas supporter deux voyages en un mois. Ça faisait plusieurs mois que nous en parlions moi et ma mère dont l’amie française nous offrait gratuitement son airbnb pour la semaine et sachant que Karelle finissait ses tournages en mi-septembre, nous avons organisé tout ça à la dernière minute. Bien sûr, ça aurait été fantastique de retourner en Irlande, mais comme nous y sommes allés déjà deux fois, on se dit avec philosophie que nous y retournerons l’an prochain.

Octobre nous a apporté une bien triste nouvelle pour la famille de l’IMCF : le décès de Nuno, le capitaine de l’équipe portugaise, celui-là même qui a organisé le championnat au Portugal en étroite collaboration avec Benoit, il y a un an et demi. La nouvelle prend tout le monde par surprise et à voir l’ampleur de la vague de sympathie qui déferle sur Facebook envers Isabel sa conjointe, on réalise la solidarité qui unit les membres. C’est triste que ce soit dans de telles circonstances que l’on en prend conscience.

Nuno et sa douce Isabel


Et finalement, c’est en octobre qu’a eu lieu l’Assemblée générale de la FQCM où Benoit a été élu comme cinquième membre du CA et les qualifications, qui à mon avis suscitent trop de chicanes et de compétition malsaine entre les combattant(e)s alors qu’au contraire, ce qui manque à ces membres c’est un réel esprit de solidarité. Jusqu’à maintenant, je n’en ai pas vu beaucoup.

C’est la première fois que j’assisterai à l’Assemblée générale de l’IMCF, c’est aussi la première fois que je voyage aussi léger dans le cadre du béhourd, car cette fois-ci, il n’y a pas de tournoi. Pas d’armure, d’arme et de costume, juste un sac et une valise de cabine, wow! Christine nous offre de nous conduire à l’aéroport puisqu’elle va justement chercher son papa, ce que nous acceptons volontiers, on sauve des sous et du temps. Merci Christine!

Une fois à l’aéroport, nous allons à la borne d’enregistrement et nous avons déjà nos places, ce qui nous indique que le vol ne sera pas trop plein, super! Direction Paris, puis Glasgow!

Le vol est sans histoire, nous dormons presque tout le vol, et comme nous avons quelques heures avant notre deuxième vol, nous cherchons un endroit pas trop cher pour manger un peu plus solidement qu’un croissant et café. C’est une différence d’avec les Irlandais et les Écossais qui déjeunent sensiblement comme nous : œufs, saucisses, bacon, rôties, etc. À Paris, c’est plus de la baguette, croissant, fromage et confiture. On aboutit au McDo parce qu’on peut bouffer des œufs pas trop chers. On a suffisamment le temps de manger, de se prendre en photo, heureux, tout rafraîchis, sans stress et de nous rendre à notre terminal avec un peu d’avance.
 
 Dès que nous sortons de l’avion en début d’après-midi, Scott est déjà là qui nous attend, c’est lui qui a été mandaté pour venir nous chercher, nous logeons chez Louise. En fait, c’est une superbe grosse maison que louent Louise, Jacob, J-P et Joshua à Bankfoot pas très loin de Perth. En plus de Scott, nous sommes quatre invités, moi, Ben, Hubert qui arrive ce soir et Brendan représentant d’Irlande qui arrive vendredi. Les trois autres membres du CA, Caitlin, Jaye et Julia logent à l’hôtel. Les raisons pour lesquelles nous bénéficions tous les quatre, de cet accueil chez « l’habitant », c’est qu’avec le tournoi de juillet, nous avons suffisamment fraternisé pour être considérés comme des amis. Mais en plus, en ce qui concerne Benoit, c’est qu’il va devoir travailler pendant six mois en étroite collaboration avec Louise et Jacob via la magie d’Internet. Ces derniers sont d’une certaine façon l’extension physique de Benoit et c’est une bonne chose de se rencontrer en vrai de temps en temps, ces prochains jours, ils auront du temps pour discuter de vives voix.

Depuis quelques semaines, Sara a été remplacée par Stephen qui semble plus motivée que sa prédécesseure, il est en contact avec Louise qui est la relationniste entre lui (voix administrative du palais), Ben et la SKL(Scotland knight leage). Bien sûr il y aura régulièrement échange de courriels et de coups de fils hebdomadaires entre Stephen et Ben, mais c’est surtout avec Louise qu’il va travailler. Cette dernière n’est pas limitée aux heures de bureau comme c’est le cas avec Stephen, même chose pour Jacob, ce qui fait que parfois, ils échangent avec Benoit en soirée alors qu’eux sont au beau milieu de la nuit. J’ai aussi fini par m’habituer d’entendre les « pings » des alertes sur Facebook au beau milieu de la nuit, sachant qu’eux sont probablement en train de déjeuner avant d’aller à leur « vrai » travail. Comme Ben, ces tâches qui concernent la préparation du tournoi annuel ne sont pas rémunérées, c’est du bénévolat qui prend autant d’énergie que leur travail officiel. Ces deux assistants sont autant motivés et travaillants que Ben, ce qui le rend vraiment heureux…et moi aussi. Il peut ainsi déléguer un peu et être assuré que les tâches seront faites, ce qui est une chose très rare habituellement. Il a, depuis deux ans, continué des tâches inachevées ou repris du travail bâclé et trop souvent il a dû s’occuper de dossiers qui ne lui appartenaient pas tout simplement parce que ceux-ci n’avançaient pas. Je sais pertinemment qu’à mesure qu’on se rapprochera de l’échéance, il sera davantage happé par le tourbillon IMCF. Oui je pense que notre couple peut survivre à cet ouragan qui approche, mais pour cela, je dois m’impliquer et suivre de près pour comprendre pourquoi mon homme est si occupé. C’est pourquoi nous avons un bureau avec nos deux ordinateurs, on travaille face à face et on vit ça ensemble.

Jacob a la charge d’ouvrir un compte pour l’IMCF pour que les avoirs de la fédération soient disponibles en Écosse, lorsqu’il y a des coûts divers. C’est lui aussi qui s’occupera de la marchandise, comme les t-shirts par exemple et tout ce qui touche la budgétisation sur place. Lui et Louise accompagneront Scott, le capitaine de l’équipe, à l’assemblée générale au palais.

Vue à partir de ma fenêtre de chambre, je sais elle est vraiment sombre...


La maison qu’ils ont louée est immense, auparavant Louise habitait aux îles d’Aran et Jacob aux îles Shetland, ils ont voulu se rapprocher de Perth pour pouvoir être près de Scone palace, sachant qu’ils devront y aller régulièrement. Louise nous prête sa superbe chambre avec salle de bain, nous sommes encore mieux que si nous étions à l’hôtel. Après avoir déposé nos maigres bagages au pied du lit, nous redescendons pour aller avec Scott à l’épicerie. Même si la bouffe c’est chacun pour soi, nous voulons faire un repas et un dessert pour le groupe pour les remercier de nous accueillir et parce que nous voulons leur faire découvrir un p’tit peu de chez-nous. J’envisage donc de faire un gros pâté chinois et un gâteau aux carottes, je le ferai demain pour qu’Hubert et Brendan en profitent aussi.

Nous sommes étonnés des prix, nous avions toujours cru qu’en Écosse ça coûterait très cher pour le coup de la vie en général, en tout cas pour ce qui est de la nourriture achetée à l’épicerie c’est raisonnable, sensiblement comme chez-nous, parfois même moins cher. Il y a aussi pas mal de produits écossais ou anglais, j’en suis ravie, j’encourage ça, donc j’achète du bœuf et des produits laitiers écossais, le fromage cheddar, le meilleur jusqu’à maintenant et moins cher que chez-nous. Ils ont aussi plusieurs choix de bières et de cidres, ce qui arrange Benoit, et les prix sont comparables avec ceux du Québec. On achète tout ce dont nous avons besoin pour notre souper de groupe demain soir, de quoi déjeuner pour quatre matins, un poulet rôti, des frites au four et une salade prête-à-manger pour ce soir, beaucoup de fromage, quelques bouteilles de bières et de cidre et ça nous coûte 47£ (livres) environ 80$ vraiment très abordable. Ce genre de détail est considérable pour les combattants qui viendront en mai, comme le prix des hôtels, des airbnb, du transport sur place, etc. Ainsi, ceux qui pourront se déplacer pendant le tournoi, peuvent se ravitailler à l’épicerie à un prix raisonnable.

L'apéro!


C’est après nous être rassasiés, qu’Hubert arrive tout sourire, visiblement heureux de nous retrouver, il est accueilli dans la bonne humeur et la chaleur amicale. Voyant que quelques bouteilles de bière, de cidre et d’hydromel parsèment l’îlot qui nous sert de table, il sort ses bouteilles de vodka polonaise aromatisée Soplica, mes papilles gustatives se souviennent avec bonheur de la bouteille aux cerises qu’il avait offert en cadeau à Benoit. Cette fois-ci il a apporté quelques-unes, dont aux cerises et aux noisettes, quand je vois les yeux allumés de tous, je ne crois pas qu’elles survivent jusqu’à demain. Nous continuons de trinquer ainsi à l’amitié et à notre tournoi qui commence à prendre forme, nous devrions repartir avec le contrat cette fois, Stephen l’a confirmé. Peut-être demain, lors du petit meeting auquel il a convié le président et le vice-président, une rencontre avant l’assemblée générale du samedi.





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