mercredi 18 juillet 2018

Jour 4: VICTOIRE!






Les techniciens de son ont eu la bonne idée de trouver une intro musicale très appropriée pour notre tournoi, toute en trompette glorieuse et sans repère historique précis, elle cadre bien avec l’époque qu’on représente. Cette courte mélodie ouvre et ferme les journées de tournoi. Si ma mémoire est bonne c’est la première fois qu’il y a une musique d'intro qui annonce que les combats vont bientôt commencer. Et ce qui est bien, c’est que ça joue fort, ainsi ça prévient les retardataires qui traînent au Centre sportif ou qui cuvent leur vin quelque part dans une tente. Y en a quelques-uns qui ont fêté un peu hier parmi ceux et celles qui ont fini tous leurs combats. L’Ost du Québec s’est tenue tranquille par souci de solidarité pour nos filles qui font les finales aujourd’hui. Nous serons de tout cœur avec elles.

Cette dernière journée commence avec du 16 contre 16, puis se poursuivra avec les finales de toutes les catégories d’équipe. Les journées ensoleillées et sans pluie que nous avons eu apportent un inconvénient : le sol de l’aire de combat est très poussiéreux. C’est particulièrement vrai pour ces grosses équipes qui remuent beaucoup de sable. La visibilité s’en trouve un peu diminuée. J’imagine que ça doit rendre le travail un peu plus ardu pour les arbitres et les commentateurs. On en a pour un moment car, on poursuit avec les finales des grosses équipes de 16 et de 10, mais comme il y a moins d’équipe dans ces catégories c’est moins long que le reste.

En fin d’avant-midi, les filles sont motivées et prêtes, elles prennent place dans la lice, et attendent…attendent et attendent les Polonaises. Il se passe un bon gros cinq minutes d’attente entre le moment où elles sont annoncées et celui où elles apparaissent. Vous me direz que cinq minutes c’est pas si terrible, mais quand on est plantée au soleil, recouverte d’une lourde armure, avec un casque qui limite l’entrée d’oxygène, c’est une éternité. Je ne suis pas une spécialiste mais il me semble que dans n’importe quel sport, se laisser attendre aussi longtemps est passible de disqualification peu importe la raison. Notre sport est jeune et il reste encore des règles à écrire je crois bien. Parce que faire poiroter l’autre équipe ainsi c’est se donner un certain avantage mais c'est antisportif et ennuyant pour la foule de spectateurs. 

Cependant, ça ne semble pas affecter les Québécoises quand elles s’élancent enfin contre leurs adversaires, Cloé fonce la première, chacune se trouve une adversaire. Béné fait tomber la sienne en premier et va aider ses coéquipières. Elle vient aider Cloé pour mettre au sol sa Polonaise qui semblait ne pas apprécier la masse de Cloé. Ne reste que la combattante de Christine, l’arbitre arrête le combat, les trois filles gagnent le premier round.

Deuxième round, Gab remplace Christine, les trois avancent sur l’équipe polonaise avec assurance, chacune repérant une adversaire, Cloé frappe et fait tomber la sienne en quelques secondes, quand elle tente de rejoindre ses coéquipières, l’arbitre lui demande de mettre un genou par terre, car elle a frappé au cou de façon illégale. Béné et Gab luttent contre les deux autres, Gab échappe son arme et court s’en chercher une autre à l’autre bout de la lice, car c’est obligatoire d’avoir une arme pendant le combat. Pendant ce temps, Béné lutte seule contre les deux restantes, Gab revient, reprend le combat et fait tomber son adversaire, aide Béné avec la sienne. Béné finit par tomber avec la dernière Polonaise, les filles gagnent en deux rounds contre la Pologne! Les Polonaises semblent en colère et non disponibles pour l’accolades, nos filles n’en saluent pas moins la foule.

Maintenant elles savent qu'au prochain tour, elles gagneront soit l'argent soit l'or. Les finales se poursuivent avec les Finlandaises contre les Ukrainiennes, la gagnante croisera le fer avec les Québécoises. Durant ce temps, les Polonaises se sont plaintes et demandent de refaire le deuxième round, j'ignore pourquoi, mais les arbitres l'accordent.

On refait donc le deuxième round à deux contre deux, Béné et Gab contre deux Polonaises, s'il y a eu une faute c'est dans la deuxième partie du round quand Cloé était au sol. Béné tombe avec son adversaire, Gab et la sienne luttent longtemps, les deux semblent s’épuiser, au bout d’un gros cinq minutes elles tombent toutes les deux, ce qui les oblige à faire un troisième round. Christine vient remplacer Gab qui est un peu épuisée par sa lutte interminable, donc Christine, Cloé et Béné sont rapidement encastrées dans la clôture avec leurs rivales. Les combats stagnent encore un peu dans la lice, dieu que c’est ennuyant à la longue. Faudrait vraiment faire comme dans les combats de MMA et décoller les combattants du bord de la lice au bout d’un certain temps. Béné fait tomber la sienne et va aider Christine avec la sienne, Cloé aussi. Comme elle semble un peu en difficulté, Christine lâche la sienne et vient l’aider. Béné tombe avec la deuxième. Finalement Christine et Cloé font tomber la troisième. Donc elles gagnent pour une seconde fois, personne ne peut nier maintenant qu’elles ont gagné. Elles s’en vont en finale contre les Ukrainiennes, la Pologne et la Finlande vont se disputer le bronze.

Les filles ont droit à une courte pause pendant que la Pologne affronte la Finlande. Elles commencent à être peu fatiguées mais je suis étonnée tout de même qu’elles tiennent bien le coup encore, faut dire que ça commence à être excitant, elles approchent de l’or. C’est le prochain combat, leur dernier, qui sera déterminant, avec des concurrentes très fortes : les Ukrainiennes.

Elles remettent tranquillement leur casque quand on les annonce et s’avancent vers la lice pour un ultime combat. Gab reste derrière la clôture laissant Cloé, Christine et Béné charger devant, Béné fonce sur une adversaire et peut-être dans une tentative suicidaire, tombe au sol avec elle, Christine tombe aussi avec la sienne et Cloé, après avoir lutté un peu plus longtemps avec son Ukrainienne, réussit à la mettre au sol.  Elles doivent refouler rapidement leur enthousiasme car les filles de l’équipe adverse se plaignent que la manœuvre de Cloé n’était pas légale, car elle tenait par le cou avec sa masse. Le capitaine en fait la demande aux arbitres et Cloé est clairement en faute, elle doit refaire le round contre son adversaire. En quelques secondes elle la remet « superbement » au sol et bien sûr de façon légale cette fois, encore plus facilement que la première fois. Même dans son armure et son casque on voit son « YES! » de contentement et je pense que nous sommes plusieurs à le faire mentalement avec elle, en tout cas, moi très certainement!

Deuxième round, c’est encore les trois mêmes filles qui y vont. L’équipe adverse leur donne du fil à tordre, Béné tombe en voulant aider Christine mais elles tombent toutes les deux sans faire tomber personne d’autre. Cloé probablement réénergisée par sa victoire personnelle reste la seule de son équipe debout face aux trois Ukrainiennes. Donc elles doivent retourner pour un troisième round. Ce sera l’argent ou l’or?

Troisième round, Gab vient remplacer Christine et fonce avec ses coéquipières, Cloé fait tomber une Ukrainienne, Béné et Gab tombent toutes les deux avec leurs adversaires! Cloé la seule combattante debout…OUI! C’est l’OR!!!!! On jubile! Christine vient rejoindre ses alliées et faire l’accolade à leurs adversaires, maintenant que la compétition n’existe plus... jusqu’à l’an prochain. Les autres Québécois viennent les rejoindre au milieu pour les féliciter et partager toute cette joie. La foule dans les estrades est aussi bien enthousiaste et bien réchauffée pour la suite, les finales du 5 contre 5, la catégorie la plus populaire de l’IMCF et celle où on trouve le plus d’équipes.

Avec les Ukrainiennes


 Je prends quelques photos des filles et je vais rejoindre Ben au quartier général où il est parti tout de suite après la victoire des filles, il doit préparer avec Magnus et Hubert, la cérémonie de clôture qui aura lieu tout de suite après la fin des combats, l’horaire est très chargé. L’affiche pour l’Écosse est terminée et elle doit être entre les mains des techniciens audio-visuels pour qu’ils puissent la mettre sur l’écran aussitôt que Benoit en fera l’annonce. Normalement c’est le président (Hubert) qui parle au nom de l’IMCF, mais comme ce prochain tournoi est presque le bébé de Benoit, il a demandé s’il pouvait l’annoncer, ce qu’Hubert comprend parfaitement.

Les trophées, les médailles et les prix attendent sur une table qu’on les apporte dans la lice où ils seront remis aux victorieux et victorieuses. À l’extérieur, le temps s’est un peu gâté, il vente beaucoup et on dirait bien que nous aurons de la pluie, si ça pouvait attendre la fin de la cérémonie de clôture, ce serait parfait. Déjà qu’après la victoire finale des Ukrainiens dans le 5 contre 5, les spectateurs commencent à partir, ne sachant pas qu’il y a une cérémonie après ou bien c'est pour éviter d’être pris sous la pluie.  


On accélère un peu la manœuvre et on annonce la cérémonie de clôture dans une quinzaine de minutes, les équipes vont se préparer et on aménage rapidement la lice pour la remise des médailles. Tout le monde reprend sa place dans la bonne humeur dans le défilé qui est en train de se former comme lors de la cérémonie d’ouverture. Les participant(e)s commencent à être habitués puisque ce rituel est là depuis nos débuts. Je n’entre pas dans le défilé car je veux filmer un peu notre groupe.






La raison officielle est que j’ai mis ma belle houppelande, faite il y a un mois, qui est extrêmement lourde et longue. Comme j’ai froid je garde ma cape en velours par-dessus, résultat, je suis pratiquement paralysée sur place tant je suis limitée dans mes mouvements. Non définitivement ce n’est pas une robe pour moi et mes bagages s’en porteront mieux avec quelques kilos en moins, car je la laisserai au Québec dorénavant. Je me trouve donc un coin dans la lice pas loin du présidium et j’évite de me déplacer pour ne pas trébucher et me donner en spectacle.

La cérémonie commence et malheureusement les estrades se sont vidées aux trois quarts, tant pis, ça sera plus intime, bon, pouvons-nous vraiment parler d’intimité quand nous sommes plusieurs centaines d’individus? Le directeur de Spottrup prend la parole pour s’adresser au peu de public restant, puis Hubert prend la parole à son tour. Sans trop de préambule il annonce les catégories et les gagnant(e)s, pour le Québec c'est deux médailles d'or, Cloé et l'équipe de filles, en plus de leur trophée et une médaille de bronze gagnée par Gabrielle. Benoit est très fier de pouvoir remettre leurs médailles. Cette année notre «hymne national» Martin de la chasse-galerie  joue deux fois, comme toujours elle fait «swinger» notre gang et contamine les autres équipes autour. Bien sûr, je vois bien quelques visages offusqués mais de façon générale ça met de la bonne humeur. 




Il y a toujours un prix qui est remis, par les arbitres, à un joueur qui a fait preuve de «fairplay» exemplaire, et cette année, il est remis à Andrew pour avoir laissé tomber sa propre équipe pour protéger un combattant de l'équipe adverse qui avait perdu son casque. On lui remet une belle dague et il est chaudement applaudi, nous sommes fiers de lui.

Quand les prix ont tous été remis, on sent une fébrilité dans l'air, un moment que beaucoup attendent impatiemment, où nous retrouverons-nous l'année prochaine? Hubert donne le micro à Ben, et ce dernier annonce enfin que l'année prochaine aura lieu notre tournoi, du 10 au 13 mai à Scone Palace en Écosse! Au même moment l'annonce apparait sur l'écran géant et par le fait même, sur Internet grâce au streaming et aux commentateurs. Donc c'est aussi des milliers d'internautes qui apprennent la nouvelle. 

Comme toujours, la cérémonie s'achève dans la lice dans un enchevêtrement de drapeaux, d'accolades, de rires et déjà les récits des bons et des mauvais coups commencent à prendre vie et au fil des mois s'entasseront dans les mémoires pour devenir des souvenirs exaltants. On s'enthousiaste pour l'an prochain ou pour la soirée qui approche et qui sera arrosée généreusement en alcool provenant d'un peu partout dans le monde.





Aucun commentaire:

Publier un commentaire