Automne 2015
Nous venons d’apprendre que le tournoi
n’aura pas lieu finalement à Berlin, et l’IMCF ne sait toujours pas où il se
tiendra ce qui suscite incertitudes et inquiétudes. Normalement l’assemblée
générale de l’automne, se déroule à l’endroit où aura lieu le tournoi annuel,
l’urgence commence donc à se faire sentir. Ça bouge beaucoup sur les babillards de
discussion, entre les membres de l’IMCF, les capitaines et les représentants,
Benoit intervient souvent, il est l’un des plus actifs. Il essaie de trouver
des solutions, et son dévouement finit par en toucher quelques-uns qui voient
en lui, un futur membre du présidium, particulièrement le président qui lui en
glisse un mot. Il lui suggère de se présenter aux élections en tant que
vice-président, la place d’Adam, qui a quitté avant la fin de son mandat. Ça
tombe bien, lui qui voulait justement prendre une certaine distance vis-à-vis
de la fédération au Québec, il n’aurait pas le choix, car pour être membre du
présidium, il doit quitter son poste de représentant pour éviter d’être en
conflit d’intérêt. Ainsi, il espère que son travail servira enfin et qu’on
écoutera ce qu’il à dire, car ici, même s’il assiste depuis deux ans aux
assemblées générales de l’IMCF, qu’il connaît le présidium, tous les capitaines
et les dossiers, étrangement au lieu de profiter de cette source d’informations,
certains mettent sa parole en doute, d’autres écoutent distraitement ou pire tentent
de le discréditer.
À peu près à la même période, je reçois un
courriel d’une maison d’édition qui m’offre de publier mon mémoire de maîtrise,
leur offre est alléchante, trop pour être vraie et après vérifications, il
s’avère que c’est une belle arnaque. Sauf que l’idée a germé dans ma tête, et
je me dis que je peux probablement m’autopublier. Avec l’aide d’une cousine
graphiste (sans elle je n’aurais pas pu me rendre jusqu’au bout) le document
devient un livre un peu mieux adapté pour le grand public. Mon beau-père décédé
aujourd’hui avait créé une petite maison d’édition pour pouvoir publier ses
livres à lui, mais il se doutait qu’un jour elle servirait pour la famille.
Je
fais donc une pré-vente autour de moi et sur les réseaux sociaux, mais comme je
ne suis pas très pro en marketing, ça démarre au ralentit, on se croise les
doigts. Je suis consciente que je ne vais certainement pas faire un coup
d’argent, mais si je pouvais au moins aller jusqu’au bout de mon projet…
Décembre s’installe avec beaucoup de
neige, du moins à Ste-Adèle et avec lui des promesses de jours meilleurs quand
Benoit reçoit un courriel de la STM (Société des transports de Montréal)
l’invitant à poursuivre ses procédures d’embauche. En effet, Benoit avait
envoyé son CV lorsqu’il avait perdu son emploi chez Aveos, mais à ce moment-là,
la société avait fermé la porte aux nouvelles recrues, et comme ça fait déjà
trois ans, il y a longtemps que Benoit a mis une croix sur l’idée d’y
travailler. Avec ce courriel, ses espoirs renaissent, enfin une belle carrière
à Montréal l’attend, il est fou de joie mais aussi anxieux à l’idée de ne pas
réussir.
Nous envisageons aussi de sortir de notre
hibernation et de retourner à Montréal, retrouver la proximité des enfants,
redevenir autonome et sans voiture. Les perspectives d’emploi sont beaucoup
plus vastes pour moi aussi et c’est aussi tellement plus simple pour acheter
mes tissus et rencontrer mes client(e)s. Après avoir vécu 17 ans sur le Plateau
à Montréal, cette dernière année à Ste-Adèle est au-delà d’un refuge douillet, une
belle prison dorée, car d’être ainsi paralysée dans la montagne où je dois
marcher une demi-heure juste pour aller acheter une pinte de lait au dépanneur,
ça me coupe les ailes. Je comprends maintenant que pour vivre à l’extérieur de la
métropole, la voiture est essentielle, mais en Montréalaise que je suis, je
n’ai jamais eu besoin de conduire et dans mon cas je n’ai jamais même passé mon
permis.
Pour ce qui est de l’IMCF, il y a encore
beaucoup d’incertitude, le Luxembourg et le Portugal proposent leur
candidature, les deux pays ont des endroits intéressants susceptibles de nous
recevoir, mais faut penser aux coûts des voyageurs, le Portugal serait beaucoup
plus accessible financièrement. Benoit suit évidemment le dossier de près tout
en préparant ses différentes rencontres prochaines avec les Ressources humaines
de la STM. Il doit passer des examens médicaux, des tests physiques et écrits,
il doit aussi envisager de faire un mini cours de chauffeur d’autobus question
de se remettre dans le bain, car sa formation initiale suivie il y a 3 ans, est
loin, et comme il doit passer des examens de conduite par la STM, il veut
mettre toutes les chances de son côté. S’il réussit tous ses tests et
entrevues, il devra faire une formation de cinq semaine au sein de la STM, puis
sera en probation six mois avant d’être définitivement engagée. Il est super
anxieux et son système digestif est de plus en plus affecté sans qu’on sache
qu’est-ce qui cloche dans son alimentation pour causer ses maux ou ses grands
coups de fatigue après les repas.
Dans tout ce branle-bas, nous trouvons le
temps de retourner retrouver la gang du Knight’s hall à Nashua pour un tournoi
amical. L’équipe de Benoit, est invitée par la même occasion à leur party de
noël. Et c’est avec Cloé, Vincent, Mathieu et Luc que nous avons pris la route
une fois de plus, dans ce matin froid de décembre.
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| Après le tournoi, partyyy |
Au début de janvier, la décision finale a
été prise et c’est au Portugal qu’aura lieu le prochain tournoi. Benoit s’y
rend en tant que représentant et cette fois-ci il y va seul. C’est encore un
voyage éclair épuisant de 3 jours, où il doit passer sa dernière nuit, à son
anniversaire, à l’aéroport. Mais même si c’est un peu triste, il revient
heureux et reconnaissant, il a été élu vice-président presqu’à l’unanimité par
la fédération, les membres étant témoins depuis deux ans de sa capacité de
travail, de sa motivation et de son aisance à comprendre et faire les ponts
entre les différents pays et les problèmes de communication.
À son retour, il annonce à la FQCM, qu’il
ne peut plus être son représentant à l’International, nous sommes conscients
que son travail aura plus de retombées qu’ici. Et au moins, il aura
l’impression d’être utile et peut-être plus apprécié.
Les qualifications ont lieu et comme les
autres années, je ne comprends pas pourquoi on s’entête à en faire puisqu’il y
a si peu de combattants actifs qu’au final ceux et celles qui iront au tournoi,
sont ceux et celles qui auront l’argent, le temps et les congés nécessaires
pour le faire.
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| Benoit aux qualifs |
De mon côté, j’ai amassé suffisamment de
fonds pour publier mon étude à petit tirage, je commence à prévoir un petit
lancement au printemps quelque part dans un café du Plateau à Montréal, bien
entendu. Nous sommes plus souvent à Montréal qu’à Ste-Adèle, nous nous
promenons dans les différents logements qui nous sont proposés par la famille
et les ami(e)s. Luc qui part travailler en Floride pour tout l’hiver, nous
propose son appartement à Longueuil, ça sera super pratique quand Benoit
commencera sa formation. Il a passé jusqu’à maintenant tous les tests et
entrevues, il commencera donc au début février avec plaisir après avoir rendu
sa démission de son dernier emploi. Nous commençons à ouvrir l’œil pour trouver
un petit logement sur le Plateau ou pas loin.






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