mardi 16 mai 2017

Incertitudes, inquiétudes et espoir




Automne 2015

Nous venons d’apprendre que le tournoi n’aura pas lieu finalement à Berlin, et l’IMCF ne sait toujours pas où il se tiendra ce qui suscite incertitudes et inquiétudes. Normalement l’assemblée générale de l’automne, se déroule à l’endroit où aura lieu le tournoi annuel, l’urgence commence donc à se faire sentir.  Ça bouge beaucoup sur les babillards de discussion, entre les membres de l’IMCF, les capitaines et les représentants, Benoit intervient souvent, il est l’un des plus actifs. Il essaie de trouver des solutions, et son dévouement finit par en toucher quelques-uns qui voient en lui, un futur membre du présidium, particulièrement le président qui lui en glisse un mot. Il lui suggère de se présenter aux élections en tant que vice-président, la place d’Adam, qui a quitté avant la fin de son mandat. Ça tombe bien, lui qui voulait justement prendre une certaine distance vis-à-vis de la fédération au Québec, il n’aurait pas le choix, car pour être membre du présidium, il doit quitter son poste de représentant pour éviter d’être en conflit d’intérêt. Ainsi, il espère que son travail servira enfin et qu’on écoutera ce qu’il à dire, car ici, même s’il assiste depuis deux ans aux assemblées générales de l’IMCF, qu’il connaît le présidium, tous les capitaines et les dossiers, étrangement au lieu de profiter de cette source d’informations, certains mettent sa parole en doute, d’autres écoutent distraitement ou pire tentent de le discréditer.  

À peu près à la même période, je reçois un courriel d’une maison d’édition qui m’offre de publier mon mémoire de maîtrise, leur offre est alléchante, trop pour être vraie et après vérifications, il s’avère que c’est une belle arnaque. Sauf que l’idée a germé dans ma tête, et je me dis que je peux probablement m’autopublier. Avec l’aide d’une cousine graphiste (sans elle je n’aurais pas pu me rendre jusqu’au bout) le document devient un livre un peu mieux adapté pour le grand public. Mon beau-père décédé aujourd’hui avait créé une petite maison d’édition pour pouvoir publier ses livres à lui, mais il se doutait qu’un jour elle servirait pour la famille.

 Je fais donc une pré-vente autour de moi et sur les réseaux sociaux, mais comme je ne suis pas très pro en marketing, ça démarre au ralentit, on se croise les doigts. Je suis consciente que je ne vais certainement pas faire un coup d’argent, mais si je pouvais au moins aller jusqu’au bout de mon projet…


Décembre s’installe avec beaucoup de neige, du moins à Ste-Adèle et avec lui des promesses de jours meilleurs quand Benoit reçoit un courriel de la STM (Société des transports de Montréal) l’invitant à poursuivre ses procédures d’embauche. En effet, Benoit avait envoyé son CV lorsqu’il avait perdu son emploi chez Aveos, mais à ce moment-là, la société avait fermé la porte aux nouvelles recrues, et comme ça fait déjà trois ans, il y a longtemps que Benoit a mis une croix sur l’idée d’y travailler. Avec ce courriel, ses espoirs renaissent, enfin une belle carrière à Montréal l’attend, il est fou de joie mais aussi anxieux à l’idée de ne pas réussir.

Nous envisageons aussi de sortir de notre hibernation et de retourner à Montréal, retrouver la proximité des enfants, redevenir autonome et sans voiture. Les perspectives d’emploi sont beaucoup plus vastes pour moi aussi et c’est aussi tellement plus simple pour acheter mes tissus et rencontrer mes client(e)s. Après avoir vécu 17 ans sur le Plateau à Montréal, cette dernière année à Ste-Adèle est au-delà d’un refuge douillet, une belle prison dorée, car d’être ainsi paralysée dans la montagne où je dois marcher une demi-heure juste pour aller acheter une pinte de lait au dépanneur, ça me coupe les ailes. Je comprends maintenant que pour vivre à l’extérieur de la métropole, la voiture est essentielle, mais en Montréalaise que je suis, je n’ai jamais eu besoin de conduire et dans mon cas je n’ai jamais même passé mon permis.

Pour ce qui est de l’IMCF, il y a encore beaucoup d’incertitude, le Luxembourg et le Portugal proposent leur candidature, les deux pays ont des endroits intéressants susceptibles de nous recevoir, mais faut penser aux coûts des voyageurs, le Portugal serait beaucoup plus accessible financièrement. Benoit suit évidemment le dossier de près tout en préparant ses différentes rencontres prochaines avec les Ressources humaines de la STM. Il doit passer des examens médicaux, des tests physiques et écrits, il doit aussi envisager de faire un mini cours de chauffeur d’autobus question de se remettre dans le bain, car sa formation initiale suivie il y a 3 ans, est loin, et comme il doit passer des examens de conduite par la STM, il veut mettre toutes les chances de son côté. S’il réussit tous ses tests et entrevues, il devra faire une formation de cinq semaine au sein de la STM, puis sera en probation six mois avant d’être définitivement engagée. Il est super anxieux et son système digestif est de plus en plus affecté sans qu’on sache qu’est-ce qui cloche dans son alimentation pour causer ses maux ou ses grands coups de fatigue après les repas.

Dans tout ce branle-bas, nous trouvons le temps de retourner retrouver la gang du Knight’s hall à Nashua pour un tournoi amical. L’équipe de Benoit, est invitée par la même occasion à leur party de noël. Et c’est avec Cloé, Vincent, Mathieu et Luc que nous avons pris la route une fois de plus, dans ce matin froid de décembre.
 
Avant de partir pour Nashua

Après le tournoi, partyyy


Au début de janvier, la décision finale a été prise et c’est au Portugal qu’aura lieu le prochain tournoi. Benoit s’y rend en tant que représentant et cette fois-ci il y va seul. C’est encore un voyage éclair épuisant de 3 jours, où il doit passer sa dernière nuit, à son anniversaire, à l’aéroport. Mais même si c’est un peu triste, il revient heureux et reconnaissant, il a été élu vice-président presqu’à l’unanimité par la fédération, les membres étant témoins depuis deux ans de sa capacité de travail, de sa motivation et de son aisance à comprendre et faire les ponts entre les différents pays et les problèmes de communication.

À son retour, il annonce à la FQCM, qu’il ne peut plus être son représentant à l’International, nous sommes conscients que son travail aura plus de retombées qu’ici. Et au moins, il aura l’impression d’être utile et peut-être plus apprécié.

Les qualifications ont lieu et comme les autres années, je ne comprends pas pourquoi on s’entête à en faire puisqu’il y a si peu de combattants actifs qu’au final ceux et celles qui iront au tournoi, sont ceux et celles qui auront l’argent, le temps et les congés nécessaires pour le faire.
Benoit aux qualifs


De mon côté, j’ai amassé suffisamment de fonds pour publier mon étude à petit tirage, je commence à prévoir un petit lancement au printemps quelque part dans un café du Plateau à Montréal, bien entendu. Nous sommes plus souvent à Montréal qu’à Ste-Adèle, nous nous promenons dans les différents logements qui nous sont proposés par la famille et les ami(e)s. Luc qui part travailler en Floride pour tout l’hiver, nous propose son appartement à Longueuil, ça sera super pratique quand Benoit commencera sa formation. Il a passé jusqu’à maintenant tous les tests et entrevues, il commencera donc au début février avec plaisir après avoir rendu sa démission de son dernier emploi. Nous commençons à ouvrir l’œil pour trouver un petit logement sur le Plateau ou pas loin.


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