dimanche 26 novembre 2017

De l'autre côté de la planète!



14 heures?!!!!
Eh oui! Un vol pour Toronto et après on «fly» direct au Japon, me dit Benoit en consultant le site interne d’Air Canada.

Ouf! Le jour du départ, je me sens devenir claustrophobe, c’est beaucoup de temps à être coincés dans l’avion, pourvu qu’on ne soit pas assis dans les bancs du milieu de la rangée de quatre bancs elle-même au milieu. Bon à cheval donné, on ne regardera pas trop la bride! Mais on va prévoir le coup pour rendre ça le plus confortable possible. On apporte notre ordi avec des séries et des films, notre «splitter» avec nos gros écouteurs, nos oreillers de cou, un livre, un cahier de notes, des grignotines, une bouteille vide pour remplir juste avant de monter et même mon pyjama.

À Toronto, en attendant qu’on nous appelle pendant l’embarquement, nous sommes un peu nerveux, y a pas mal de monde. C’est toujours un peu stressant pour des vols comme celui-là, où l’on doit faire Montréal-Toronto avant, parce que dans le cas où nous n’embarquerions pas, nous devrions attendre 24 heures pour le prochain vol ou retourner à Montréal. Finalement on reconnait vaguement nos noms (des noms francophones c’est tellement exotique au Canada anglais!@@ Pfff) et on se rend au comptoir pour prendre nos billets. Nos sièges sont exactement ceux que nous redoutions, en plein milieu. On se croise les doigts, qui sait peut-être que les deux sièges de côtés seront libres?

Une fois à l’intérieur, eh ben non, nous nous dépêchons de trier ce qu’on garde avec nous et le reste est rangé dans le porte bagage. Je me dépêche aussi d’aller aux toilettes pour me changer et ainsi, éviter d’avoir à me lever et déranger mon voisin, du moins pour les deux prochaines heures. Nous avons tellement de stock tout autour de nous, que je suis découragée à l’idée de m’extirper de là éventuellement. Le moins souvent possible, le mieux ce sera. Je doute qu’on ait suffisamment d’espace pour regarder nos films sur notre ordi, mais sait-on jamais.

Je commence un film, c’est-à-dire que j’envisage de regarder un des films proposés par le système de divertissement d’Air Canada, mais avec les publicités interminables et les messages des agents de bord, du commandant, des nombreux rappels, en français et en anglais, et de l’interdiction de porter mes gros écouteurs avant d’être là-haut, ça prend une bonne demi-heure avant que je puisse écouter mon film.

Durant le repas, mon voisin, un monsieur japonais renverse un peu de son vin dans son cabaret et spontanément je l’aide en prenant ma serviette de papier pour éponger le dégât avec lui, il me remercie gentiment. Puis je finis mon repas en discutant avec Benoit, qui ne peut manger, ni la petite salade de fèves d’edamame (soya), ni le pain, ni le morceau de gâteau, juste la petite portion de saumon et de riz. Les grignotines vont finir de remplir son estomac et dans un monde idéal, nous nous enfoncerions dans nos films avant de nous endormir profondément jusqu’à demain matin, à temps pour le déjeuner.

Mais aujourd’hui l’idéal n’est pas au rendez-vous et c’est en dormant des « capsules » de 15-30 minutes, j’ignore comment ça peut être possible la tête coincée dans un oreiller comme le mien, avec un mal de cou du dormeur assis. Je n’ai plus de position, je sens ma circulation sanguine, en fait, je ne la sens plus et j’imagine mes chevilles enflées. C’est ainsi que se passe ma longue nuit et quand je vois que mon voisin n’est pas sur son siège, je me lève à mon tour avec une urgence de bouger plus encore que d’aller à la toilette. J’ai des p’tites mini bouffées de panique, j’ai hâte de sortir de l’avion, ce qui n’arrivera pas avant encore un bon trois heures.

Je réintègre ma place dès que les chariots commencent à circuler pour servir le déjeuner. Cette fois nous aurons un «vrai» déjeuner, je choisi les œufs brouillés avec saucisses et Benoit prend un gruau de riz. Normalement sur la majorité de nos vols (principalement de nuit), on nous sert avant d’arriver, une tranche de gâteau aux bananes, toujours la même, mais sur des vols aussi longs, faut évidemment manger plus souvent. C’est pourquoi au courant de la longue nuit, des nouilles ramens ont été servies ainsi que des pretzels, des collations que Benoit n’a pu manger malheureusement.   


La deuxième partie du vol est assez semblable à la première, une combinaison de bouts de film, de siestes et de bavardage avec Ben. Du moment que l’avion est immobilisé après l’atterrissage, les gens sont comme des ressorts et se lèvent même en sachant que ça prendra quand même un bout de temps avant qu’ils puissent sortir. J’ai l’impression que le dessous de mes pieds est arrondi tellement ils sont enflés et j’ai mal à mon genou. Je me le suis tordu l’été dernier en voulant éviter de tomber et il est resté sensible.

En nous dirigeant vers les douanes, nous laissant porter par le super long tapis roulant, mon voisin japonais passe tout près et dit à Benoit «Elle est mon amie!» et me salut poliment à la japonaise et continue son chemin. Je lui offre mon plus beau sourire en retour un peu surprise par cet ami spontanément déclaré, il ne m’a pas parlé du vol, soit il dormait, soit il était trop timide. En tout cas, il a apprécié mon aide même si elle m’a parue bien futile.

En arrivant à l’aéroport d’Haneda nous faisons un saut de 14 heures dans le futur, donc pour nous c’est le matin (nous sommes partis en pm la veille) mais ici c’est déjà en soirée, c’est un peu déroutant. En revanche, sur notre retour, nous arriverons le même jour et presque la même heure que nous serons partis de Tokyo. Notre vrai défi, sera de nous rendre au dojo de Jaye à partir des indications qu’il nous a donné, tout ça en transport en commun.

Déjà, faut récupérer nos gros et nombreux bagages et trimballer tout ça dans le métro de Tokyo, nous essayons de ne pas paniquer en regardant le panneau, on espère trouver de l’aide en anglais au pire. Nous n’avons pas le choix d’ouvrir l’œil et observer, car même si on voit ici et là des indications en anglais, c’est tout de même le japonais qui domine et c’est normal. Nous repérons un guichet et allons d’abord retirer de l’argent, ensuite on regarde encore les notes de Jaye et à l’aide de la grande affiche du métro, on trouve l’endroit où l’on doit transférer. On installe nos bagages et nos sacs stratégiquement, c’est-à-dire, j’ai la grosse valise à roulette avec un sac dessus d’une main et de l’autre ma petite valise sur roues aussi. Ben a son gros sac à dos plus ses deux gros sacs d’armure et après avoir acheté nos tickets, nous passons les tourniquets tels des escargots trainant notre maison sur notre dos (j’exagère à peine nous vivons dans un minuscule 3 et demi!).


C’est ultra propre, nous pourrions nous asseoir sur le plancher et y manger et les gens concentrés sur leur portable, sont silencieux, le seul bruit vient des voix habituelles d’annonces dans le métro et ça, toutefois, on l’entend régulièrement. Étrangement, comme nous avons suivi pas mal de séries d’animés japonais (Benoit encore plus que moi) l’ambiance du métro nous semble presque familière. On se tient prêt et quand le wagon ouvre ses portes devant nous on se dépêche de tout rentrer rapidement, par chance y a pas de foule compacte. Nous jetons un œil au panneau à l’intérieur question de nous donner une idée de la distance à faire en comptant les stations, et attendons de voir le prochain arrêt pour s’assurer que nous sommes dans la bonne direction. Quand c’est fait, on se détend un peu, les gens sont très discrets et ne nous dévisagent pas, même si c’est clair qu’on est des vrais de vrais «gaijins». Dans notre cas, on pourrait être des extra-terrestres et nous ne serions pas plus étranger, physiquement et culturellement, mais en plus nous avons des personnalités plutôt… disons… démonstratives. Avec notre ilot qui prend beaucoup de place, nous sommes un peu gênés et sommes un peu soulagés quand nous descendons sur le quai. Les gens sont très respectueux, mais nous avons l’impression d’arriver dans ce pays, comme avec des grosses bottes sur un plancher tout propre et fraîchement ciré.

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