Il
y a maintenant un an, je décidais d’écrire ces chroniques afin de faire
découvrir l’univers du béhourd qui a pris place, il y a presque cinq ans, dans
notre vie, à Benoit et moi. Après 62 chroniques totalisant 372 pages, je ne me
lasse pas de raconter nos aventures un peu partout dans le monde, mais aussi
les réalités avec lesquelles nous devons composer. Je travaille actuellement à
créer un site web et à traduire les chroniques en anglais pour pouvoir offrir
un plus grand accès le plus vite possible.
Ne
manquez pas de lire les prochains récits de voyage, qui cette fois, vous
entraîneront, entre autres, sur deux nouveaux continents, l’Asie et l’Amérique
du sud. Qui aurait pu dire que le combat médiéval à la façon européenne se
pratiquerait au Japon et en Argentine? Et bien vous découvrirez que non
seulement ce sport y est pratiqué, mais en plus, il y est pratiqué avec sérieux,
même si ces gens rencontrent plus d’obstacles en ce qui concerne l’approvisionnement
du matériel et du voyagement.
Comme
si ce n’était pas suffisant pour une année, vous pourrez aussi nous suivre au
Danemark et en Écosse (deux fois!).
Mais…continuons là où nous étions rendus, c’est-à-dire en novembre 2016,
au retour de notre aventure en Irlande.
Novembre, dehors on gèle, nous avons eu une bordée de neige la nuit dernière. Alors que je prends mon café en relisant ma première
chronique, Benoit me demande : ‘’Japon le mois prochain?’’ Jaye Noyes, le
capitaine de l’équipe japonaise, lui avait touché un mot à propos d’un tournoi
en studio, à Tokyo, avant notre voyage en Irlande, mais pour nous, ça relevait
du fantasme : un voyage en octobre en Irlande, le meeting au Danemark en
novembre et le Japon juste avant Noël, c’était de la folie. Ça fait un peu plus d'une semaine que Benoit est revenu de l’Assemblée générale, et il me propose
ça. Avons-nous les finances pour? Le billet d’avion n’est pas un problème comme
toujours, mais les frais de voyage? Et puis pourra-t-il réussir à faire encore des
échanges d’horaire avec ses collègues de travail?
On commence à cogiter là-dessus plus
sérieusement soudainement conscient que le fantasme est peut-être réalisable. Parallèlement, Benoit travaille activement sur le tournoi au
Danemark et…sur celui en Écosse. Lui et William Murray ont une correspondance
continue, même si l’administration de Scone Palace est maintenant sur le coup.
Benoit flotte encore un peu, car il a enfin eu la reconnaissance de ses pairs
quand il a eu droit à une ovation de la part de l'assemblé pour son travail
titanesque accompli pour le Portugal et pour le projet Écosse en 2018. Il est
conscient depuis un bout de temps qu’il ne doit plus attendre de reconnaissance
de ses pairs au Québec. Déjà que la médaille d'or remportée par son équipe en
Irlande est complètement passée sous silence ici. Seule Christine qui est au
sein du CA de la fédération québécoise maintenant, tente d’encourager tout le
monde, incluant l’équipe de Benoit. Mais bon, il commence presque à être
habitué et il concentre son énergie à l'international (IMCF), là au moins son travail est
reconnu et apprécié. Personnellement, je ne comprends pas, je trouve que ça
frise le ridicule, on préfère le snober plutôt que de profiter de ce qu’il
apporte : Une voix pour le Québec sur l’échiquier mondial. D’un autre côté, y a des membres ici qui ont des
comportements inacceptables, cyberintimidation sur les babillards, propos
racistes, homophobes, sexistes et quand ces derniers participent à des
tournois, trichent, blessent volontairement avec des coups illégaux, on les
tolère voire on les félicite pour leur participation. Y a des jours où je me
lève avec une envie d’en fesser quelques-uns et d’autres où je me dis qu’au
sein de la fédération y a un gros problème de syndrome de Stockholm. On a beau
essayer de prendre ça avec philosophie, n’empêche que ce genre d’attitude va tuer
le béhourd au Québec, car à force de tolérer l’intolérable, on justifie des
comportements haineux qu'il faudrait pourtant et à tout prix empêcher de s'installer chez des gens qui se
frappent avec des armes réelles pour se divertir. Le pire est que lorsqu’on
aborde le problème avec certains membres de la fédération, on dit ‘’Ben si on
les met dehors on va perdre trop de monde et ça va tuer le sport au Québec.’’
Quelle farce grotesque !!
Comme
apparemment Benoit parle dans le vide, il se concentre ailleurs et cueille chaque
petit moment positif comme une victoire sur sa vie, son meeting lui a fait du bien.
Seul inconvénient, il n’a presque rien mangé car avec des problèmes alimentaires
comme le sien, un petit budget et très peu de choix de restaurants, ça veut
dire souvent, jeûner contre son gré. Quand il me raconte via messenger, qu’il
n’a pu manger le repas offert par le château Spotrup (viande en sauce,
sauce=farine) et que plus tard, en soirée, il a mangé sa frite chez McDo en regardant avec envie les autres s'empiffrer de gluten, ça me rend triste
pour lui. La veille, il a mangé un hambuger steak bien ordinaire dans un resto, un des
rares repas accessibles pour lui et avec un verre de vin, ça lui en a coûté 300
couronnes danoises (environ 60$). Bien sûr, ça peut paraître plutôt raisonnable pour ce genre de repas, mais pour nous qui sommes
habitués de voyager à coûts réduits, c’est beaucoup en considérant qu'il y a quelques repas d'ici son retour lundi soir. Il n’avait pas non plus
prévu qu’il ne pourrait pas manger le repas offert après l’Assemblée. Bref,
quand il est revenu à la maison, je l’attendais avec un super Mac&cheese
sans gluten, plat qu’il a dévoré.
Ce meeting qu’il a fait sans moi, nous fait
prendre conscience à quel point nous sommes liés en tant qu’amoureux bien sûr,
mais aussi en tant que partenaires dans cette aventure. Durant les quatre jours
qu’a duré son voyage, nous discutions plusieurs heures sur messenger et surtout
à propos du meeting, du prochain tournoi et de celui qu'on ne doit pas annoncer avant la cérémonie de clôture.
Il a pu constater que le coût de la vie est très élevé là-bas, va
falloir que nous soyons stratégiques quand nous irons en mai..
Heureusement, il y aura une formule de location de mini tentes sur le terrain à bas
prix pour ceux qui viennent de loin (et y en a beaucoup!). Il y aura aussi un
forfait repas offert pour cinq jours par l’administration en place, et si c’est
bon pour moi, c’est risqué pour Ben, condamné, peut-être à ne pas pouvoir
manger la moitié des aliments. Comme dans la plupart des pays nordiques, au Danemark,
il y a beaucoup de féculents et dans les restaurants, surtout sur la route,
bien souvent, que des burgers ou de la pizza. Notre solution serait-elle de louer
une voiture et acheter notre bouffe au marché en ville? Nous avons toujours, la poudre et les barres protéinées et notre gros sac de noix mélangées, mais une semaine c'est long tout de même.
Nous devrons évaluer combien il en coûte
pour la location de voiture, et le cas échéant, les prix de trains ou d’autobus
entre Copenhague et Spottrup à 150 kilomètres
l’une de l’autre. Comme il l’a fait pour l’Irlande, Benoit ne veut prendre
personne sur ses billets, nous n’avons donc pas à tenir compte des autres. Nous
avons encore six mois devant nous, mais deux semaines pour nous décider pour le
Japon…
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| Table typique chez-nous, on reconnait, l'épée, des pièces d'armure, un passeport, une prise d'adapteur europééenne, un fouilli de papier et bien sûr l'ordi. |


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