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| Très fatigués mais heureux! |
Quand j’ouvre les yeux, je me sens un peu comme une princesse dans
un conte de fée, couchée, enfoncée dans ce grand lit à baldaquin, sous un gros
édredon de plumes. Mais dès que j’essaie de me lever, je suis tout étourdie,
j’espère que ce n’est pas une labyrinthite, ça serait vraiment malheureux. Avec
les étourdissements, viennent les fortes nausées, je suis incapable de me lever
avec Benoit qui lui, est déjà prêt à affronter ses adversaires. Je me recouche,
peut-être que j’irai mieux après avoir dormi encore une heure ou deux. Ben me
promet de revenir pour s’assurer que je vais bien tout de même. Ce qu’il fait,
deux fois en me racontant un peu ce qui se passe en bas, le tournoi est
recommencé faut dire. Il est étonné aussi de voir autant de sollicitude de la
part des Irlandais à mon égard quand il leur explique mon absence. Après son
départ, je décide de me lever doucement et malgré de légers étourdissements, je
réussis à m’habiller et descendre rejoindre tout le monde.
Je croise Maria soucieuse pour moi, puis Brendan qui s’enquit de
mon état et m’offre d’aller me chercher un thé, avant même que j’aie pu émettre
une objection, il court à l’intérieur m’en chercher un, comme il court depuis
hier matin. J’observe qu’il n’a toujours pas mis son costume, lui qui
normalement se fait un devoir de le porter, il est si occupé. Qu’il ait pris
tout de même le temps de s’occuper de mon petit malaise, malgré tout ce qu’il
doit faire, me touche beaucoup. Je l’en remercie d’autant plus quand il revient
avec une tasse fumante, je le rassure rapidement pour le libérer au plus vite
et qu’il puisse retourner au déroulement du tournoi. Je croise Caroline et sa
sœur, qui me demandent elles aussi un peu inquiètes, si je vais bien, puis les
parents de Brendan et Eamon tous au courant et dans leurs yeux, des questions.
Je suis un peu gênée de créer autant de soucis autour de moi et les rassure, je
vais beaucoup mieux, je n’ai même pas besoin de mentir. Et oui j’avais tellement
une chambre confortable!
Benoit vient me rejoindre, il est content de me voir dans de
meilleures conditions, il est tout de même un peu inquiet pour Cloé qui fait de
la fièvre, tousse et mouche encore. La malade l’a assuré qu’elle ferait ses
combats finaux et qu’elle se battrait avec l’équipe, faut juste aller la
réveiller une demi-heure avant. On est stupéfaits, quand on la voit arriver,
mouchoir en main en demandant quand elle met son armure, cette fille m’étonnera
toujours! Comme nous avons un p’tit lit d’appoint dans notre chambre, nous lui
offrirons ce soir, faut qu’elle puisse dormir plus confortablement. Comme
Benoit donne un coup de main à l’arbitrage, il partage le coach de Cloé avec
Pol qui fait un excellent travail, il a des méthodes très semblables à Ben, ce
qui finit de le rassurer. C’est un peu cocasse quand elle affronte Julie qui
est avec les Belges et donc aussi avec Pol, mais ce dernier ne fait aucun
compromis il s’occupe de Cloé comme si c’était son athlète pendant que Gauthier
s’occupe de Julie. Celle-ci m’a avoué un peu plus tôt redouter Cloé, elle se
doute de l’issue du combat même sachant l’état physique actuel de son
adversaire.
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Ben et Pol qui s'occupent de Cloé |
Effectivement, Cloé, lorsqu’elle revêt son armure, est redoutable
et même fiévreuse, elle remporte la médaille d’or. Je suis bouche-bée
lorsqu’elle demande combien de temps elle dispose avant le 5 contre 5, hé oui,
elle va le faire! Ses quatre coéquipiers lui en sont d’ailleurs reconnaissant
et quand elle entrera dans la lice avec Benoit, Andrew, Gauthier et Rowland, c’est
une équipe complète de Blackwolves, temporaire, mais efficace qui affrontera les équipes américaine et irlandaise.
Durant la pause, Eamon vient présenter deux messieurs à Benoit. Invités
par le propriétaire, ces représentants de l’Ordre des sommeliers d’Anjou veulent
en savoir un peu plus sur ce sport et par le plus heureux des hasards, Ben est
le vice-président de cette fédération internationale et il parle français. Benoit
s’exécute avec plaisir, il leur montre de près les pièces d’équipement, leur
explique les règles, bref, leur brosse un tableau sommaire de cette activité singulière,
incluant les tournois qui ont lieu un peu partout. Surtout il répond à toutes
leurs questions et il en a beaucoup, comme à chaque fois que nous rencontrons
des gens qui découvrent pour la première fois ce sport. Beaucoup de questions
et beaucoup de mythes à déboulonner.
Moi durant ce temps, je me promène et je prends quelques photos...
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| Nos amis, Julie, Gauthier, Pol et Fred! |
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| Peter et Lara |
Les équipes se préparent rapidement pour leurs ultimes combats et
comme toujours, j’aide Benoit et récupère ses lunettes et son portefeuille. Ça
ne durera pas très longtemps puisqu’il y n’y a que trois équipes, mais
contrairement à l’an dernier ce sont des équipes de cinq et non de trois, ce
qui rend le spectacle encore plus intéressant pour les spectateurs et le combat
plus costaud pour les participants. La foule répond très bien, faut dire qu’elle
est plus grosse, et cette fois elle bénéficie d’un temps idéal et rare
d’ensoleillement.
Durant un combat contre l’équipe américaine, je
vois Benoit qui est maintenu contre la lice par un des combattants, pendant que
son coéquipier le frappe dans le dos à pleine force sans relâche sans s’arrêter
même quand Benoit lève son bras sans arme pour signifier qu’il capitule.
L’arbitre finit par arrêter le combat pendant que Benoit se laisse tomber d’une
façon qui m’inquiète, encore plus quand les secouristes accourent. Je n’ai
qu’une envie, me ruer sur lui, mais je sais que je nuirais plus que je
n’aiderais. Quelques secondes qui m’apparaissent interminables, puis je vois
qu’il parle et que les visages autour ont laissé tomber leur air inquiet, ouf!
Toutefois, il a du mal à se lever et je vais l’aider à enlever complètement son
armure. Lorsque je le retrouve, il me raconte que sous les coups, il avait
senti des chocs électriques qui montaient tout le long de sa colonne jusque
dans sa bouche. Il a un peu paniqué, surtout quand l’autre continuait de
frapper, je me dis que de toute façon c'est fini pour aujourd'hui. Mais je me décompose un peu quand il annonce qu'il est prêt à affronter de nouveaux les Américains en finale, voyant mon air, Andrew me dit qu'il protégera bien le dos de mon cinglé d'époux. Parce que j'aimerais fêter encore bien des anniversaires de mariage avec lui, debout sur ses deux jambes. Je n'ai presque pas regardé, en fait si un peu entre mes doigts, mais Andrew a tenu sa promesse et les Blackwolves ont fait un bon travail qui leur a donné la victoire.
Les combats terminés, vient la remise de médailles et du
magnifique trophée remporté par notre équipe. Un trophée fabriqué par un tailleur
de pierre, il est magnifique et… très lourd. Après les discours de
remerciements de Brendan et d’Eamon, Benoit demande le micro pour remercier nos
hôtes et particulièrement Brendan qu’il considère comme un frère maintenant et
c’est pourquoi il lui remet sa ceinture fléchée en guise de cadeau et de
symbole pour sceller leur amitié, Brendan en est fort touché. Ben, question
d’alléger le moment, en profite pour rappeler que normalement c’est sa femme
qui lui met sa ceinture, ce qui explique un peu sa propre maladresse, ce qui
fait bien rire la foule.
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| La médaille d'or est une belle broche qui peut se porter sur le costume, super idée! |
Pendant que Caroline s’apprête à nous prendre en photo moi et Ben,
on réalise tous les deux que c’est notre douzième anniversaire de mariage, wow!
C’est drôle à quel point nous avons tendance à l’oublier (moi surtout!) trop
occupés à vivre ensemble notre passion commune et donc… à nous aimer.
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| Caroline a su capter exactement le moment où on a réalisé en même temps quel jour on est. |
La journée s’achève à mesure que les spectateurs quittent le
site, sans trop se presser tout de même, les participants ramassent un peu leur
attirail tout en discutant bière à la main. Nous commencons à avoir très faim,
particulièrement Ben qui n’a pratiquement pas mangé de la journée. Mais tant
qu’il y a du monde (et il y en a toujours) avec qui bavarder, on ne bouge pas
beaucoup. Néanmoins, je vais du côté de la tente où la fameuse valise «explosée»
gît depuis hier et je prends l’initiative de ramasser quelques items
appartenant à Ben, je prends de l’avance.
Cloé a disparu aussi rapidement qu’elle est apparue en
après-midi, j’imagine qu’elle va se doucher et se coucher, d’autant plus que
nous lui avons offert le gîte dans notre chambre. Le petit lit d’appoint contre
le mur sera certainement plus approprié que son matelas dans la grande pièce
plus humide pleine de combattants, dont un qui ronfle terriblement, Andrew.
C’est dommage, les Belges sont repartis à leur hôtel, Rowland
a vite repris la route pour l’Angleterre et Cloé absente, je ne peux prendre
que Benoit et Andrew pour la photo avec le trophée.
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| Des Blackwolves heureux. |
Lara et Peter viennent nous saluer, ils sont fatigués et ont hâte
de rentrer, nous les remercions encore de nous avoir accueillis chez-eux et sur
des promesses d’aurevoir et à bientôt, ils nous quittent en même temps que le
soleil se couche et que l’air frais s’installe.
Ce n’est qu’une bonne heure plus tard que tout ce beau monde (un
mélange d’Irlandais, d’Américains, nous quatre, Cloé nous ayant rejoint) s’est
rappelé la présence de leur estomac et de la nécessité de manger, et
malheureusement le dimanche soir à Galway, des restaurants il n’y en a pas des
tonnes d’ouvert. Nous sommes peut-être une douzaine qui marchent à la queue leu
leu en quête d’un endroit pour manger, nous ne sommes pas trop regardants, en
autant qu’on mange. Nous suivons le guide, Brendan, qui nous amène dans un
petit comptoir à fish and chips et autres. C’est là que je découvre
l’équivalent de notre poutine les « loaded fries », des frites garnies de
différentes sauces, soit de bacon, d’oignons, de crème sûre, sans
nécessairement le fromage, du moins, sans le fameux fromage qui fait la célébrité
de nos poutines.
Nous revenons avec notre lunch au château
et nous installons dans la pièce où on servait des gâteaux et du thé pendant le
tournoi pour dévorer notre repas, boire du cidre et encore une fois prendre plaisir
à discuter avec nos amis d'Outremer. C'est ainsi que nous fêtons notre anniversaire de mariage!! Demain, nous quitterons le château, chacun de notre
côté, Andrew pour aller prendre le bus et l’avion pour Montréal, Cloé prendra
la journée pour visiter Galway avant de partir à Dublin, pour une nuit et nous prendrons
le bus en après-midi pour Dublin où nous passerons deux nuits dans une petite chambre
Airbnb dans le quartier de Temple bar. Nous voulons goûter un peu à Dublin et visiter
quelques trucs avant de retourner chez-nous.
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| Il manque Killian, Jack, les deux Brendan, Fred et...Cloé |











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