jeudi 4 juillet 2019

Vers le tournoi en Écosse: Travail d'équipe!




Nous adorons voyager! Une chance parce que nous n’avons quasiment pas le temps « d’avoir hâte » de repartir. Cette fois-ci, nous sommes revenus à Montréal le 4 avril et nous repartirons le 6 mai, dans 32 jours! Ça a l’air long 32 jours? Vraiment pas! D’abord, nos passeports échouent le 8 avril, faut vite refaire la demande pour les avoir avant de partir, ouains ouains je le sais, on a un peu trop procrastiné.

Dossier IMCF : D’abord le vidéo promotionnel, faut le terminer et même si dans les faits ce n’est pas Benoit qui le monte, il fait la recherche de la musique avec le concepteur, envoie la pièce au reste du présidium pour avoir leur approbation, retourne la confirmation à Chris (le concepteur), demande au trésorier l’argent nécessaire pour acheter la musique, la paie et l’envoie à Chris. Celui-ci envoie son travail à Benoit qui le montre ensuite au présidium puis donne le OK ou fait changer si y a des trucs qui clochent.

Ensuite, choisir avec Hubert les modèles de trophées et de médailles pour ensuite passer par le trésorier, passer la commande et s’assurer que ce sera livré en Écosse avant le tournoi. Y a aussi le problème des chambres d’hôtel à régler, on doit s’assurer que tous les arbitres soient logés et nourris le matin et le midi pendant quatre jours. On doit savoir exactement combien en ont besoin et comme c’est en location double, il y aura donc, deux arbitres par chambre. Benoit contacte ceux et celles qui y seront logés (certains dorment ailleurs avec leur équipe ou famille). Il doit savoir qui couche où pour faire les réservations. Il prend aussi des chambres pour les membres du présidium qui en ont besoin, comme nous par exemple.

Un matin, Kateryna contacte Benoit en panique, toute l’équipe s’est vue refuser leur demande de visa. Le problème est que la Grande-Bretagne craint que ce ne soit des Ukrainiens qui tentent d’immigrer illégalement. Benoit contacte William et lui explique la situation, ce dernier lui donne l’adresse courriel de certains des convives de notre fameux diner et assure qu’il les contactera lui aussi de son côté. On se dit que ce repas aura peut-être été plus utile que nous le pensions, vive les relations diplomatiques! Avec la ruse et les efforts de Benoit combinés avec l’aide de William, en moins d’une semaine, presque toutes les demandes de visa sont acceptées. Kateryna est complètement subjuguée et bien sûr, très très reconnaissante.

Y a aussi plein de détails à penser comme les drapeaux, cette fois, on veut que l’IMCF ait ses propres drapeaux de tous les pays participants. Y a les pass médias à faire, pour la quinzaine de journalistes, plus notre photographe attitrée, Caroline.

L’horaire! Normalement, la tâche de la secrétaire, toujours absente. Faut mousser l’événement sur les réseaux sociaux au maximum, si au moins tout le monde s’y mettait pour faire circuler, sur Facebook, Instagram, etc. les annonces et le vidéo qui est d’ailleurs époustouflant…Y a peut-être 10-15 % des participants qui le font. Pourtant on sent bien l’excitation, 31 pays avec leur équipe sont inscrits, presque 500 combattant(e)s, c’est notre plus gros tournoi jusqu’à maintenant.

D’ailleurs ça nous fait très plaisir quand les Écossais nous envoient des images d’eux distribuant des pamphlets à Perth tout d’armure vêtus. Un bon p’tit coup de pub au sein de la population locale, une bonne partie de notre public.





Il y a encore des journalistes d’ici et d’ailleurs qui communiquent avec Ben, c’est pas facile à gérer puisqu’il a aussi son « vrai » travail, rémunéré celui-là, il donne donc des rendez-vous pendant ses pauses quand il revient à la maison. La BBC lui propose de couvrir l’événement et d’en parler à tous les jours à leur émission matinale (un genre de « Salut Bonjour »). Il aimerait qu’un de leurs journalistes mette une armure et sur son casque, une caméra go pro, et qu’il fasse un combat amical de béhourd avec l’équipe écossaise, contre une équipe de notre choix. Benoit n’hésite pas une seconde et prévient l’Ost du Québec, ils vont passer à la BBC.

Les ordinateurs sont ouverts 24 heures sur 24, le téléphone de Ben reçoit 60 à 80 messages d’un peu partout sur la planète chaque jour et nuit. Des messages auxquels il doit répondre rapidement. Courriels, textos, messenger, sur les boards de discussion, mais c’est là que son TDAH lui est d’un grand secours. Chez ceux qui ont ce trouble, ils ont des problèmes de distractions et d’impulsivité, ils ont du mal à trier par ordre d’importances. Benoit n’y échappe pas, sauf que dans les circonstances, toutes ses cases à lui sont occupées, pas de place pour d’autres distraction et elles sont toutes « également » urgentes. C’est comme s’il trouve son confort à butiner à toute vitesse sur tous ses dossiers et interférences, ça demande des actions rapides qui ne requièrent pas une attention soutenue. Bien sûr, pour la personne qui vit avec, comme moi par exemple, ça demande une très très très grosse dose de compréhension et de patience. Faut pouvoir vivre au quotidien avec l’impulsivité dans toutes ses émotions en montagne russe, bien que Benoit soit naturellement un être intense, c’est toujours spectaculaire quand approche le tournoi mondial. Cependant, chaque jour, il se réserve un 15-20 minutes de sieste, ça comble des nuits de 3-5 heures.

Moi, en plus d’être son assistante dévouée, j’ai des contrats à finir et son gambison à faire. Comme toujours, je fais le tour de notre stock médiéval pour m’assurer que tout est en ordre, Benoit lui fait quelques petites réparations sur son armure entre deux entraînements. Il rouspète sans cesse que ce n’est pas suffisant, il devrait en principe, s’entrainer deux fois plus. Mais il n’a pas le temps, il vit deux vies en parallèle, celle d’un Vice-président d’une fédération qui organise un très gros tournoi mondial de quatre jours, et celle d’un chauffeur de bus pour la ville de Montréal qui est aussi un combattant qui part dans quelques semaines en Écosse et qui fait partie du C.A de la fédération du Québec de combats médiévaux.

Nous sommes encore en train de jongler avec les différentes options qui s’offrent à nous pour notre transport, nous avons le même problème que le mois dernier, toujours pas de vol direct Montréal ou même Toronto-Glasgow par Air Canada. Ce qui nous oblige à prendre Montréal-Londres et payer pour un vol ou par bus, comme la dernière fois. Cependant, cette fois-ci, nous avons une tonne de valises, on voudrait bien prendre un vol, mais ça va nous coûter vraiment trop cher. Avec le bus, ce n’est pas possible puisque nous dépassons la limite permise, le train c’est presqu’aussi cher que l’avion. On regarde l’option de location de voiture à Londres pour nous rendre à Perth, ça aussi c’est horriblement cher.

Puis Jacob a une idée de génie qu'il suggère ensuite à Benoit, pourquoi ne pas s’arranger avec l’équipe anglaise qui loue un camion pour apporter leurs armes et armures, peut-être pourrions-nous cotiser et y mettre nos grosses valises? Benoit communique avec le capitaine de l’équipe, Rowland, avec qui il s’était battu lors du tournoi à Claregalway en Irlande. Au bout de quelques jours ce dernier propose une solution vraiment géniale. Carole, l’une des dames aidantes qui suivent et aident l’équipe, partira mardi avec sa voiture et son stock et montera jusqu’à Perth.  Comme nous arriverons le dimanche à Londres, elle offre de venir nous chercher à l’aéroport de Londres, de nous prendre avec nos bagages (costumes et armures), de nous déposer à la gare et qu’elle nous les apporte là-bas au milieu de la semaine. Nous n’en aurons pas besoin avant jeudi matin. Ah! Quelle gentillesse!!! Évidemment on accepte!

Bon, on réserve notre vol pour Londres, nos billets de bus pour Perth, on réserve pour la première nuit, une chambre dans l’hôtel où travaille Jacob et où se trouve notre arrêt de bus. Nous aurons notre chambre pour le tournoi à partir du mardi jusqu’au dimanche. Ensuite nous récupérerons notre voiture de location à Perth (on a eu un super bon prix) pour aller se promener dans les Highlands.

Carole écrit à Benoit pour lui proposer de prendre aussi nos bagages après le tournoi, qu’elle laissera dans sa voiture et quand nous finirons notre voyage elle viendra nous accueillir à la gare et nous reconduira à l’aéroport. Cette femme c’est un ange!

C’est comme Jonathan, chauffeur Uber, ancien combattant de la UFC mais surtout un ami de Benoit qui nous offre de venir nous reconduire à l’aéroport, comme il l’a fait pour notre voyage au Mexique. Nous apprécions tellement ces coups de main qui s’offrent au gré de nos aventures.

Souvent, les gens nous disent qu’ils nous trouvent chanceux de faire tous ces voyages et pourtant ça n’a rien à voir avec la chance. Bien sûr, Ben a pu garder ses billets d’avion (à très petit prix) d’ex employés d’Air Canada, mais il les a travaillé ces 17 années à faire l'entretien des avions, dans des conditions parfois épouvantables. Dans les hangars fermés il a été mis en contact avec des produits super dangereux et cancérigènes jusqu’à ce que la compagnie sécurise tout ça. Et finalement, victime de mise à pieds cavalière avec 2 000 autres employés en 2012, il a galéré pendant 3 ans à tenter de retrouver un travail décent. Ses billets, il les mérite amplement, moi oui peut-être suis-je chanceuse de pouvoir en profiter, c’est l’un des avantages que j’ai eu en devenant son épouse, il y a de cela 15 ans, quoique à cette époque nous ne voyagions pas encore.

Ces billets ont le désavantage d’être toujours standby : nous prenons le vol seulement s’il reste de la place, il nous est arrivé d’ailleurs quelques aventures, la plus spectaculaire à Francfort, lors du tournoi à Malbork. Une expérience hautement stressante! Faut être capable de vivre avec les imprévus, les incertitudes, les surprises et ne pas trop tenir à son confort.

Quand je regarde le tableau avec un peu de recul, je ne crois pas que beaucoup de gens échangeraient leur vie avec la nôtre. Faut vouloir vivre de cette façon, c’est un choix que nous avons fait tous les deux, il y a quelques années. Vivre dans ses valises au lieu de sa propre maison ou de son condo, n’avoir jamais vraiment le temps et les moyens de repeindre, de changer le rideau de douche, de mettre des plantes sur la rampe du balcon, d’acheter un lit (!) bref de remettre à plus tard une foule de choses parce que ton temps et ton argent passent sur tes voyages. C’est d’accepter de dormir sur une scène parmi les décors épars, derrière les rideaux d’un gymnase d’une école primaire; ou sur un futon dans un dojo et partager la douche avec une douzaine de personnes; ou de dormir dans une cabane ou le lit est aussi dur que le sol et que tu dois partager la douche et trois toilettes avec une trentaine de personnes pendant une semaine; ou dans une chambre tellement crasseuse que tu dors sur les couvertes; dormir dans une tente…sans équipement de camping; ou carrément dans un aéroport avec ta tonne de bagages à côté. C’est manger quand tu peux et pas toujours ce que tu veux. C’est aussi accepter de faire plus de 35 heures de transport sur un voyage de 6 jours, comme nous venons de le faire le mois dernier. Bien sûr, il y a des fois où les conditions sont excellentes, je pense à la superbe chambre à Claregalway, mais je dirais que c’est 50/50.

Bref…non ça n’a rien à voir avec la chance, c’est le résultat d’un choix de vie assez téméraire. Un choix qu’on a fait pendant notre grosse débâcle où nous avons perdu nos jobs, notre appart, notre chien et pas mal de joie de vivre. On a alors réajusté nos flûtes et on s’est promis de vivre un mode de vie qui nous rendra heureux, c’est bien parce qu’on se faisait la même idée du bonheur. Ça ressemble à celle que l’on vit maintenant.

Oh oui! J’oubliais! Voici le vidéo de cette année :



Puissant non?



To the tournament in Scotland: Teamwork!





We love to travel! Great! Because we hardly have the time "to look forward" to leave. This time, we returned to Montreal on April 4th and we will leave on May 6th, in 32 days! Does it look long 32 days? Truly not! First, our passports fail on April 8, must quickly redo the request to have them before leaving, yeah yeah I know, we have a little too procrastinated.

IMCF file: First the promotional video, must be finished and even if in fact it is not Benoit who create it, he researches the music with the designer, sends the piece to the rest of the presidium to have their approval, return the confirmation to Chris (the designer), ask the treasurer for the money to buy the music, pay it and send it to Chris. This one sends his work to Benoit who then shows it to the presidium then gives the OK or makes change if there are things that rattle.

Then, choose with Hubert the models of trophies and medals and then go through the treasurer, place the order and ensure that it will be delivered in Scotland before the tournament. There is also the problem of hotel rooms to be settled, we must ensure that all referees are housed and fed morning and afternoon for four days. We must know exactly how many need it and since it's double rental, there will be two referees per room. Benoit contacts those who will be accommodated (some sleep with their team or family elsewhere). He must know who sleeps where to make reservations. It also takes rooms for members of the presidium who need it, like us for example.

One morning, Kateryna contacted Benoit in panic, the whole team was denied their visa application. The problem is that Britain is afraid that it will be Ukrainians trying to immigrate illegally. Benoit contacts William and explains the situation, the latter gives him the email address of some of the guests of our famous dinner and ensures that he will also contact them on his side. We say that this meal may have been more useful than we thought, long live the diplomatic relations! With Benoit's cunning and efforts combined with William's help, in less than a week almost all visa applications are accepted. Kateryna is completely subjugated and of course very grateful.


There are also plenty of details to think like flags, this time, we want the IMCF to have its own flags of all participating countries. There are media passes to make, for the fifteen journalists, plus our official photographer, Caroline.

The schedule! Normally, the task of the secretary, still absent. The event should be promoted on social networks to the maximum, if at least everyone was going to circulate on Facebook, Instagram, etc. the ads and the video which is also breathtaking ... There may be 10-15% of the participants who do it. Yet we feel the excitement, 31 countries with their team are registered, almost 500 fighters, this is our biggest tournament so far.

Besides, it makes us very happy when the Scots send us pictures of them distributing pamphlets in Perth all dressed in armor. A good pub shot among the local population, a good part of our audience.


There are still journalists from here and elsewhere who communicate with Ben, it's not easy to manage because he also has his "real" work, paid that one, he gives appointments during his breaks when he comes home. The BBC offers to cover the event and talk about it every day on their morning show.  He would like one of their reporters to put armor and a go pro camera on his helmet and have a friendly fight with the Scottish team against a team of our choice. Benoit does not hesitate a second and warns the Ost of Quebec, they will move to the BBC.

Computers are open 24 hours a day, and Ben's phone receives 60 to 80 messages from around the world every day and night. Messages that he must answer quickly. Emails, text messages, messenger, on the boards, but that's where his ADHD is a great help. In those who have this disorder, they have problems of distractions and impulsivity, they have trouble sorting in order of importance. Benoit does not escape, except that in the circumstances, all his boxes are occupied, no room for other distractions and they are all "equally" urgent. It is as if he finds his comfort to forage at full speed on all his files and interferences, it requires quick actions that do not require sustained attention. Of course, for the person who lives with, me for example, it requires a very very large dose of understanding and patience. Must be able to live every day with impulsiveness in all his emotions in a roller coaster, although Benoit is naturally an intense being, it is always spectacular when approaching the world tournament. However, every day, he reserves a 15-20 minutes of nap, it fills nights of 5 hours.

I, in addition to be his devoted assistant, I have contracts to finish and his gambeson to do. As always, I go around our medieval stock to make sure everything is in order, Benoit made him some small repairs on his armor between two workouts. He constantly grumbles that this is not enough, he should in principle, train twice more. But he does not have the time, he lives two lives in parallel, that of a vice-president of a federation who organizes a very big world tournament of four days, and that of a bus driver for the city of Montreal is also a fighter who leaves in a few weeks in Scotland and is part of the CA of the Quebec Federation of Medieval Fights.

We are still juggling the various options available to us for our transportation, we have the same problem as last month, still no direct flight Montreal or even Toronto-Glasgow by Air Canada. Which forces us to take Montreal-London and pay for a flight or bus, like last time. However, this time, we have a ton of suitcases, we would like to take a flight, but it will cost us too much. With the bus, it is not possible since we exceed the limit, the train is almost as expensive as the plane. We look at the car rental option in London to get to Perth, that's also horribly expensive.

Then Jacob has an idea of ​​genius, why not deal with the English team who rent a truck to bring their weapons and armor, maybe we could contribute and put our big suitcases? Benoit communicates with team captain Rowland, with whom he fought at the Claregalway tournament in Ireland. After a few days the latter offers a great solution. Carole, one of the assisting ladies who follow and help the team, will leave on Tuesday with her car and her stock and will go up to Perth. As we arrive on Sunday in London, she offers to pick us up at the London airport, to take us with our luggage (costumes and armor), to drop us at the station and bring them there. mid-week. We will not need it until Thursday morning. Ah! What kindness!!! Obviously, we accept!

Well, we book our flight to London, our bus tickets to Perth, we reserve for the first night, a room in the hotel where Jacob works and where is our bus stop. We will have our room for the tournament from Tuesday to Sunday. Then we will pick up our car rental in Perth (we had a great price) to go for a walk in the Highlands.

Carole writes to Benoit to offer to take our luggage after the tournament, which she will leave in her car and when we finish our trip, she will welcome us at the station and we will drive to the airport. This woman is an angel!

It's like Jonathan, driver Uber, a veteran of the UFC but especially a friend of Benoit who offers to come and drive us to the airport, as he did for our trip to Mexico. We appreciate so much the help that comes with our adventures.

People often tell us that they think we are lucky to do all these trips and yet it has nothing to do with luck. Of course, Ben was able to keep his plane tickets (at a very low price) from Air Canada employees, but he worked them for 17 years doing maintenance on airplanes, sometimes in appalling conditions. In the closed hangars he was put in contact with super dangerous and carcinogenic products until the company secures all that. And finally, victim of cavalier dismissal with 2,000 other employees in 2012, he went through three years trying to find a decent job. His tickets, he deserves them amply, me yes maybe I'm lucky to be able to enjoy it, it's one of the advantages that I had when I became his wife, 15 years ago, although at that time we were not traveling yet.

These tickets have the disadvantage of being always standby: we take the flight only if there is a place, there have happened to us some adventures, the most spectacular in Frankfurt, during the tournament in Malbork. A highly stressful experience! You must be able to live with the unexpected, the uncertainties, the surprises and not to hold on to your comfort.


When I look all this with a little perspective, I do not think many people would exchange their life with ours. You must want to live this way, it's a choice we both made a few years ago. Living in your suitcases instead of your own home or condo, never really have time to repaint, change the shower curtain, put plants on the balcony railing, buy a bed (!) in short, postpone a lot of things because your time and money go on your travels. It is to agree to sleep on a scene among the scattered scenery, behind the curtains of a gymnasium of a primary school; or on a futon in a dojo and share the shower with a dozen people; or to sleep in a hut where the bed is as hard as the floor and you have to share the shower and three toilets with about thirty people for a week; or in a room so filthy that you sleep on the covers; sleeping in a tent ... without camping gear; Or outright in an airport with your ton of luggage next door. It's eating when you can and not always what you want. It's also accepting to do more than 35 hours of transportation on a 6-day trip, as we just did last month. Of course, there are times when the conditions are excellent, I think of the beautiful room in Claregalway...ahh.

In short ... no it has nothing to do with luck, it is the result of a rather reckless choice of life. A choice we made during our big debacle where we lost our jobs, our apartment, our dog and a lot of joy of living. We then readjusted our flutes and we promised ourselves to live a way of life that will make us happy, that's good because we had the same idea of ​​happiness. It looks like the one we live now.

Oh yes! I forgot! Here's the video of this year:


Powerful no?



vendredi 14 juin 2019

Le tirage en Écosse, Pâques 2018: partie 2




 Vendredi matin, il fait un temps radieux sur Bankfoot, Louise nous attend à la cuisine, elle a pris congé aujourd’hui pour que nous puissions préparer le tirage qui aura lieu demain. Scott est justement au salon avec son matériel pour faire les tableaux où l’on collera les petits drapeaux. La maison est de nouveau redevenue une ruche, ça bourdonne d’activités. Y a aussi les propriétaires qui sont revenus et qui vivent dans la partie arrière de la maison, jusqu’à ce que le tournoi soit terminé. Après, Louise, Jacob et Joshua devront quitter, leur bail étant échu.

Nous partons Ben, Louise et moi à Perth pour faire quelques achats, dont les ingrédients nécessaires pour faire des crêpes dimanche matin, que nous mangerons avec le sirop d’érable apporté dans nos bagages. Après tout ce sera Pâques, ce sera une bonne occasion pour faire découvrir les crêpes au VRAI sirop d’érable à nos ami(e)s.

En après-midi, nous allons faire un tour au palais pour voir avec Stephen si tout est en place pour demain. Il y a une petite lice aménagée pour que quelques combattants de la SKL puissent offrir des démonstrations de combat aux illustres invités avec qui nous dinerons. Benoit confirme avec Stephen que le tirage a lieu juste devant la chapelle, et qu’il soit bien filmé en direct pour nos internautes. Ce dernier nous informe de la marche à suivre pour se rendre au diner le lendemain, y a un protocole à respecter. Y aura aussi des journalistes sur place, qui veulent faire une entrevue avec Benoit. Ce sera assurément une journée fort occupée et très importante pour tout le monde : Ce sera l’annonce officielle du tournoi de Scone, pour l’IMCF, une fenêtre à la BBC et pour les combattants participants, le dévoilement de leur « pool » (leurs adversaires au premier tour).

C’est pourquoi on ne tarde pas trop et qu’on s’en retourne manger à la maison et s’assurer que tout est prêt pour demain. Notre soirée se passe à découper nos petits drapeaux et les étiquettes qui vont avec, tout en sirotant une bière.

Samedi matin, tout le monde est sul piton et prêt à affronter cette journée marathonienne. J’ai mis mes talons hauts et mon veston dans un sac pour le diner, parce que nous serons à l’extérieur tout l’avant midi, c’est-à-dire sur le gazon et la gravelle avec le froid et l’humidité. Donc j’ai des bottes et mon manteau et comme à mon habitude, j’ai quand même froid. Je me tiens près de la lice avec Louise, tandis que Benoit est nulle part et partout en même temps, tantôt discutant avec Stephen ou les combattants, tantôt répondant à un journaliste local. Chris vient nous rejoindre en milieu d’avant midi, le petit manteau, le kilt et les jambes nues, il semble totalement insensible au froid ambiant, c’est un vrai Écossais.




Avec Chris Capaldi

Autour de la lice, les Écossais discutent avant les démos

 Au bout d’un moment, j’ai trop froid, je rentre me réfugier dans la salle où sont installés les combattants, du moins leurs stock et leurs armures, c’est là qu’ils vont se changer pour la démonstration en après-midi. C’est aussi là où Benoit a donné son entrevue avec un journaliste de la BBC un peu plus tôt. Je me demande dans combien de temps nous irons diner et c’est avec cette petite incertitude que je décide de retourner dehors pour m’en informer. Je ne vois plus personne, sauf Stephen qui s’approche à grande vitesse en parlant dans son walkie-talkie, aïe! Je l’entends dire dans son appareil : « I found her » On m’attend et je n’ai pas eu le temps de mettre mon veston et mes souliers. Je le suis sans hésiter, vaut mieux ne pas faire attendre nos hôtes. Il m’escorte jusqu’à une porte, jamais vue jusque-là, sur le côté du palais, Louise, Chris et Benoit y sont et visiblement m’attendent avant d’entrer. Je me sens honteuse mais à voir leur air sans trop d’inquiétude, je me dis que ça ne doit pas faire trop longtemps qu’ils m’attendent. Stephen nous fait entrer dans un petit hall et un domestique (est-ce qu’on peut encore utiliser ce terme aujourd’hui?) vient nous libérer de nos manteaux et nous offrir un apéro avant de passer dans la pièce à côté. Je regarde piteusement Benoit je suis habillée un peu trop décontracte je pense, on essaie à deux de placer judicieusement mon châle et nous entrons dans un petit salon fort agréable. C’est dans cette partie du palais que vit la famille Murray. Nous saluons d’abord Lady Mansfield que nous avons rencontré il y a quelques mois, son fils William que nous connaissons pour l’avoir rencontré, il y a 18 mois à New York et Lord Mainsfield que nous rencontrons pour la première fois. Ensuite nous saluons son frère James Murray, le Major Monteith et son épouse, le maire Dennis Melloy et son épouse et Toby Metcalf le grand boss de Stephen. Le vice-premier ministre John Swinney, nous rejoindra un peu plus tard.

On se retrouve à tous converser, le feu qui brûle dans la cheminée réchauffe l’ambiance qui est tout de même étonnamment relax. Nous prenons l’apéro en faisant connaissance avec ces gens qui rapidement nous mettent à l’aise qui nous font presque oublier leur rang social.  Monsieur Metcalf vient me rejoindre en moins de minutes et j’ai du mal à cacher ma surprise quand il m’aborde d’emblée à propos de mon mémoire de maîtrise en anthropologie sur Bicolline. Apparemment il a fait ses recherches et il est vraiment curieux à propos de nous, mais aussi sur ma façon de percevoir ce nouveau sport. Il me demande combien de temps nous serons à Perth et inévitablement j’évoque notre voyage éclair…en autobus avec tous les désagréments rencontrés à l’aller. Nous rions de bon cœur et me dit qu’il nous trouve courageux, un peu fou mais surtout passionnés.

Puis Lady Mansfield nous signifie que c’est le moment de passer à table, en fine diplomate, elle a déjà décidé où chacun doit s’asseoir, je le réalise quand elle me présente le Major qui prend place à ma droite, le seul qui peut converser en français. C’est un choix judicieux et respectueux envers moi qui ne maîtrise pas aussi bien l’anglais que Benoit. Le repas est très simple, un pâté de viande délicieux et un plat sans gluten pour Benoit. Mon voisin de table me demande, tout de go, en pigeant dans son assiette, ce que je pense de la situation actuelle en Catalogne. Mais son regard en coin ne trompe pas, il semble un peu amusé et curieux à la fois. Je suis certaine qu’il se doute que je suis une fervente indépendantiste chez-moi, je ne m’en cache pas, et je poursuis avec lui la discussion qui est franchement agréable. Il m’explique qu’il possède une villa depuis de nombreuses années dans le sud de la France et c’est pourquoi il a fini par apprendre la langue de Molière. Lady Mansfield et son époux se font face, chacun aux extrémités de la table, visiblement habitués à ces rencontres protocolaires ou non. Ça me rappelle Downton Abbey, mais ici le maître du jeu c’est clairement Lady Mansfield. Je ne peux m’empêcher de sourire quand elle rappelle à son fils et son mari de moins parler et de finir de manger si on veut aller faire le tirage. Si l’encadrement demeure assez protocolaire, le diner en soi ne l’est pas vraiment, je n’irais pas jusqu’à raconter des blagues bien grivoises, mais on arrive à être confortable.

Après le dessert et le thé, pris assez rapidement, nous ne nous éternisons pas et passons tous dans le hall, où nous attend Stephen, pour prendre manteaux et parapluie parce qu’il pleut. Tout est orchestré, nous défilons en procession deux par deux jusqu’à la chapelle où Benoit commence le tirage. Il fait son introduction en rappelant que ce sera la première fois en 400 ans qu’aura lieu en Écosse, un tournoi de béhourd. Il ajoute que l’IMCF est fier de le présenter à Scone palace, là où a eu lieu le couronnement de tous les rois écossais. Il invite ensuite à tour de rôle les dignitaires à venir piger les pays dans chacune des catégories. Monsieur Swinney est arrivé juste à temps, avec son jeune fils, pour se joindre aux autres. 


Scott avec le tableau, ça a l'air de rien mais on a travaillé fort là-dessus.


Au bout d’une heure, le tirage est terminé et bien que le temps soit passablement pluvieux, la plupart des invités d’honneurs et des visiteurs sont curieux de voir les démonstrations de combat. Ils s’agglutinent donc autour de la lice, Benoit, lui, est occupé à donner une autre entrevue, alors que moi je retourne au chaud et au sec dans le petit café à l’intérieur du palais. D’ailleurs le reste des invités y est, à siroter une tasse de thé ou de café.

Une partie de l'équipe écossaise, des gars bien sympatiques ces Écossais!


En fin d’après-midi, nous retournons à Bankfoot et soupons modestement de quelques trucs achetés à l’épicerie la veille, en compagnie de nos amis. Tous dans le petit salon, nous discutons des pools, probablement comme beaucoup de combattant(e)s à travers le monde, ceux et celles qui participeront à notre tournoi.

Dimanche matin, c’est Pâques et bien que nous ne soyons absolument pas pratiquant, nous conservons quelques traditions, surtout celles qui sont culinaires. Faut dire que le sirop d’érable est sans nul doute notre aliment le plus ancien, cadeau des Amérindiens. Dire qu’ils nous ont appris à survivre dans ce rude climat, nous ont enseigné multiples choses essentielles, en échange, nous leur avons donné les outils pour s’autodétruire, des armes à feu, mais surtout de l’alcool.

Je prépare donc une bonne quantité de pâte à crêpe sous l’œil attentif de nos hôtes, ça me rappelle la cuisine de mon restaurant il y a déjà plusieurs années. L’avantage c’est que c’est pas compliqué et tellement bon, surtout avec le sirop.

Ben qui nous présente un ambré 2017 ;-) 

Après le déjeuner nous allons à Perth pour visiter un tout petit peu, c’est la troisième fois que nous venons à Scone en moins d’un an et nous n’avons toujours pas vu le cœur de la petite ville. Nous en profiterons pour distribuer des pamphlets car y paraîtrait que cette tâche a été un peu escamotée, l’administration du palais était sensé faire des pamphlets et en distribuer depuis longtemps. Lorsque nous en avons parlé directement à Lady Murray hier, elle est partie chercher une boîte pleine qui traînait dans leur bureau. Elle semblait un peu contrariée, je me demande si c’est notre approche ou parce qu’il y a eu négligence envers notre événement, j’aime mieux opter pour la seconde hypothèse. Nous en apporterons quelques piles avec nous et irons les distribuer un peu partout. Nous irons en transport en commun, un autobus nous prendra sur la rue juste à côté. Ben est toujours un peu curieux de rencontrer des gens qui pratiquent le même métier que lui pour comparer.

Mes lunettes soleil...au printemps en Écosse.

En Écosse comme dans d'autres pays européens, on se stationne comme on veut et comme on peut, différentes directions et souvent sur le trottoir.

C'est pas clair mais c'est Jacob et Benoit dans le petit chemin de traverse entre la maison et la petite épicerie.

Je suis toujours ravie de voir que les vieilles maisons servent.

Ça aussi c'est quelque chose que j'ai vu en Flandres, on donne un nom à sa maison et il n'y a pas de numéro de porte visible...

Sont classes ces bus.

Au bout d’une quinzaine de minutes, nous sommes directement au milieu de Perth et décidons d’aller au bureau touristique pour laisser d’autres pamphlets. La p’tite dame nous dit que quelqu’un est venu en porter une pile il y a un mois de ça. En principe c’était sensé se faire au mois de décembre après notre assemblée générale, je pousse un long soupir et je roule probablement des yeux, Ben fait mine de ne pas trop remarquer et laisse tout de même d’autres publicités pour notre tournoi.

Nous passons une petite heure à entrer dans les bistrots, pubs, magasins ou tout autre endroits qui nous semblent propices. Évidemment les gens sont curieux et veulent savoir ce que nous annonçons, ce qui nous indique qu’il y a eu peu de publicité de faite jusqu’à maintenant. À l’occasion, certains se souviennent du tournoi en juillet dernier ou bien ils ont vu ou entendu une entrevue donnée par Benoit ou un membre de la SKL. Mais c’est assez unanime, tout le monde est enthousiaste et la plupart veut y venir.

On s’arrête pour prendre un café et on repart, cette fois, nous allons au centre sportif, les gens au comptoir sont très très curieux et posent beaucoup de questions. Du moment que les sportifs comprennent que ce n’est pas du grandeur nature (GN ou LARP) ils sont généralement excités à l’idée d’essayer ce « nouveau » sport.

Nous allons aussi en distribuer dans les épiceries à grande surface, et bientôt nous nous arrêtons pour manger un fameux fish&chips. Moi je suis amusée quand j’entre dans les commerces et qu’on m’aborde avec un « allo » ou « aye » qui semblent faire partie des formules de salutation ici. Pour la Québécoise que je suis, c’est comme si je rencontrais chaque fois des amis. Mais en même temps, dans la langue écossaise on entend souvent l’influence du vocabulaire français. Disons que l’histoire de l’Écosse et de la France sont souvent entremêlée et qu’avoir un ennemi commun (l’Angleterre) ça favorise les rapprochements et les alliances.     

En plein coeur de Perth

Un distributeur d'oeufs frais et de pommes de terre. :-o

Pour donner une idée des prix dans ce petit resto de fish & chips. Notez que c'est environ 1,70 canadien pour une livre sterling, un peu plus cher que l'euro. Moi je doublais systématiquement. Ainsi j'avais pas de mauvaise surprise.
  

Une des choses étranges qu'on me dit que je doive absolument goûter si je veux manger écossais, c'est une barre mars frite.


En fin d’après-midi, il commence à faire froid et nous sommes fatigués, nous retournons à Bankfoot par le même autobus avec la satisfaction d’avoir fait du bon travail. Bon du travail qu’on aurait aimé mieux ne pas faire mais ça nous aura permis de prendre le pouls de la population directement. Nous passons à la petite épicerie du village avant de rentrer au chaud et finir notre journée avec nos amis, c’est notre dernière soirée, car nous reprenons le bus tant redouté demain soir. Cette fois nous voyagerons de nuit, en espérant dormir une bonne partie du trajet.

La journée du lundi est assez tranquille puisque tout le monde travaille, c’est pourquoi nous en profitons pour aller nous balader au village, en quête d’un pub où nous pourrions prendre un vrai bon repas. Nous trouvons le parfait pub, mais il s’avère qu’il est fermé la semaine pendant la saison morte. Nous sommes déçus parce qu’il ne semble n’y avoir aucun restaurant, du moins aucun d’ouvert. Il n’y a personne dans les rues, c’est tellement tranquille, trop tranquille! Après avoir déambulé de long en large, et pris quelques photos, nous allons à la seule petite épicerie qui rappelle le magasin général de n’importe quel village ou de quartier. On en profite pour se faire des provisions pour ce soir dans l’autobus et une fois dans notre chambre on chargera les batteries de nos téléphones au maximum.  

Remarquez sur le panneau «dogs welcome», ah que j'aime ce pays et ses gens!


Un pays où il pleut beaucoup, je trouve l'idée assez ingénieuse, c'est entre le trottoir et la rue..

Un arbre exotique pour moi.






En fin de journée, Louise nous reconduit à notre terminus d’autobus, ce n’est qu’un au revoir, il ne se passera même pas deux mois avant que nous revenions. Nous savons aussi tous les trois que durant ce laps de temps nous allons devoir courir chacun de notre côté de l’Atlantique pour finir de préparer ce gros événement.

Le ciel est dégagé nous pourrons voir un peu de paysage avant qu’il ne fasse nuit, dans le bus, loin des toilettes, nous essayons les prises à côté, elles fonctionnent yeah! Bon je ne suis pas certaine que nous en aurons besoin, mais c’est une sureté de plus, notre sac à dos est plein de stock pour manger et boire. Finalement nous dormons la moitié du trajet, un trajet qui se fait beaucoup plus rapidement parce qu’il se fait au milieu de la nuit. Résultat quand on arrive à la grise gare, nous sommes un peu plus reposés et nous avons de quoi déjeuner et grignoter jusque dans l’avion qui nous ramène à Montréal. Faut être un peu fou quand même, faire tout ça en moins de six jours, définitivement, le mois prochain nous restons 2 semaines!  










mercredi 12 juin 2019

Le tirage en Écosse, Pâques 2018: partie 1






Mercredi 28 mars, nous nous envolons pour Londres, un vol de 5 heures sans Internet, téléphone ou texto, des vraies vacances! Évidemment je blague car la machine (les projets, les idées, les pense-bêtes, les vérifications, etc.) continue de rouler même en avion et probablement le fera pendant notre trajet en autobus. Nous sommes excités et nerveux, c’est gros ce tournoi! Déjà nous avons notre dîner mondain au palais où nous sommes conscients que nous y serons les étranges énergumènes Québécois, mais Benoit a aussi quelques entrevues à donner. Depuis qu’il a eu cette mini entrevue le mois dernier avec la BBC, au téléphone pendant sa pause au travail, il est de plus en plus sollicité. Il doit justement donner d’autres entrevues cette fin de semaine, la BBC est très intéressée par ce que nous faisons à l’IMCF.

Notre premier contact avec l’aéroport Heathrow est décevant, en fait c’est froid, les gens évitent les contacts visuels, ils semblent blasés. Tout est mal indiqué, on tourne en rond, beaucoup trop à notre goût. Le pire reste les ascenseurs (qui s’arrêtent à notre étage 1 fois sur 3) pour joindre le stationnement ou la navette, ce qui est notre cas. J’ai jamais vu autant de monde attendre aussi longtemps pour sortir. On envisage même de trouver les escaliers et descendre par-là, cette fois nous avons juste une grosse valise et deux bagages de cabine, nous avons le luxe de choisir. On ne les trouve pas, et pas d’agent ou de commis, comme dans de nombreux aéroports pour aider les voyageurs à s’y retrouver. Au bout d’une vingtaine de minutes, nous affichons probablement le même air renfrogné que les gens autour de nous. Nous finissons par arriver à notre navette, elle nous amène à la gare d’autobus du centre-ville, nous avons acheté nos billets par Internet et nous espérons arriver à temps. En achetant longtemps d’avance, les billets sont vraiment pas cher, mais si on manque notre autobus, le prix aura doublé. Donc on court!

On met une bonne dizaine de minutes pour trouver des toilettes qui sont plus ou moins propres, la gare en elle-même est un peu repoussante, tout est mal indiqué, les employés ont l’air bête et peu enclin à aider les voyageurs perdus, ils en font le moins possible. Y a des itinérants couchés un peu partout et les lieux ne brillent pas par leur propreté. Quand on trouve notre autobus, il y a déjà un bon groupe de voyageurs qui attend le même bus, bien sûr plus aucune chaise n’est libre. Comme c’est un autobus qui se rend jusqu’en Écosse, j’imagine que plusieurs de ces passagers profitent du congé Pascal pour se rendre dans leur famille.

Nous avons décidé de prendre le bus par souci financier : le vol de Londres à Glasgow, juste à l’aller, nous aurait coûté (pour les deux) un bon 250-300$, plus le bus pour aller ensuite à Perth, une soixantaine de dollars, puis un taxi vers Bankfoot, une cinquantaine de dollars

L’autobus de Londres jusqu’à Perth nous en coûte, à deux et à l’aller, une quarantaine de dollars, nous descendons à une quinzaine de kilomètres de Bankfoot où nous payerons 50$ de taxi. La décision s’est prise assez rapidement.

Le mois prochain, nous devrons toutefois nous y prendre autrement pour le tournoi car nous ne pouvons prendre le bus avec plus d’une grosse valise par personne dans la soute à bagages. Les combattant(e)s ne pourront pas envisager cette option.

Bien sûr, c’est un trajet de 10-12 heures, mais nous avons de quoi grignoter, une bouteille d’eau, il y a du Wi-Fi et des toilettes dans le bus, on regardera le paysage, on jasera ou, on dormira. De toute façon, quand il arrêtera en chemin, on fera le plein ou le vide…

J’ignore pourquoi, normalement nous sommes plus prévoyant, mais cette fois-ci, nous avons manqué notre coup. C’est très long 12 heures de bus! Surtout pris sur l’autoroute dans un traffic monstre et sous la pluie. D’abord, nous n’avions pas de Wi-Fi, les prises pour charger nos appareils ne fonctionnent pas, ainsi après avoir épuisé nos batteries sur des jeux, nos appareils sont morts. Je suis incapable de lire en voiture ou autobus, ça me donne la nausée. Aussi on a apporté de quoi grignoter, mais rien d’assez consistant pour nourrir suffisamment sur une aussi longue période. Que dire de nos deux bouteilles de 500 ml d’eau? Pour compléter ce tableau apocalyptique, nos sièges sont tout près de la toilette qui a cessé de fonctionner quelques heures après notre départ, et je n’ai pas dit que les passagers ont cessé de les utiliser !!  L’odeur !!  

Est-ce que ça pourrait être pire? Oui! Je sais pas pourquoi j’ai cru que l’autobus arrêterait en chemin autrement que pour faire descendre les passagers à leur destination. Birmingham, Liverpool, Manchester, Lancaster, Glasgow, les quelques villes où nous n’arrêtons que quelques minutes. On le sait parce que le chauffeur les annonce et elles apparaissent sur l’écran lumineux au bout du couloir. Si au moins on pouvait voir du paysage, la brume, la pluie, et la buée sur les vitres nous empêchent de voir, surtout quand il commence à faire noir. Si nous étions assis devant, nous pourrions avoir toujours une idée du lieu où nous sommes et du temps approximatif qu’il nous reste, mais tout au fond de l’autobus, on ne voit rien du tout et comme nos téléphones sont morts, on ne peut se fier aux GPS, le trajet nous semble une éternité…en enfer. On a beau faire de petites siestes, mais ça reste insuffisant, c’est tellement long. On ne peut même pas se fier sur les places qui pourraient se libérer et changer de place, y en a très peu et chaque fois qu’elles se libèrent, les passagers qui montent les prennent aussitôt. Au moins quand on s’arrête à Glasgow nous savons qu’il nous reste maximum 2 heures. À Stirling nous commençons à nous rapailler et à nous avancer parce que la moitié du bus y est descendue, là et à Glasgow.

Par chance, notre arrêt à Perth se trouve tout près de l’hôtel Econo lodge où travaille Jacob en ce moment précis, il y travaille de nuit, nous nous ruons à l’intérieur. Nous sommes ravis de le revoir, mais nous avons d’abord besoin des toilettes puis de manger, nous avons remarqué un McDo juste en face de l’hôtel, on espère qu’il soit ouvert malgré l’heure très tardive. Mais nous apprenons que si les lumières y sont allumées, c’est parce qu’une équipe d’ouvriers y travaillent, le nouveau restaurant ouvrira ses portes dans quelques semaines. Merde! On aboutit dans un genre de Couche-tard à 2 minutes à pied, c’est tout ce qu’il y a autour, nous revenons avec absolument rien de nourrissant, sauf peut-être mon sandwich pré-emballé. Jacob nous appelle un taxi et nous donne l’adresse à Bankfoot où il viendra nous rejoindre demain matin. Louise et Joshua y sont de toute façon et nous attendent ou auront laissé la porte déverrouillée.

Une chance que le trajet ne dure qu’une quinzaine de minutes, je ne supporte plus de rouler, mais le sympathique chauffeur nous fait oublier que sur 24 heures, nous avons passé plus de 20 heures sur la route, l’avion, la navette, l’autobus et maintenant le taxi. Et c’est en s’échouant tel un bateau sur un rivage bienveillant, que nous retrouvons notre lit dans la même chambre qu’en novembre. Si j’ai un conseil à donner aux Québécois comme nous, habitués à nos grands espaces comparés à la taille plus modeste des pays européens. « Ne jamais sous-estimer la distance et le temps de transport en Europe ».