Mercredi 28 mars, nous nous envolons pour
Londres, un vol de 5 heures sans Internet, téléphone ou texto, des vraies
vacances! Évidemment je blague car la machine (les projets, les idées, les
pense-bêtes, les vérifications, etc.) continue de rouler même en avion et
probablement le fera pendant notre trajet en autobus. Nous sommes excités et
nerveux, c’est gros ce tournoi! Déjà nous avons notre dîner mondain au palais
où nous sommes conscients que nous y serons les étranges énergumènes Québécois,
mais Benoit a aussi quelques entrevues à donner. Depuis qu’il a eu cette mini entrevue
le mois dernier avec la BBC, au téléphone pendant sa pause au travail, il est
de plus en plus sollicité. Il doit justement donner d’autres entrevues cette
fin de semaine, la BBC est très intéressée par ce que nous faisons à l’IMCF.
Notre premier contact avec l’aéroport
Heathrow est décevant, en fait c’est froid, les gens évitent les contacts
visuels, ils semblent blasés. Tout est mal indiqué, on tourne en rond, beaucoup
trop à notre goût. Le pire reste les ascenseurs (qui s’arrêtent à notre étage 1
fois sur 3) pour joindre le stationnement ou la navette, ce qui est notre cas. J’ai
jamais vu autant de monde attendre aussi longtemps pour sortir. On envisage
même de trouver les escaliers et descendre par-là, cette fois nous avons juste
une grosse valise et deux bagages de cabine, nous avons le luxe de choisir. On
ne les trouve pas, et pas d’agent ou de commis, comme dans de nombreux
aéroports pour aider les voyageurs à s’y retrouver. Au bout d’une vingtaine de
minutes, nous affichons probablement le même air renfrogné que les gens autour
de nous. Nous finissons par arriver à notre navette, elle nous amène à la gare
d’autobus du centre-ville, nous avons acheté nos billets par Internet et nous
espérons arriver à temps. En achetant longtemps d’avance, les billets sont
vraiment pas cher, mais si on manque notre autobus, le prix aura doublé. Donc
on court!
On met une bonne dizaine de minutes pour
trouver des toilettes qui sont plus ou moins propres, la gare en elle-même est
un peu repoussante, tout est mal indiqué, les employés ont l’air bête et peu
enclin à aider les voyageurs perdus, ils en font le moins possible. Y a des
itinérants couchés un peu partout et les lieux ne brillent pas par leur
propreté. Quand on trouve notre autobus, il y a déjà un bon groupe de voyageurs
qui attend le même bus, bien sûr plus aucune chaise n’est libre. Comme c’est un
autobus qui se rend jusqu’en Écosse, j’imagine que plusieurs de ces passagers
profitent du congé Pascal pour se rendre dans leur famille.
Nous avons décidé de prendre le bus par
souci financier : le vol de Londres à Glasgow, juste à l’aller, nous
aurait coûté (pour les deux) un bon 250-300$, plus le bus pour aller ensuite à
Perth, une soixantaine de dollars, puis un taxi vers Bankfoot, une cinquantaine
de dollars
L’autobus de Londres jusqu’à Perth nous en
coûte, à deux et à l’aller, une quarantaine de dollars, nous descendons à une
quinzaine de kilomètres de Bankfoot où nous payerons 50$ de taxi. La décision
s’est prise assez rapidement.
Le mois prochain, nous devrons toutefois
nous y prendre autrement pour le tournoi car nous ne pouvons prendre le bus
avec plus d’une grosse valise par personne dans la soute à bagages. Les
combattant(e)s ne pourront pas envisager cette option.
Bien sûr, c’est un trajet de 10-12 heures,
mais nous avons de quoi grignoter, une bouteille d’eau, il y a du Wi-Fi et des
toilettes dans le bus, on regardera le paysage, on jasera ou, on dormira. De
toute façon, quand il arrêtera en chemin, on fera le plein ou le vide…
J’ignore pourquoi, normalement nous sommes
plus prévoyant, mais cette fois-ci, nous avons manqué notre coup. C’est très
long 12 heures de bus! Surtout pris sur l’autoroute dans un traffic monstre et
sous la pluie. D’abord, nous n’avions pas de Wi-Fi, les prises pour charger nos
appareils ne fonctionnent pas, ainsi après avoir épuisé nos batteries sur des
jeux, nos appareils sont morts. Je suis incapable de lire en voiture ou
autobus, ça me donne la nausée. Aussi on a apporté de quoi grignoter, mais rien
d’assez consistant pour nourrir suffisamment sur une aussi longue période. Que
dire de nos deux bouteilles de 500 ml d’eau? Pour compléter ce tableau apocalyptique,
nos sièges sont tout près de la toilette qui a cessé de fonctionner quelques
heures après notre départ, et je n’ai pas dit que les passagers ont cessé de
les utiliser !! L’odeur !!
Est-ce que ça pourrait être pire? Oui! Je
sais pas pourquoi j’ai cru que l’autobus arrêterait en chemin autrement que
pour faire descendre les passagers à leur destination. Birmingham, Liverpool,
Manchester, Lancaster, Glasgow, les quelques villes où nous n’arrêtons que
quelques minutes. On le sait parce que le chauffeur les annonce et elles apparaissent
sur l’écran lumineux au bout du couloir. Si au moins on pouvait voir du paysage,
la brume, la pluie, et la buée sur les vitres nous empêchent de voir, surtout
quand il commence à faire noir. Si nous étions assis devant, nous pourrions
avoir toujours une idée du lieu où nous sommes et du temps approximatif qu’il
nous reste, mais tout au fond de l’autobus, on ne voit rien du tout et comme
nos téléphones sont morts, on ne peut se fier aux GPS, le trajet nous semble
une éternité…en enfer. On a beau faire de petites siestes, mais ça reste
insuffisant, c’est tellement long. On ne peut même pas se fier sur les places
qui pourraient se libérer et changer de place, y en a très peu et chaque fois
qu’elles se libèrent, les passagers qui montent les prennent aussitôt. Au moins
quand on s’arrête à Glasgow nous savons qu’il nous reste maximum 2 heures. À Stirling
nous commençons à nous rapailler et à nous avancer parce que la moitié du bus y
est descendue, là et à Glasgow.
Par chance, notre arrêt à Perth se trouve
tout près de l’hôtel Econo lodge où travaille Jacob en ce moment précis, il y
travaille de nuit, nous nous ruons à l’intérieur. Nous sommes ravis de le
revoir, mais nous avons d’abord besoin des toilettes puis de manger, nous avons
remarqué un McDo juste en face de l’hôtel, on espère qu’il soit ouvert malgré
l’heure très tardive. Mais nous apprenons que si les lumières y sont allumées,
c’est parce qu’une équipe d’ouvriers y travaillent, le nouveau restaurant
ouvrira ses portes dans quelques semaines. Merde! On aboutit dans un genre de
Couche-tard à 2 minutes à pied, c’est tout ce qu’il y a autour, nous revenons
avec absolument rien de nourrissant, sauf peut-être mon sandwich pré-emballé.
Jacob nous appelle un taxi et nous donne l’adresse à Bankfoot où il viendra
nous rejoindre demain matin. Louise et Joshua y sont de toute façon et nous
attendent ou auront laissé la porte déverrouillée.
Une chance que le trajet ne dure qu’une
quinzaine de minutes, je ne supporte plus de rouler, mais le sympathique
chauffeur nous fait oublier que sur 24 heures, nous avons passé plus de 20
heures sur la route, l’avion, la navette, l’autobus et maintenant le taxi. Et
c’est en s’échouant tel un bateau sur un rivage bienveillant, que nous
retrouvons notre lit dans la même chambre qu’en novembre. Si j’ai un conseil à
donner aux Québécois comme nous, habitués à nos grands espaces comparés à la
taille plus modeste des pays européens. « Ne jamais sous-estimer la
distance et le temps de transport en Europe ».


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