mardi 15 décembre 2020

L'Écosse Tournoi IMCF 2018 jour 2

 




Aujourd’hui, y aura les combats en épée longue et une partie des combats en équipe de 5 contre 5, l’équipe du Québec fait partie de ceux qui combattront en fin d’après-midi. Pour ce qui est des duels, Béné se présentera pour une quatrième année. En 2015 elle avait remporté l’or en Pologne et encore l’année suivante au Portugal. Au Danemark, l’an dernier, celle-ci, avait subi une cuisante défaite en ne se classant pas. Comment ça se passera cette année? Andrew, normalement notre duelliste à l’épée longue, a laissé la place vacante cette année et personne ne s’est présenté pour le remplacer. Malheureusement, je ne pourrai suivre les premiers combats car je dois absolument m’occuper des sacs de t-shirts commandés par les équipes, qui sont arrivés depuis quelque jours et qui traînent dans un coin de la grande tente. Hubert et Benoit me l’ont demandé car le reste du présidium est occupé ailleurs et qu’ils ont besoin d’une personne de confiance capable de le faire rapidement, pour ensuite les remettre aux équipes.




Donc après avoir pris notre déjeuner ensemble, nous prenons chacun notre bord une fois rendus sur le chemin qui mène au palais. Benoit va à la lice et moi à la grande tente. Je dois à partir de ma liste de commandes, faire les paquets de chaque équipe, comprenant le chandail selon la grandeur avec un poster et une agrafe du logo de l’IMCF. Tout a été mis dans deux gros sacs posés entre le panneau de la tente et une longue table, l’urgence de les livrer rapidement est autant parce qu’ils risquent de prendre l’eau que d’être volés. Mis à part moi et le barman, seulement quelques Français occupent les lieux. Ces derniers semblent accompagner normalement l’équipe, ce matin, ils sont visiblement plus intéressés à boire un verre qu’à regarder les combats qui se déroulent à l’autre bout du terrain. C’est tranquille, ça devrait aller assez vite.

 

Je me dis au bout d’un moment que ce serait bien que des membres des équipes passent chercher leur paquet, comme je n’ai pas de boîte ou d’autres sacs, je suis bien obligée de faire des piles identifiées sur la longue table. Quand j’ai terminé, j’attends que Benoit passe ou quelqu’un qui puisse me relayer, le problème c’est qu’on n’a pas pensé à avertir qui que ce soit. La grosse tente est assez isolée, dans le champ près du campement écossais, mais à cette heure-ci, pratiquement tout le monde est là où y a l’action. Ma bouteille d’eau est vide, le bar est excessivement cher, j’ai faim, j’ai besoin d’aller aux toilettes, je n’ai pas de radio pour appeler, qu’est-ce que je fais? Il pourrait se passer encore quelques heures avant que j’obtienne du renfort. Bon alors que je décide de quitter avec, dans ma sacoche, la commande de l’Ost du Québec, Ben arrive justement pour qu’on puisse aller manger un morceau. Je lui montre les piles judicieusement revérifiées au moins 3 fois, et nous décidons finalement de les laisser là, on ne peut pas tout faire. On va avertir les capitaines pour qu’ils passent les chercher à la tente le plus vite possible on va se fier sur l’honnêteté de chacun.

 

Ben m’annonce que Béné est sortie de son pool, elle va en quart de finale cet après-midi, yeah!


 

Il fait encore un soleil radieux aujourd’hui et y a du monde partout, autour de la lice c’est tellement paqueté que plus de la moitié du public est installé confortablement par terre et suit les combats directement sur l’écran géant. Pour l’instant, c’est la pause du diner et les deux foodtrucks font des affaires en or, y aurait certainement pu y en avoir au moins deux autres, mais Stephen, comme pour la location de sièges, a sous-estimé le nombre de spectateurs durant le tournoi. J’imagine que demain et dimanche, ça va augmenter encore, mais nous avons fait notre part du contrat, la responsabilité des infrastructures, ça ne nous appartient pas.

 

   Nous croisons Carole qui doit aller en ville faire des courses et elle m’offre de l’accompagner si j’ai besoin d’y aller aussi, justement ça tombe bien! Ben s’en va pour commenter les combats en haut. Je manquerai le début du 5 contre 5, mais je devrais être de retour pour voir Béné, je saisi l’occasion d’aller en ville, on a toujours plein de trucs à acheter quand on se retrouve loin des épiceries et des magasins. Carole est absolument adorable, nous discutons, même si je cherche toujours mes mots en anglais, mais elle-même pratique un peu de français, c’est fou comme les barrières linguistiques tombent rapidement quand on s’amuse. Évidemment nous sommes costumées, et, attirons tous les regards même si les gens de Perth savent qu’il y a un tournoi là-haut au palais de Scone.

 

Une fois à l’intérieur, je prends un temps fou, j’aime déambuler dans les allées de supermarché, peu importe le pays où nous allons, je ne manque pas une fois d’y aller. C’est là qu’on en apprend le plus sur la population locale, les habitudes alimentaires, leur façon de gérer (ou pas) leurs enfants dans les allées, si on cuisine beaucoup ou on mange beaucoup de surgelés, si on se soucie des allergies, du bio, du local, etc. C’est un peu comme aller faire un tour dans la cour arrière du voisin, c’est le quotidien, c’est là où s’achète le papier de toilette, le savon à linge, le 5 livres de patates et la viande. Il y a moins de touristes et une plus grande concentration de locaux. On trouve d’ailleurs beaucoup de produits provenant d’Écosse ou du moins des îles britanniques. Moi, c’est immanquable, je fais chaque fois, ma provision de cheddar! Carole, elle, fait une razzia d’oranges et de jellybeans, entre deux rounds, elle en approvisionne toujours son équipe et les pique-assiettes qui tournent autour…dont moi. C’est une femme qui donne sans jamais compter, le genre de personne qui ne peut pas avoir d’ennemi.

 

Nous revenons alors que les duels ont recommencé et j’apprends que Béné a gagné en quart de finale contre la Polonaise et qu’elle affrontera dans une vingtaine de minutes la Suédoise. Ça me donne le temps d’aider Carole à porter ses sacs à leur kiosque et de laisser mes achats dans notre tente.

 

Je me laisse distraire en chemin, ça arrive tout le temps, soit on cherche Benoit, soit je croise des connaissances ou seulement parce qu’on veut prendre des photos avec «Merida» (moi). Je retrouve avec joie Donna, la femme de Dave qui nous avait accueilli chez elle lors de notre première visite en Écosse. Elle est en costume au kiosque de la SKL (ligue écossaise de combats) et je retrouve aussi avec bonheur son gros toutou D’Argo.

 

 Là j’apprends que Béné vient de perdre en semi finale et qu’elle a un prochain duel contre la Sud-africaine pour déterminer qui gagnera la troisième place.

 

Cette fois, je reste au campement avec Ben qui vient se changer avec ses co-équipiers, après les duels qui s’achèvent, c’est eux qui prendront la relève. Je l’aide un peu avec son armure et lui offre quelques trucs à grignoter et à boire

 

 Entre temps, une partie du groupe, accompagné de Belges, reviennent tout triomphant : Béné a gagné la médaille de bronze, troisième médaille pour le Québec. Formidable! Bravo Béné!

 

Presque tout le monde est là pour manger, récupérer, se préparer, réparer une pièce ou prendre un peu d’ombre, j’en profite pour remettre les tee-shirts, les pins IMCF et les posters à ceux et celles qui en avaient commandé.








Le béhourd en 5 contre 5, catégorie de plus en plus populaire, est commencé. En fin d’après-midi, notre équipe affronte celle de la Finlande, c’est un massacre, notre équipe ne gagne pas un round. Ce n’est pas vraiment une surprise, elle n’était pas bien préparée : organisée à la dernière minute; des combattants qui annulent à quelques mois du tournoi; des vétérans trop confiants; des nouveaux; du monde pas habitué de travailler ensemble; des restants de préjugés causés par des chicanes antérieures. Mais une chose est sûre, si l’équipe réduite à six, a manqué de préparation en tant que combattants, l’équipe entière (tout le groupe de Québécois.ses) se soude formidablement pendant ce voyage. Une franche camaraderie dans cette belle cohésion comme je n’en ai jamais vu avant cette année, à mes yeux, ça en fait une équipe gagnante. Et c’est ça le secret d’une équipe qui gagne, les gens travaillent ensemble et non pas chacun de son côté pour essayer de prouver quoi que ce soit.

 

C’est sans grande surprise alors si nos gars perdent aussi contre l’Australie et les États-Unis, mais nous sommes là pour les soutenir. Faut voir le positif, il n’y a plus de pression en ce qui concerne leur performance, ceux qui le veulent pourront toujours participer aux grands combats amicaux en fin de journée (All v/s all), comme celui qui débute dans quelques minutes.  Andrew et Charles sont les seuls qui décident de participer pour un round. Ce sera pour Andrew de courte durée, avant même de pouvoir commencer, il est mis hors combat à cause d'une pièce d'équipement déficiente.  

 






Dans cet univers fortement médiéval européen, les asiatiques, sont toujours un sujet de curiosité chez les spectateurs mais aussi dans la communauté IMCF.

 

Cette année, nos amis japonais n’ont malheureusement pu venir mais nous avons un duelliste thaïlandais et une équipe complète de Chinois. Ils sont partout, ils apparaissent évidemment comme très exotiques, comme l’avaient été les Japonais il y a quelques années. Ils ont une super bonne attitude et ils sont acceptés rapidement dans la communauté. Plus tôt dans la journée, ils ont attiré l’attention sur eux lors de leur combat contre les Luxembourgeois, lorsque le capitaine dans une crise de panique, a subitement ôté son casque quand il s’est retrouvé au sol. Ce qui est hautement dangereux tant que le round n’est pas terminé. Il est fréquent qu’un combattant tombe sur ses camarades au sol ou qu’une arme s’accroche ou tombe n’importe où, faut donc garder son armure sur soi. Spontanément l’un des combattants de l’équipe du Luxembourg, Misch, déjà au sol a eu la vivacité d’esprit de protéger la tête du capitaine chinois à l’aide de son bouclier.

 

Notre photographe Caroline a su capter ce magnifique moment, qui montre la fraternité et le fairplay si présents à l’IMCF.


 

   

    

mardi 8 décembre 2020

L'Écosse Tournoi IMCF 2018 jour 1





Ce matin, je laisse Benoit partir devant, tellement il est stressé…et stressant, et même si je comprends pourquoi, je pense que c’est mieux pour nous deux. J’en profite pour faire l’inventaire de ce que j’ai dans la chambre qui pourrait m’être utile aujourd’hui : bouffe, chargeur, crème solaire, etc. Je descends manger et je croise Julia qui me donne les broches commandées au printemps pour mon équipe. Je vais pouvoir leur remettre ce matin, tout le monde devrait être au campement en train de se préparer pour la cérémonie d’ouverture.

Je ne tarde pas dans la salle à manger et file rejoindre ma gang. Comme pour se faire pardonner pour les deux dernières journées grises, humides et venteuses, Mère nature a décidé de nous offrir un beau matin ensoleillé. Le fond de l’air est frais, c’est une bonne chose si ça reste ainsi pour le reste de la journée, mais bon ce serait inhabituel pour l’Écosse.








Je suis tout de même surprise de voir autant de voitures pour la cérémonie d’ouverture du tournoi. Celles-ci s’agglutinent tranquillement dans le stationnement aménagé pour l’occasion, dans le champ entre notre hôtel et l’une des entrées. Comme toujours, je montre par réflexe mon bracelet IMCF qui nous est distribué et qui permet d’entrer et sortir du terrain librement sans payer. Mais le port de notre costume s’avère bien souvent, notre premier laisser-passer le plus efficace, moi, c’est surtout par mes cheveux que le «staff» me reconnaît.

J’arrive au campement, l’ambiance est très joviale, nos amis belges et québécois bavardent tranquillement, certains (Karin, Gabriel, Louis-Alex, Charles, Fanny, Marie-Pier et Sébastien) pour qui c’est leur premier tournoi mondial IMCF, font connaissance avec les Belges. Je cherche Andrew, où est Andrew? Nous n’avons pas eu de nouvelle encore, il devrait être ici pourtant. J’essaie de rester calme, peut-être que Ben sait où il est.








Je distribue des becs, des accolades et les broches à ceux et celles qui m’en avaient commandé. C’est beau de voir notre campement, une belle famille belge et québécoise qui se retrouve chaque tournoi depuis Malbork en 2015. On s’aime tant! Andrew arrive justement avec Annie, enfin! Il est à moitié armuré, conscient qu’il arrivait pas mal tard pour se préparer, toutefois, comme il n’avait pas reçu encore son bracelet, il a dû un peu s’obstiner à l’entrée, ce qui l’a retardé encore plus.


Les journalistes circulent autour, notre campement est du côté de la grande porte, là où passera le cortège. La BBC est là aussi avec leur journaliste, qui est train de mettre l’armure avec laquelle il fera un combat amical dans une heure au sein de l’équipe écossaise, contre l’Ost du Québec. Il est nerveux, il n’est plus certain de vouloir le faire, nos filles le rassurent et l’aident dans sa préparation. Pendant ce temps, ils en profitent pour faire des courtes entrevues avec Gabrielle et notre amie la championne de l'équipe irlandaise, Lara. On entend les cornemuses et les tambours du groupe Clann an drumma qui nous accompagneront durant les quatre prochains jours. C’est magique!




Une partie de l’équipe s’en va prendre place de l’autre côté de la porte pour la cérémonie d’ouverture, on a demandé à tous de limiter le nombre de personnes car nous avons un horaire très chargé à respecter. Nous avons 31 équipes à faire défiler, plus, une nouveauté cette année, quelques reenacters sur leur monture. De toute façon, aussitôt que la cérémonie sera terminée, nous enchainerons tout de suite avec le combat amical pour la BBC. Cette couverture de la BBC est très importante pour nous car, toute la semaine, il y aura une petite capsule de quelques minutes à propos de notre évènement à l’émission du matin à la télévision. C’est une belle visibilité pour l’IMCF, une occasion pour parler de notre sport et pourquoi pas pour déboulonner certains mythes tenaces.

https://www.youtube.com/watch?v=JALiqmv02ZU  ( IMCF Breakfast) 

Les gars de notre équipe vont en profiter pour finir de se préparer, et moi je me place sur le bord de l’allée pour bien voir le défilé, j’ignore où est Ben mais comme il veut se battre tantôt, je devrais le voir bientôt. Les cornemuseurs entament le mouvement et ouvrent la marche, suivis des chevaux puis des équipes derrière le drapeau de leur pays. Comme à l’accoutumée tout ce beau monde forme un cortège qui pénètre ensuite dans la lice…sauf les Ukrainiens qui n’arriveront que ce soir.

Hubert, notre président, ouvre avec un discours et Lady Murray nous souhaite la bienvenue, le discours n’est pas trop court ni trop long, normalement ça a tendance à s’éterniser parce qu’il y a plus d’officiels qui prennent la parole. Aussitôt que la lice est vide, les deux équipes sont prêtes ou presque…je vois arriver mon homme en moitié d’armure et les garcettes en l’air! En colère parce qu’il a dû faire revérifier son arme à l’inspection et parce qu’il n’y avait plus personne au campement pour l’aider à mettre son armure. Normalement, tout le monde est toujours en retard, mais il avait tant insisté sur l’importance, cette fois-ci, pour la télé, d’être prêt et en place, qu’il s’est un peu tiré dans le pied. Moi je lui avais offert mon aide plus tôt mais à ce moment-là, il avait plus important à faire, évidemment.

Donc, il est en mode panique mais il est conscient qu’il va devoir passer son tour et laisser les autres faire le combat sans lui, c’est quand même juste un combat amical. Les gars s’efforcent de faire un beau show même s’ils doivent se retenir et faire attention à la caméra installée sur le casque du journaliste. Andrew, comme toujours impressionne par sa taille et en combattant vétéran pour le Québec avant même la fondation de l’IMCF,  sait comment gagner la foule.


 
https://youtu.be/029pguDPWLk 

(BBC Sports Presenter Mike Bushell becomes a Medieval Knight at Scone Palace, during IMCF 2018)


Après le « sympathique combat », l’avant-midi est consacré aux duels à la hallebarde, féminin et masculin, donc c’est Cloée et Dom qui vont concourir aujourd’hui, la seule autre catégorie étant le 10 contre 10. Benoit coache personnellement Cloée, comme toujours. Notre championne conservera-t-elle sa place de championne mondiale cette année? Dom se classera-t-il? Remportera-t-il une médaille? On retrouve dans le pool de Cloée, la Canadienne, l’Ukrainienne et l’Anglaise. Tandis que Dom de son côté affronte, l’Américain, l’Australien et l’Espagnol.






À 13:00 heures, nos deux duellistes nous ont donné de très bons combats, sont sortis de leur pool et vont en quart de final après les combats de 10 contre 10 en fin d’après-midi. Cloée n’a pas perdu une seule fois, elle a donc gagné ses trois combats en deux rounds.

Nous avons une demi-heure de lunch, c’est la bonne humeur au campement! Je retrouve Benoit pour quelques minutes et je lui donne quelques trucs à manger. Je le raccompagne jusqu’au château, il veut me montrer la pièce des commentateurs où il sera bien souvent. Aussi, il veut que le gardien de sécurité puisse m’identifier quand je voudrai le rejoindre là-haut.

       Dans le hall, je reconnais le musée que nous avons visité en novembre dernier lors de l’Assemblée générale, mais cette fois-ci, nous empruntons l’escalier de droite qui mène à une section privée du palais, nous montons aux chambres, minuscules, qui devaient probablement loger les domestiques au début du siècle. Elles ont gardé un cachet vieillot tout à fait charmant. Une table moderne a été disposée au milieu pour le temps du tournoi, elle prend presque tout l’espace et jure un peu avec le petit lit et la commode. Les deux chaises des commentateurs sont à la fenêtre avec les micros dont les fils sont tapés au sol sur l’épais tapis et qui sont branchés quelque part dans l’étroit corridor. Y a du monde partout en bas! Wow!

Avant de redescendre pour voir les combats de 10 contre 10 qui vont bientôt commencer, j’en profite pour brancher mon chargeur avec mon adapteur. Je reconnais quelques-uns des nôtres autour de la lice, d’autres dans les rares sièges vacants, laissés par des spectateurs probablement partis manger au kiosque de burgers. Une partie du groupe s’est installée au soleil du côté de la tente d’arbitre, là où les combattants se préparent juste avant les combats, je vais les rejoindre. Il fait beau soleil mais pas trop chaud, on est super bien! On s’amuse et on prend des photos, c’est la première fois que je m’amuse vraiment avec notre groupe, ça augure bien pour le reste de la semaine. Ben est quelque part autour de la lice avec Hubert, ils suivent les combats.










C’est la France contre la Finlande qui s’affrontent et à un moment donné, il y a échauffourée dans un coin, un Finlandais plié en deux à 45 degrés, retenu par deux Français, qui reçoit un coup puissant à la nuque d’un adversaire. Un coup illégal qui ne passe pas inaperçu puisque le Finlandais s’écroule et tressaute au sol de manière inquiétante. En quelque secondes, les arbitres viennent créer une barrière entre le blessé et le public pour éviter une escalade de panique dans l’assistance. Les soigneurs sont autour de lui, tout le monde est en suspend attendant de connaître la sévérité des blessures.

Il n’y a pas d’ambulance sur place, l’IMCF avait demandé la présence d’une ambulance en permanence, mais Stephen avait fait faire un estimé sur le risque de blessure à partir de nos tournois précédents, comme quoi, nos besoins nécessiteraient uniquement la présence de quelques soigneurs, l’équivalent de l’ambulance St-Jean.

Heureusement, le blessé est conscient, c’est déjà moins inquiétant, toutefois, les soigneurs persistent à refuser d’appeler l’ambulance convaincus que le danger est écarté. Le hic est que ça pourrait être grave vu le coup reçu, il doit aller à l’hôpital, Stephen est d’accord avec Ben et Hubert! Finalement l’ambulance vient chercher le Finlandais pour le transporter à l’hôpital et faire un examen plus complet. Dès demain, il y aura une ambulance sur place, plus de risque à prendre.  

  Dans la foulée, Ben doit rassurer aussi l’équipe finlandaise qui ne veut plus continuer leurs combats contre les Français. C’est une garantie, l’équipe fautive aura un carton rouge avec une menace d’expulsion qui plane sur la tête de tous les co-équipiers. Ironiquement le dernier carton rouge à avoir été donné, dont je me souvienne, c’est à mon ami français, Julien. Cependant, il lui avait été retiré parce qu’il l’avait reçu injustement, victime d’une décision hâtive et expéditive de la part d’arbitres paniqués face au Néo-Zélandais blessé. Mais cette fois-ci, la faute est évidente et vue de tous, les Français vont devoir faire très attention.  

       Enfin, quand le 10 contre 10 est terminé, nos duellistes retournent en piste pour les quarts de finale, Cloée rencontre l’Allemande et Dom, l’Autrichien. Benoit est revenu aux côtés de Cloée, il se fait un devoir d’y être, et ce, depuis qu’il l’a pris sous son aile à ses débuts en 2015. Bien sûr, aujourd’hui c’est une championne, mais c’est devenu un rituel entre eux. Benoit connaît parfaitement la combattante Asperger, il sait comment lui parler et entrer dans sa bulle. Pour Cloée c’est rassurant. 


Mais pour le moment, elle n’est guère inquiète, elle remporte son combat en deux rounds! Dom gagne aussi le sien sous les cris de joie des Québécois!

En demi-finale, fait surprenant, Cloée et Dom affrontent les deux duellistes français, ils remportent de nouveau leur combat. L’excitation est à son comble dans l’Ost, nos deux hallebardiers sont en finale!

En cette belle fin de journée, Cloée remporte finalement la médaille d’or contre la Polonaise, elle a gagné depuis ce matin, tous ses rounds, aucune défaite, faut le faire! Dom perd contre l’Américain, il se retrouve en seconde place donc il remporte la médaille d’argent, première médaille chez les hommes québécois à l’IMCF!

On exulte!    

Benoit me raconte que Cloée a trouvé ses victoires un peu plates parce qu’elles ont été vraiment trop faciles, je n’ai pas de mal à le croire. On lui souhaite d’avoir un peu plus de défi pour le combat en équipe samedi.

Au campement le groupe propose d’aller souper ensemble à l’extérieur question de fêter ça. Malheureusement pour nous, y a tant à faire, c’est loin d’être fini et y a les Ukrainiens qui viennent d’arriver faut les aider à s’installer rapidement pour qu’ils puissent être prêts demain matin. Benoit va voir Dom pour le féliciter pour sa médaille et s’excuse sincèrement de ne pas les accompagner, ce qu’il comprend parfaitement. Nous les quittons un peu à regret pour aller voir où en sont rendues les choses. Le site vient de fermer, les spectateurs sont repartis, les employés du palais et les marchands de bouffe quittent à leur tour. Il reste quand même beaucoup de monde mais c’est moins bruyant, à part le cri incessant des paons qui se baladent en liberté à longueur de journée.




 Nous croisons Kateryna et Oleksii sur le petit chemin, ils sont soulagés d’être enfin arrivés, leur groupe est déjà en train de s’installer sur le terrain dans le coin des Écossais. On s’assure auprès de Louise qu’il y a suffisamment de bois pour tout le monde, il ne pleut pas mais y a plusieurs équipes qui sont allés à Battle of the nations la semaine passée qui se tenait en périphérie de Rome et il a plu durant tout le tournoi. Résultat : des combattant(e)s qui sont arrivé(e)s avec leur matériel mouillé et qui sèche difficilement, surtout les gambisons. Même si dans le jour, il fait beau et venteux, la nuit, il fait froid, et le matériel reste humide, accentué par l’humidité laissée par notre début de semaine sous la pluie intermittente.


      Après avoir fait le tour de tout le monde qui requiert l’intervention de Benoit, nous nous accordons un verre avec les Irlandais et les Écossais. On picosse un peu dans les restants du souper que Shona et Joshua ont préparé. À peine l’obscurité est tombée que nous retournons à l’hôtel accompagnés d’Hubert, nous tombons de fatigue. Oh que le lit va être accueillant ce soir! 












mardi 15 octobre 2019

Les derniers préparatifs…(IMCF2018)




Le vol pour Londres s’est bien passé, si l’on exclut l’embarquement avec une trentaine de Juifs hassidiques qui ont retardé un peu le vol en essayant sans gêne et politesse, d’échanger leur place avec des passagers, dans le but d’être tous assis ensemble. Devant leur insistance, les agents de bord ont dû finalement intervenir pour leur rappeler que les gens sont libres de refuser, ce que j’ai d’ailleurs fait.

À notre arrivée, je cherche dans la foule, réalisant que j’ignore le visage de notre bienfaitrice Carole, mais rapidement, c’est elle qui nous trouve. Elle semble être la bonne humeur incarnée et parle un anglais magnifique que je comprends bien. Elle nous propose d’aller déjeuner, profitant ainsi du temps qu’il nous reste avant le départ de notre autobus. Nous acceptons avec enthousiasme, je ne suis plus capable de manger l’éternel petit gâteau aux bananes servi à chaque matin dans le vol d’Air Canada. J’ai faim, nous ne sommes vraiment pas difficiles, n’importe où fera l’affaire, tiens un McDonalds!

C’est drôle c’est la troisième fois que nous nous trouvons à Londres et jusqu’à maintenant je n’ai pas vue cette ville sous la pluie. Il fait encore soleil, comme le mois dernier, peut-être que ça changera sur la route. Après s’être rassasiés et bavardé pendant une bonne heure, Carole vient nous reconduire à la gare en nous promettant qu’elle prendra bien soin de nos trois gros bagages. Nous n’emportons que nos valises de cabine et une valise pour les vêtements civils, les articles de toilettes et bien sûr, quelques bouteilles d’alcool à échanger ou partager. Nous avons mis dans l’une de nos valises, de la bouffe, des bouteilles d’eau, nos chargeurs, de quoi nous divertir en masse dans l’autobus. Comme nous avons encore une heure à tuer, nous traversons de l’autre côté de la rue et allons prendre un café dans un resto pub.



Partout sur les tables, le vinaigre comme condiment, comme au Québec, y a pas si longtemps encore, ça fait partie de notre héritage anglais.



Dans le bus, contrairement à la dernière fois, nous prenons soin de nous asseoir le plus loin possible de la toilette. Évidemment, parce que nous étions super bien préparés, le trajet Londres-Perth nous a paru beaucoup moins long que le mois dernier. Nous sommes tout de même soulagés d’arriver à notre hôtel au milieu de la nuit, de pouvoir prendre une bonne douche et dormir dans un lit douillet. Demain, Louise viendra nous chercher pour nous amener à Scone, nous pourrons nous installer confortablement pour la semaine qui vient.


Mardi 8 mai : Semi grasse matinée parce que nous avons demandé à Louise de ne pas venir trop tôt, nous sommes tout de même arrivés au beau milieu de la nuit et nous avions besoin de dormir, nous partons donc en mi-journée. Après un arrêt à l’épicerie, nous arrivons à l’hôtel, notre prochaine demeure pour la semaine, qui est à 5 minutes à pied du palais, en fait, il est directement sur le terrain de Scone. On dépose nos bagages, nous sommes satisfaits de notre chambre et en plus il y a un resto au rez-de-chaussée, ça ne sera pas compliqué pour les déjeuners.


Nous allons ensuite voir les installations, on prend nos imperméables, le temps est incertain. Les Écossais nous disent qu’en Écosse il y a toutes les saisons dans une seule journée, nous ne pouvons qu’approuver, c’est quand même la quatrième fois cette année, que nous y mettons les pieds. Le campement écossais est déjà installé et il accueillera d’autres campeurs à partir de ce soir et demain soir. Joshua qui cuisinera sur le feu, nous offre de garder avec ses provisions, les trucs sans gluten pour Benoit, une offre qui ne se refuse pas. Même s’il est capable de manger normalement avec beaucoup de modération, il doit se remettre au sans gluten dès qu’il est en période de stress, c’est-à-dire, surtout pendant les tournois, des moments où il ne peut se permettre d’être malade.




Des Québécois commencent à arriver, cette année nous serons vingt représentants du Québec, des combattant(e), des arbitres, des aides et des accompagnateurs. Pour la première fois nous avons une équipe complète de filles : Cloée, Béné, Gabrielle, Fanny et Marie-Pier. Tandis que nous avons une équipe fonctionnelle mais incomplète de gars : Benoit, Andrew, Yan, Dom, Charles et Louis-Alexandre. Dan, le conjoint de Gabrielle, coachera; Gabriel et Karin, deux combattants des Blackwolf, viennent pour aider; Igor et Amélie sont là en tant qu’arbitres, Annie, Laurie et Sébastien sont là en tant qu’accompagnateurs et moi qui est partout et nulle part à la fois.


Ben va faire le tour pour voir où en sont rendues les préparations, la lice, les estrades et pour diriger les vendeurs qui commencent à arriver, mais c’est surtout demain que ça sera le plus occupé. Faut installer les drapeaux tout en haut sur le muret du palais, ça ne sera pas une tâche facile, mais au moins c’est pas lui qui grimpera cette fois. Faut aussi aller voir le container pour les armes et s’assurer qu’il y aura de la surveillance efficace. Bien sûr y a aussi Stephen qui se promène et qui a des responsabilités, mais avec le temps Ben a du mal à faire complètement confiance, surtout depuis qu’il s’est rendu compte que Stephen n’avait pas du tout la même perception que l’IMCF de cet événement. D’ailleurs, alors que Benoit avait demandé une estrade avec au moins 300 places assises, Stephen en a juste fait venir 100, convaincu d’en avoir suffisamment. Après argumentation, Stephen commande un autre camion avec 100 places supplémentaires. C’est la première fois que je vois des estrades mobiles, c’est vraiment pratique comme système, en plus y a un toit. Peut-être que j’en ai vu avant mais j’avais jamais remarqué que c’était dans une boîte de camion.

Y a pas assez de sable sur le sol de la lice, va falloir faire venir un chargement de sable, sinon les combattants se battront dans la garnotte, ce qui n’est pas idéal. Faut aussi commander d’autres bottes de foin supplémentaires, indispensable, pour couper l’humidité dans les tentes, et du bois pour les feux. Ça c’est Louise qui s’en occupe. Le jet lag commence à faire ses effets et je me trouve un coin dans une tente sur le campement des Écossais pour faire une sieste.




Au bout d’un moment, Ben vient me chercher et nous déclarons forfait pour aujourd’hui, on retourne à notre hôtel.

Le lendemain matin, le temps est pluvieux et frais, c’est notre dernière journée pour tout finir de préparer, donc on prend nos imperméables et on descend au restaurant pour prendre notre déjeuner. Hubert y est avec sa femme Martha et son fiston Adam, nous déjeunons avec eux. La plupart des arbitres sont arrivés maintenant, c’est le Suédois Bjorn qui a été désigné comme nouveau chef arbitre par le présidium, après le départ de Steve l’automne dernier. Lui-même a désigné l’Irlandais Brendan Griffin comme maitre de lice, ce dernier travaille en étroite collaboration avec l’Allemande Julia ‘’Fräulein Bo’’. En gros leur job c’est de gérer l’horaire de tous les combats sur quatre jours; de s’assurer de la bonne marche à suivre des combats; que les combattants soient à l’heure pour se battre ou en préparation; qu’il y ait sur chaque lice de duel, quatre compteurs(euses), un (e) chef arbitre a qui revient la décision finale et un (e) secrétaire pour inscrire les points. Pour les combats d’équipe, il n’y a pas de compteurs mais il doit y avoir au moins quatre arbitres autour et à l’intérieur de la lice pour vérifier et intervenir s’il y a des coups illégaux ou pour intervenir rapidement et arrêter le combat en cas de blessure. Leur travail devient particulièrement exigeant dans les gros combats de 16 contre 16, le maximum d’arbitres est mis à contribution.

Sur le terrain, c’est un peu dément, principalement parce que le terrain est vaste, qu’il y a BEAUCOUP de gestion à faire et différentes entités manquant de moyens et parfois d’organisation pour s’en occuper. D’abord, Stephen et les employés qui vont s’occuper de l’entrée et des billets et ceux engagés pour s’occuper du va-et-vient des véhicules depuis deux jours et qui vont gérer le stationnement durant le tournoi. Il veille à la finalisation des installations des infrastructures : les douches et les toilettes; les estrades; la tente du technicien multimédia et les écrans géants; les marchands de bouffe et d’alcool, la grosse tente pas loin de la lice centrale où iront se préparer ou se reposer les combattants et les arbitres; la tente immense qui servira de quartier général, pour les meeting des capitaines à chaque matin et qui accueillera le party du dimanche, ils ont d’ailleurs prévu le coup, y a justement un gros camion qui vient livrer plusieurs barils de bières.

C’est le prix à payer pour recevoir cet immense « show » produit gratuitement.

Y a le campement de la SKL (des Écossais) qui accueille quelques tentes de différentes équipes, ils doivent les aider à s’installer. Au sein du groupe y a Louise et Jacob qui gèrent leurs bénévoles occupés à courir de droite à gauche : aller chercher du bois, du foin, de l’eau, accompagner quelqu’un à l’épicerie ou au guichet automatique, installer des lumières, aller chercher des matelas pneumatiques, etc.




Et finalement Benoit qui doit diriger les marchands artisans pour qu’ils puissent installer leur kiosque au bon endroit, doit répondre aux millions de questions qui fusent de partout de la part de Stephen, du technicien de son, des arbitres, des combattants qui arrivent avec leur tente et leur campement (ils ne sont pas tous chez les Ecossais). Il devrait être partout en même temps, il semblerait que tout le monde a besoin de lui, ça lui prendrait vraiment un walkie-talkie. Moi je cours comme une poule pas de tête, parce que mes cheveux sont bien visibles, que tout le monde sait que je suis la femme de Benoit et que normalement là où l’un de nous se trouve, l’autre n’est jamais bien loin, ce qui fait que je suis sollicitée autant que lui…pour le trouver à mon tour. Ça va être beau demain!!!

Comme si ce n’était pas suffisant, l’autobus des Ukrainiens qui sont en route pour Scone, est tombé en panne à mi-chemin (aux Pays Bas) et aucun garage ne peut la réparer à temps. C’est la panique, c’est l’une de nos plus grosses équipes et une des plus fortes. Ce serait vraiment bête que cette cinquantaine de personnes qui ont finalement pu recevoir leur visa, ne puissent arriver à temps après demain. Benoit se sent bien impuissant cette fois-ci, il demeure néanmoins en contact avec Kateryna et Oleksii responsables de l’équipe. Ils vont voir s’ils ne pourraient pas louer des véhicules, on croise les doigts.  Quand la pénombre fait place à la nuit, je traîne de force mon chum vers notre hôtel, faut manger et dormir. Malheureusement, le restaurant est fermé, nous imitons des arbitres qui se sont fait livrer de la pizza et commandons de la bière au bar qui lui est heureusement ouvert. Parce que nous avons un grand besoin de paix et de tranquillité, nous nous retranchons dans notre chambre avec notre boîte de pizza, ma pinte de bière et la pinte de cidre de Ben. Nous sommes exténués!

Mercredi, journée qui s’annonce pluvieuse, mais qui sera fort occupée encore. Nous descendons prendre notre « scottish breakfast » et vêtus toujours de notre imperméable, nous traversons vers le terrain où s’affairent déjà plusieurs personnes. Des camions qui continuent de venir livrer du matériel, des agents de sécurité qui assure la circulation, des marchands qui finissent de s’installer, des combattants qui reviennent des douches, d’autres qui aménagent et mon amie Carole qui vient vers moi toute souriante, c’est un vrai rayon de soleil dans cette grise matinée. Elle m’offre de venir porter nos bagages à notre hôtel après avoir fait quelques courses à l’épicerie, je quitte donc avec elle, j’ai quelques courses à faire aussi.

Quelques heures plus tard, nous revenons en bavardant et riant beaucoup, je pense qu’elle va devenir une bonne amie. J’ai fait le plein de trucs sans gluten, de collations, de bières, de cidres et surtout de fromage cheddar typique du territoire. Nous sommes conscients de l’importance de se garder de la bouffe à grignoter dans nos quartiers, trop incertains de trouver un repas au moment où NOUS serons prêts à manger, en particulier Benoit. Nos valises encombrent maintenant la totalité du plancher de notre chambre même si nous avons déposé le stock de combat dans la tente des Québécois, tente fournie par nos fidèles amis belges avec qui nous partageons encore le campement. Toutefois, nous avons averti tout le monde, on se ramasse! Chaque année, nos amis nous offrent l’hospitalité de leur campement médiéval décorum et en retour nous les envahissons d’emballages de plastique, de bouteilles vides, de vêtements ou des outils qui jonchent la table et les alentours. Par ailleurs, ils ne sont que cinq, et nous vingt, ça peut vite devenir encombrant. Ils sont bien gentils, c’est une belle histoire d’amitié entre nous et nous voulons que ça le demeure. 

 Toutefois, dans notre chambre, même si j’ai pris la peine de mettre nos vêtements civils et médiévaux dans l’armoire et les tiroirs, dans même pas deux jours, ça va être un fouillis mur à mur. On s’en formalise même pu!

Le reste de la journée ressemble pas mal à celle d’hier, sauf qu’à la fin du jour, il y a plus de kiosques d’installés; plus de gens qui circulent; plus de sable dans la lice; plus de sièges; les drapeaux, l’énorme container pour ranger toutes les armes et l’écran géant sont mis en place; les fils et les micros sont dans la chambre, dont la fenêtre donne au-dessus de l’aire des combats, qui servira aux commentateurs. Chris Capaldi en tant qu’ex-athlète professionnel de rugby, complètera l’équipe cette année composée de Ben, Brendan, Dave et Dale. Ben croit que son point de vue peut être très intéressant. Stephen a aussi engagé un animateur de foule et de notre côté, nous ne sommes vraiment pas rassurés, puisque ce gars ne connaît absolument pas notre sport. Aussi, nous avons jeté un œil sur son site qui se veut à saveur humoristique et nous ne rions pas du tout, pire, nous craignons qu’il ne tourne au ridicule certaines actions durant l’événement.

Contrairement à l’an dernier, les commentateurs vont être entendus autant de la foule que sur la plate-forme live d’Internet. Ce qui signifie que sur le terrain, beaucoup de micros circuleront en même temps : les commentateurs, la personne qui appelle les équipes et qui donne les scores et l’animateur, ça peut devenir vite cacophonique. Pour l’instant on ne peut rien faire, on s’est fait imposer cet animateur sans même le rencontrer avant que le tournoi ne débute. Une source d’angoisse de plus pour mon anxieux chéri
      
     Heureusement, les dernières nouvelles des Ukrainiens sont bonnes, considérant la situation : même s’ils manqueront la première journée de combat demain, ils devraient arriver demain soir, en voiture de location. Il faudra tout de même changer le « set up » des duels de demain pour enlever les combattant (e)s ukrainien(ne)s participant(e)s.

Nous nous rejoignons au campement des Écossais convaincus que la journée s’achève et que nous pourrons décompresser avec les campeurs de plus en plus nombreux, mais on vient lui dire que plus loin on manque de bois pour faire des feux le soir, il a plu cette nuit et aujourd’hui et les nuits sont fraîches, certains individus envisagent même de couper du bois sur le terrain, whooooa! Ben contacte Stephen pour qu’il se dépêche à faire livrer le bois. C’est la SKL qui va s’occuper du dossier. On mange un peu de chili avec eux et on déambule épuisés jusqu’à notre hôtel. Demain est un autre jour, un grand jour!  







The last preparations...


Very very good friends, and great helpers! Joshua, Louise, Neal and Jacob.


The flight to London went well, if we exclude boarding with thirty Hasidic Jews who delayed a little flight by trying without embarrassment and politeness, to exchange their place with passengers, for the purpose to be seated together. At their insistence, the flight attendants finally had to intervene to remind them that people are free to refuse, which I have done.

When we arrive, I look in the crowd, realizing that I do not know the face of our benefactor Carole, but quickly,  she is the one who finds us. She seems to be in good spirits and speaks a beautiful English that I understand. She suggests we go for lunch, taking advantage of the time we have left before leaving our bus. We accept with enthusiasm, I am no longer able to eat the same little banana cake served every morning on the Air Canada flight. I'm hungry, we are not picky, anywhere will do,  McDonalds it will be!


It's funny, it is our third time  in London and until now I have not seen this city in the rain. It's sunny again, like last month, maybe it'll change on the road. After having food and chatting for an hour, Carole drove us to the station promising that she will take good care of our three big luggage. We only carry our cabin luggage and a suitcase for civilian clothes, toiletries and of course, a few bottles of alcohol to exchange or share. We put in one of our suitcases, food, bottles of water, our phone chargers, enough to entertain us on the bus. As we still have an hour to kill, we cross the street and have a coffee in a pub.


Everywhere on the tables, vinegar as a condiment, as in Quebec, not so long ago, it's part of our English culinary heritage.

In the bus, unlike last time, we make sure to sit as far as possible from the toilet. Of course, because we were so well prepared, the London-Perth trip seemed much shorter than last month. We are still relieved to arrive at our hotel in the middle of the night, to take a good shower and sleep in a cozy bed. Tomorrow, Louise will pick us up to bring us to Scone, we can settle down comfortably for the coming week.

Tuesday, May 8th: Little sleep in because we asked Louise not to come too early, we still arrived in the middle of the night and we needed to sleep, so we leave in mid-day. After a stop at the grocery store, we arrive at the hotel, our next home for the week, which is a 5-minute walk from the palace, in fact it is directly on the Scone grounds. We drop our bags, we are satisfied with our room and in addition there is a restaurant on the rez-de-chaussée, it will not be complicated for lunches.

We will then see the facilities, we take our raincoats, the weather is uncertain. The Scots tell us that in Scotland there are all seasons in a single day, we can only agree, it's the fourth time since July, that we set foot there. The Scottish camp is already installed, and it will welcome other campers from tonight and tomorrow night. Joshua who cooks on the fire, offers to keep with his provisions, gluten-free stuff for Benoit, an offer that does not refuse. Even if he can eat normally with a lot of moderation, he must go back to gluten-free as soon as he is under stress especially during tournaments, moments when he cannot to afford to be sick.



Quebecois are starting to arrive, this year we will be twenty representatives from Quebec, fighters, referees, helpers and chaperones. For the first time we have a full team of girls: Cloée, Béné, Gabrielle, Fanny and Marie-Pier. While we have a functional but incomplete team of guys: Benoit, Andrew, Yan, Dom, Charles and Louis-Alexandre. Dan, Gabrielle's spouse, will coach; Gabriel and Karin, two Blackwolf fighters, come to help; Igor and Amelie are there as referees, Annie, Laurie and Sebastien are there as companions and I who are everywhere and nowhere at once.


Ben will go around to see where the preparations are, the lists, the stands and to direct the sellers who are starting to arrive, but it is especially tomorrow that it will be the busiest. The flags must be installed at the top of the wall of the palace, it will not be an easy task, but at least, it is not him who will climb this time. He must go to the container for weapons and make sure there is effective surveillance. Of course, there is also Stephen who walks around and has responsibilities, but over time Ben has a hard time trusting him, especially since he realized that Stephen did not have the same perception at all. the IMCF of this event. Moreover, while Benoit had asked for a platform with at least 300 seats, Stephen just brought 100, convinced to have enough. After argumentation, Stephen orders another truck with 100 additional seats. This is the first time I see mobile platforms, it is practical as a system, in addition there is a roof. Maybe I saw it before, but I never noticed it was in a truck box.

There is not enough sand on the floor of the list, will have to bring a load of sand, otherwise the fighters will fight on small crushed stones, which is not ideal. You must also order additional bales of hay, essential for cutting moisture in tents, and firewood for fire. This is Louise who takes care of it. The jet lag begins to make its effects and I find myself a corner in a tent on the camp of the Scots to take a nap.



After a while, Ben comes to pick me up and we declare forfeit for today, we return to our hotel.

The next morning, the weather is rainy and cool, it's our last day to finish everything, so we take our raincoats and go down to the restaurant to have lunch. Hubert is there with his wife Martha and his son Adam, we have lunch with them. Most of the referees have arrived now, it is the Swede Bjorn who has been appointed as new chief referee by the presidium, after the departure of Steve last fall. He himself has appointed the Irishman Brendan Griffin as master of the lists, the latter working in close collaboration with the German Julia '' Fräulein Bo ''. Basically their job is to manage the schedule of all fights over four days; to make sure that the fighting is going well; that fighters are on time to fight or in preparation; that there be on each duel, four counters, a chief referee who has the final decision and a secretary to register the points. For team fights, there are no counters but there must be at least four referees around and within the contest to check and intervene if there are illegal moves or to intervene quickly and stop the fight in case of injury. Their work becomes particularly demanding in the big fights of 16 against 16, the maximum of referees is put to contribution.

At the venue, it is a little crazy, mainly because the ground is vast, there is A LOT of management to do and different entities lacking means and sometimes organization to take care of it. First, Stephen and the employees who will take care of the entrance and tickets and those hired to deal with the coming and going of vehicles for two days and who will manage the parking during the tournament. It ensures the finalization of the facilities: showers and toilets; the stands; the tent of the multimedia technician and giant screen; the merchants of food and alcohol, the big tent not far from the central list where will go to prepare or to rest the combatants and the referees; the immense tent that will serve as headquarters, for the meetings of captains each morning and which will host the Sunday party, they have also planned the coup, there is precisely a big truck that comes deliver several barrels of beer.

This is the price to pay to receive this huge production for free.


There is the camp of SKL (Scots) who hosts a few tents of different teams, they must help them settle. Within the group there are Louise and Jacob who manage their volunteers busy running from right to left: fetching wood, hay, water, accompany someone to the grocery store or ATM, install lights, go for air mattresses, etc.



And finally, Benoit, who has to lead the craft merchants so that they can set up their booth in the right place, must answer the millions of questions that are coming from everywhere from Stephen, the sound technician, the referees, the fighters who arrive with their tent and their encampment (they are not all in the Scots). He should be everywhere at the same time, it seems that everyone needs him, it would really take him a walkie-talkie. I run like a chicken with no head, because my hair is visible, everyone knows that I'm Benoit's wife and that normally where one of us is, the other is never far away, so that I am asked as much as him ... to find it in my turn. It will be nice tomorrow!!!

As if that was not enough, the bus of the Ukrainians who are on their way to Scone, broke down midway (in the Netherlands) and no garage can repair it in time. It's panic, it's one of our biggest teams and one of the strongest. It would be stupid that the fifty or so people who were finally able to receive their visas cannot arrive in time after tomorrow. Benoit feels very helpless this time, he remains in touch with Kateryna and Oleksii responsible for the team. They will see if they cannot rent vehicles, we cross our fingers. When the darkness makes way for the night, I drag my boyfriend to our hotel, must eat and sleep. Unfortunately, the restaurant is closed, we imitate referees who were delivered pizza and order beer at the bar which is happily open. Because we have a great need for peace and quiet, we retreat to our room with our box of pizza, my pint of beer and the pint of cider Ben. We are exhausted!

Wednesday, a day that looks rainy, but will be busy again. We go down to take our "Scottish breakfast" and always dressed in our raincoat, we cross to the ground where already several people are busy. Trucks that continue to deliver equipment, traffic security guards, merchants who are settling down, fighters returning showers, others who are working out, and my friend Carole, who comes to me smiling. it's a real ray of sunshine in that gray morning. She offers me to come carry our luggage to our hotel after doing some grocery shopping, so I leave with her, I have some shopping to do too.

A few hours later, we come back chatting and laughing a lot, I think she will become a good friend. I had lots of gluten-free stuff, snacks, beer, cider and especially cheddar cheese typical of the territory. We are aware of the importance of keeping the food to nibble in our neighborhoods, too uncertain to find a meal when WE will be ready to eat, especially Benoit. Our bags now clutter the entire floor of our room even if we have left the fighting gear in the tent of Quebecois, tent provided by our faithful Belgian friends with whom we still share the camp. However, we warned everyone, we pick up after ourselves! Each year, our friends offer us the hospitality of their medieval decorum camp and in return we invade them with plastic wrappers, empty bottles, clothes or tools that scatter the table and the surroundings. By the way, they are only five, and us twenty, it can quickly become cumbersome. They are very nice, it is a beautiful story of friendship between us and we want it to remain so.

However, in our room, even though I bothered to put our civilian and medieval clothes in the wardrobe and drawers, in not even two days, it's going to be a clutter wall to wall. We don’t care!

The rest of the day looks pretty much like yesterday, except that at the end of the day, there are more kiosks installed; more people going around;  more sand in the list; more seats; the flags, the huge container to store all the weapons and the giant screen are put in place; the wires and the microphones are in the room, whose window gives over the battle area, which will be used by the commentators. Chris Capaldi as a former professional rugby athlete, will complete the team this year consisting of Ben, Brendan, Dave and Dale. Ben believes that his point of view can be very interesting. Stephen has also hired a crowd leader and on our side, we are a little bit scare because this guy does not know our sport at all. Also, after we are checking his humour website, we do not laugh at all, worse, we are afraid that he’ll ridicules some actions during the event.

Unlike last year, commentators will be heard as much from the crowd as on the live platform of the Internet. Which means that in the field, many microphones will circulate at the same time: the commentators, the person who calls the teams and gives the scores and the host, it can quickly become cacophonous. For now, we cannot do anything, we were imposed this host without even meeting him before the tournament begins. A new source of anxiety for my  already quite anxious darling

Fortunately, the latest news from the Ukrainians are good, considering the situation: even if they will miss the first day of fight tomorrow, they should arrive tomorrow evening, by rental car. It will still change the "set up" tomorrow's duels to remove the Ukrainian fighters.

We meet again at the Scot’s camp convinced that the day ends and that we can decompress with the campers more and more, but we just tell him that further lack of wood for fires at night, it rained this night and today and the nights are cool, some people even plan to cut wood on the ground, whooooa! Ben contacts Stephen to get the wood delivered. SKL will take care of the case. We eat a little chili with them and we wander exhausted to our hotel. Tomorrow is another day, a big day!